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"Faire" ou "ne rien faire" ?

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#710

Thalie écrit: La recette ne semble donc pas si compliquée...

Merci, Thalie, de ces citations particulièrement bien choisies et stimulantes !

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#711

Le Seigneur va venir, c'est certain. Allons-nous lui montrer notre pyjama? Ou serons-nous tout nus? Avec ou sans rites, avec bonne ou mauvaise conscience, supplions pour qu'il nous permette de le reconnaître. Il n'y a rien ni personne qui lui soit associé ou lui soit comparable. Imaginons-nous la chose si simple, si incroyable, si délicieuse? - Recevoir un corps glorieux, en bonne santé, sans péché, qui fait l'amour pour l'éternité. Être pardonné et lavé pour de bon, sans l'avoir mérité, gratuitement. Bref, commencer à vivre!

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#715

"Bref, commencer à vivre" : cela me fait penser à la lapalissade bien connue : "Basta che la Morte ci trovi vivi." (Il suffit que la Mort nous trouve vivants)

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#740

Merci Thalie,

Cette citation est très parlante :

Thalie écrit:
" L'étude des Ecritures est le seul moyen de réformer, restaurer et réorienter notre imagination. Si nous imaginons, nous créons, nous réalisons, c'est très dangereux. Si notre imagination est réorientée, elle attire la re-création. C'est un grand secret, il n'y a rien que nous fassions qui n'ait été imaginé. Nous sommes mal créés, nous ne pouvons imaginer bien, il faut donc réorienter notre imagination. On ne peut supprimer la folle du logis, il faut la réorienter. L'imagination est soumise au mauvais penchant; seul, on ne peut en sortir, il faut étudier les Ecritures, les Révélations des Prophètes. L'imagination est un outil qui nous ramène à Dieu si on la manie bien."


Je me suis par ailleurs déjà posé cette question qui reste sans réponse.

Le sage est en contemplation, mais je suppose qu'il a encore une imagination (on ne peut supprimer la folle), même réorientée... je ne parviens pas à comprendre comment concilier les deux...Cette imagination pourra être "domptée" et vue comme elle est en réalité, un sorte de mirage...cette imagination, dans le sage, sera un outil une fois convertie, mais elle restera toujours une imagination...une "distorsion de la réalité".

Le sage peut être contemplatif, mais il aura toujours un côté déchu, même si cet aspect devient un outil conscient duquel je suppose le sage se différencie...ou bien le sage vit-il sans imagination ? J'ai alors bien du mal à "imaginer" comment il vit et pense.....J'imagine que c'est ça, sa peine de sortir de son état contemplatif pour devoir éduquer les siens !?? Dieu que ça doit être pénible.

Ca me rappelle l'idée du Bodhisattva, qui se sacrifie (j'entends qui sacrifie son état de contemplation) pour revenir dans le monde déchu pour élever les siens vers Dieu... C'est une belle idée je trouve.

Pas très clair tout ça

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#742

Chère Thalie, chers Fou du Roi, Arca et Pantout,

C’est un sujet qui semble nous passionner et nous stimuler tous !

Veuillez pardonner à l’avance la longueur de ma réponse, mais j’ai été très occupé par des affaires mondaines ces temps-ci, et à chaque fois que je revenais sur ce texte pour le clôturer, de nouveaux éléments me semblaient important à ajouter…

Quoi qu’il en soit, mon intention n’est nullement de proposer une réponse exhaustive pour tenter de clore le débat, mais plutôt de rebondir sur les différents éléments qui ont été amenés par chacun et synthétiser mon humble avis sur ces choses.

Je remercie Fou du Roi et Arca pour leurs citations de ce sublime ouvrage de Burckhardt, qui est pour moi une référence synthétique majeure. Si l’on reprend les extraits cités, il semble bien que pour lui, la connaissance est « un don divin que l'homme ne saurait s'arroger de sa propre initiative », bien que « son épanouissement, à partir du symbolisme transmis par l'enseignement traditionnel, comporte un ordre logique ». C’est d’ailleurs la nature de l’enseignement initiatique et de ses « moyens qui sont comme la préfiguration du but non-humain de la voie », car contrairement à ce que l’on pourrait penser, les rites sont justement le contraire de l’effort ascétique, puisqu’ils sont le délaissement de toute action désirée par notre condition déchue au profit d’actes dont la valeur nous dépasse. Le véritable rite initiatique — et à fortiori le Dhikr soufi dont Burckhardt était un pratiquant chevronné — est, selon ce point de vue, le seul acte à la portée de l’homme déchu qui lui permette instantanément, à condition d’y venir avec l’intention adéquate et la manière véritable, de se défaire d’une partie de ses illusions pour apparaître face à son Seigneur d’une façon qui Lui convient : « il n'y a que la Vérité, dans sa réalité universelle et supra-mentale, qui consume son contraire sans en laisser de résidu ».

Ainsi, lorsqu’Arca nous dit : « l'hostie qu'on prend à la messe ne donne pas la bénédiction ! Sinon en image seulement malheureusement... sinon, nous serions entourés d'adeptes », je pense qu’il manque la dimension essentielle du rite qui est l’intention et la manière avec lequel celui-ci est accompli. Les chrétiens orthodoxes ne doivent-ils pas « mériter » la communion par une série de pratiques et de conditions intérieures préparatoires par exemple ? L’hostie n’est en cela certainement pas un médicament qui fonctionne instantanément de manière mécanique, mais de là à dire qu’elle n’est qu’une « image » et qu’elle n’opère rien en nous ?

Pantout nous dit dans le même sens que les rites sont « tant de comportements contenant en image l'enseignement sacré et secret que Dieu réserve à ses enfants. », mais ne sont-ils pas justement « utiles » parce que leur accomplissement est la seule image véritable de cet enseignement qui soit affranchie des scories mentales du langage conceptuel ou du psychisme mélangé ? De par ce qu’ils recèlent d’indicible et de mystère, les rites, lorsqu’ils sont accomplis avec la bonne intention et la manière véritable — telle qu’elle est transmise par un héritier prophétique — ne seraient-ils pas plus proches de « l’enseignement sacré et secret » que les mots ?

En d’autres mots, le rite ne serait-il pas la meilleure manière d’incarner le symbole et de le faire vivre en nous et par nous ? Ces extraits des Aperçus sur l’initiation de Guénon illustrent bien cette idée :

« Tout rite comporte nécessairement un sens symbolique dans tous ses éléments constitutifs, et, inversement, tout symbole produit (et c’est même là ce à quoi il est essentiellement destiné), pour celui qui le médite avec les aptitudes et les dispositions requises, des effets rigoureusement comparables à ceux des rites proprement dits, sous la réserve, bien entendu, qu’il y ait, au point de départ de ce travail de méditation et comme condition préalable, la transmission initiatique régulière, en dehors de laquelle, d’ailleurs, les rites aussi ne seraient qu’un vain simulacre, ainsi qu’il arrive dans les parodies de la pseudo-initiation (…) »

« Le symbole, entendu comme figuration “graphique” ainsi qu’il l’est le plus ordinairement, n’est en quelque sorte que la fixation d’un geste rituel (…) Il arrive d’ailleurs souvent que le tracé même du symbole doit s’effectuer régulièrement dans des conditions qui lui confèrent tous les caractères d’un rite proprement dit (…) »

René Guénon, Aperçus sur l’initiation, chap.XVI : ‘Le rite et le symbole’.



De cette façon, je ne parviens pas à saisir comment Arca peut considérer que le rite est inopérant tout en affirmant que : « le fait de lire les textes sacrés et s'adonner à la quête aimante quelque chose »… En effet, comment comprendre que le fait de lire les textes sacrés serait plus « aimantant » que les rites qui sont prescrit dans ces textes ? Bien sûr, les livres nous font « aimer Dieu et ses mystères » et donnent « envie à certains d'être candidats », mais qu’y a-t-il de plus opérant dans le fait de les lire que dans le fait d’appliquer leurs instructions ? En quoi le fait de lire ferait de nous de meilleurs candidats que le communiant, le mangeur de pommes ou le footbaliste ?

Faudrait-il croire que les rites ont avant tout une « mission sociale », comme nous le dit Pantout ? Dieu, l’Esprit et les prophètes se seraient donnée la peine de mêler l’enseignement véritable à des platitudes morales ? Ou est-ce nous qui ne voyons que les aspects sociaux dans des instructions proprement transformatrices en tant qu’elle permette d’aimanter cette Grâce que nous attendons tous ?

Dans le même sens, je m’étonne de l’affirmation d’Arca : « il faut se fier à ceux qui nous ont précédés et qui ont physiquement possédé la chose et il semblerait effectivement que ceux-là, ceux qui "voient", nous enseignent que les rites sont l'image d'une chose, qui une fois reçue annule la nécessité de ces rites (si j'ai bien compris) ». En effet, d’après ce que j’ai appris la majorité de ceux que la tradition considère comme ayant « possédé » la chose semble plutôt être restée très attachée à l’accomplissement des rites traditionnels, malgré leur condition. Bien sûr, toute la question est de savoir qui a véritablement possédé cette chose, mais les exemples dans les traditions juive, chrétienne, islamique, bouddhiste, … ne regorgent-ils pas de « connaissants » fermement attachés à l’accomplissement des rites ? Si on en croit ces références traditionnelles, il me semble plus aisé de dresser une liste des rares « connaissants » affranchis de préceptes de leurs traditions…

Comme le dit Arca, en tant que « symboles vivants », les rites sont bien « l’image » d’une chose, et dans un autre passage, Guénon affirme la même chose :

« On pourrait dire encore que les rites sont des symboles “mis en action”, que tout geste rituel est un symbole “agi” ; ce n’est en somme qu’une autre façon d’exprimer la même chose, mettant seulement plus spécialement en évidence le caractère que présente le rite d’être, comme toute action, quelque chose qui s’accomplit forcément dans le temps, tandis que le symbole comme tel peut être envisagé d’un point de vue “intemporel”. En ce sens, on pourrait parler d’une certaine prééminence du symbole par rapport au rite ; mais rite et symbole ne sont au fond que deux aspects d’une même réalité ; et celle-ci n’est autre, en définitive, que la correspondance qui relie entre eux tous les degrés de l’Existence universelle, de telle sorte que, par elle, notre état humain peut être mis en communication avec les états supérieurs de l’être. »

René Guénon, Aperçus sur l’initiation, chap.XVI : ‘Le rite et le symbole’.


Mais n’est-ce pas justement la raison de leur nécessité : nous donner accès à cette image pour entrer en contact avec la chose d’une manière certes imparfaite, mais que la Grâce pourra parfaire ?

Je pourrais rejoindre Pantout lorsqu’il affirme que : « Ces rites sont admirables, et ils ne deviennent inutiles que quand le "supplanteur" (Jacob vient de AQAV, la plante des pieds) a acquis le droit d'aînesse ou bénédiction », à condition de bien comprendre leur « inutilité ». Il me semble bien que ces rites sont « inutiles » à celui qui a réalisé la chose, dans le sens qu’il n’a plus « besoin » de leur effet aimantant, étant devenu lui-même le véritable aimant. Mais est-ce à dire qu’il les délaisse ou les dénigre à ce moment là ? Ou les accomplit-il au contraire d’une manière devenue véritablement sainte et par une pure adoration du Seigneur, détachée de toute attente personnelle ? A moins qu’il ne les accomplisse pour transmettre aux chercheurs sincères la manière qui les mènera, si Dieu veut, vers la réalisation de sa connaissance parfaite…

Bien sûr, il me semble certain que, comme le dit Arca, « on peut comprendre que cela ‘sert’ à quelque chose, mais en définitive, c'est Dieu qui décide ou non de nous bénir », car tous les enseignements traditionnels semblent insister sur le fait que seule la Grâce opère, tandis que le rite ne fait que créer des conditions possibles de son opération, dont elle peut très bien se passer par ailleurs. 'Abd al-Hakîm Murâd disait récemment dans ce sens : « La connaissance consiste à voir la porte. La pénitence consiste à s'en approcher. La prière consiste à frapper à la porte. Mais son ouverture n'est pas en notre pouvoir ».

[J’en profite pour préciser que le terme « repentance » (tawba) qui peut sembler moral au premier abord, désigne également une réalité dont le caractère opératif ne dépend finalement que de la sincérité et de l’Action de Dieu. L’immense connaissante de la Voie, Rabî’a al-Adawiyya (m. 801), disait en ce sens : « Je te demande pardon mon Dieu, pour le manque de sincérité de cette demande de pardon » !]

Il est donc clair que certains cas dérogent à ces règles, comme l’illustre le passage de Burckhardt cité par Arca : « Il est vrai qu'il existe, en Orient aussi bien qu'en Occident, des cas limites, comme celui de majdhûb, par exemple, chez lequel l'attraction divine (al-jadhb) prédomine au point d'invalider ses facultés mentales ; un majdhûb ne sera pas capable de formuler doctrinalement son état contemplatif ; il arrive aussi, exceptionnellement, qu'une réalisation spirituelle se produise presque sans l'appui d'une méthode régulière, car l'"Esprit souffle où il veut" ». Mais il est intéressant de noter que Burckhardt semble distinguer dans cet extrait le cas du majdhûb de la véritable réalisation spirituelle, car le ravissement seul ne suffit pas. En effet, les maîtres du soufisme ont affirmé que celui qui recevait la connaissance par la Grâce, sous la forme d’un ravissement (jadhb) n’ayant pas été préparé par un cheminement initiatique (sulûk), ne pouvait obtenir la véritable « virilité spirituelle » (rujûliyya) qu’en reprenant les étapes du cheminant « régulier », quitte à les parcourir à l’envers, du dévoilement jusqu’à l’exil de la chute. Arca nous dit dans ce sens : « la réalisation spirituelle (qui fait les saints) c'est une chose, encore faut-il "revenir" vers la réalisation matérielle (qui fait les sages et les prophètes) !!! ». On voit bien ici que ces différences de catégories semblent être avant tout des questions de vocabulaire, car celui que le soufisme désigne comme un « saint » (walî) est justement celui qui a réalisé matériellement la chose, qui ne s’est pas arrêté à l’extinction mystique (fanâ’) mais qui est revenu en « subsistant par Dieu » (baqâ’). La véritable « réalisation spirituelle » est donc bien pour le soufisme une « réalisation matérielle ».

Mais, au-delà des cas exceptionnels ayant pu bénéficier de l’action de la Grâce, la question qui nous concerne le plus directement ne serait-elle pas celle d’une éventuelle méthode pour préparer sa terre à recevoir sa pluie toujours abondante ?

Selon ce point de vue, on comprend tout à fait ce que nous rapporte Thalie : « EH précisait que le conseil de ne rien faire du tout s'adressait à celui qui avait déjà trouvé ». On pourrait alors se demander si la recette « pyjama et pantoufles » qu'elle nous propose ensuite – bien qu’elle soit très attirante ! – s’adresse bien aux pauvres candidats que nous sommes, ou si elle ne serait pas plutôt réservée à celui qui a déjà « restauré et ré-orienté son imagination ».

Enfin, pour résumer mon propos bavard, je me permets d’interroger la façon de comprendre la portée pratique de cette consigne d’EH : « On ne peut supprimer la folle du logis, il faut la réorienter. L’imagination est soumise au mauvais penchant; seul, on ne peut en sortir, il faut étudier les Ecritures, les Révélations des Prophètes. L’imagination est un outil qui nous ramène à Dieu si on la manie bien » ? Est-ce que l’étude des Écritures est véritablement le seul moyen de transformer son imagination ? En effet, les rites accomplis avec la bonne intention et la manière véritable ne seraient-ils pas tout aussi transformateurs ? Plus encore, le fait de s’engager « corps et âme » dans l’accomplissement des rites ne donnerait-il pas aux symboles qu’ils véhiculent un pouvoir de transmutation de notre « matière » bien plus puissant que celui de la simple « lecture » mentale et cérébrale ? Dans ce sens, le fait de lire les Écritures sans accomplir les rites qu’elles prescrivent ne reviendrait-il pas à lire le mode d’emploi d’une machine fabuleuse sans jamais l’utiliser ?

Je comprends donc tout à fait qu’on considère que la plupart des rites sont aujourd’hui accomplis avec une manière différente de celle par laquelle ils ont été prophétiquement institués, et surtout avec une intention très éloignée de leur noble fonction originelle. Mais est-ce une raison pour invalider tous les rites, sans distinction ? Lorsque Pantout nous dit : « les prophètes reviennent à certains intervalles pour soulager les croyants de pratiques vraiment trop pénibles et devenues illisibles », est-ce que cela ne renvoie pas seulement aux traditions éteintes et endormies ? N’y a-t-il pas aujourd’hui des traditions restées vivantes et vivifiées par l’Esprit, qui ont conservé la science symbolique de leurs rites, et surtout la manière prophétique véritable de les accomplir pour en libérer la puissance transformatrice qu’ils recèlent ?

Je vous demande pardon d’avoir été aussi bavard et j'espère que ces réflexions pourront être « utiles » à certains...

Que Dieu nous guide par la manière qu’Il désire !
Qu’Il fasse de nos aspirations les germes de Sa Volonté !
Qu’Il bénisse tous ceux qui Le cherchent par des voies multiples !

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#765

Bonjour à tous,

A propos de "faire et ne rien faire": voici ce que j'ai trouvé dans le formidable ouvrage que je recommande vivement à tous ceux qui ne l'ont pas encore lu: "CROIRE L' INCROYABLE OU L’ ANCIEN ET LE NOUVEAU DANS L’HISTOIRE DES RELIGIONS suivit du FLORILÈGE ÉPISTOLAIRE de Louis Cattiaux", Beya Ed.

Ce passage est tiré du "Florilège épistolaire de Louis cattiaux: [Croire l'incroyable p250]

11. LA PORTE
La porte ne s’ouvre pas dans la prière, mais seulement dans le silence de tout l’être à zéro, ce qui est un état bien rare à obtenir, c’est-à-dire: sans foi et sans doute, sans espoir et sans regret, sans désir de connaître, fût-ce Dieu, et détaché de tout, le créé et l’incréé. C’est comme un grand vide en soi, sans écho, sans douleur et sans joie, un grand repos comme les limbes, la parfaite vacuité, l’effacement absolu. C’est là qu’il dit son petit mot et qu’il montre sa présence, quand tout nous est devenu vraiment égal. Ainsi, ne cherchez pas trop, ne priez pas trop, car la vraie adoration, c’est se taire et ne pas bouger afin de voir et d’entendre. Là, il devient familier et facile, car l’être est rendu à l’être et le non-être au non-être. Je vous dis là le secret des secrets mystiques qui est l’indifférence transcendante après la quête forcenée, le point d’équilibre unique où celui qui est peut se manifester sans autre que lui-même. Donc, c’est l’effacement complet et la mort de l’âme, de l’esprit, et l’oubli du corps qui font place à l’Unique qui n’est ni à droite ni à gauche, ni en haut ni en bas, mais seulement dans le repos du centre.
Tout ce que je vous dis est expérimenté et il est possible que cela porte des noms multiples en toutes sortes de langues mais je les connais peu; l’important, c’est d’exercer la chose en soi.
On a beaucoup crié après le quiétisme, mais il me semble que c’est justement parce que là au moins, la part faite à Dieu est trop importante et trop belle, et il y a une part d’hypocrisie sans nom de la part de ceux qui dénoncent un état où le moi est perdu au profit du Dieu unique et universel. Ils veulent toujours s’aider et ils ne veulent pas que Dieu les aide!

Bonne soirée, je file mettre mon mon pyjama...

Dernière édition: par Trémolo.
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#766

Attention Trémolo, il est écrit "l'indifférence transcendante après la quête forcenéee ! Allez, on va s'habiller ! Où est ton bleu de travail?

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#767

En appliquant les précieux conseils qui se succèdent dans ce topic, j'ai déjà changé sept fois de tenue depuis ce matin... C'est épuisant! Quelqu'un peut me dire si cela compte comme “quête forcenée”?

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#768

Non, cela ne compte pas. Pourquoi? Mais parce que pour la quête forcenée, c'est une collection de pyjamas que l'on doit acheter! Et c'est vrai qu'il peut aussi y en avoir des bleus. Comme quoi, on peut tout comprendre de travers...

Ceci dit en passant, j'ai un oncle qui habite du côté de Verviers. Il travaille dans le textile, et il fabrique des pyjamas. Il m'a dit qu'il pouvait en fournir par lots de dix, à des prix intéressants (à condition que vous passiez par moi). Je ne doute pas qu'il en fasse aussi des bleus. Si vous voulez faire plaisir à Dieu, j'attends votre coup de fil. Ne traînez pas trop, car si le stock est vidé, j'ai bien peur que vous ne loupiez la bénédiction. Je dis ça, je dis rien. C'est un conseil gratuit du Grand Radin de la Mosquée Catholique du rite rectifié du Lamaï Dada reconnu (Banque Clintrump).

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#769

«Qui a fait jaune l'épi de blé mûri? Qui a fait rouge le vin des grappes? Qui a rendu bleue l'embouchure de la mer (en hébreu: pi-jamah)?» (III Chroniques 67, 3)

(Cette contribution ne vaut sans doute pas la bénédiction, mais au moins une bonne part des futurs bénéfices de Pantout de l'oncle de Pantout.)

Dernière édition: par Athanase Lynxe.
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#770

Hahahahahaha !!
Vous êtes en forme ce matin !

Que le rire des Bienheureux vous réanime tous

Merci pour ces fous rires

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#771

Je ne dis, bien sûr, encore rien de la ceinture bleue, réservée à une initiation plus poussée. Quant aux pantoufles, nous ne pourrions rien en dire de plus dans ce cadre-ci sans risquer la profanation. Qu'il suffise juste de dire à mots couverts que seuls ceux qui auront pratiqué le pyjama avec succès sauront comment s'en procurer après avoir suivi les cours et acheté les 20 livres progressifs sur la technique spirituelle secrète du souffle de la pantoufle... que les Maîtres me pardonnent si j'en ai trop dit!

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#772

Cher Trémolo,

Merci pour ce très beau texte qui nous décrit à merveille la façon de faire de celui qui est arrivé à cette contemplation parfaite "après la quête forcenée", comme l'a si justement fait remarquer Herr Tripa.

Mais qu'en est-il de ceux qui, comme moi, sont bien incapables de ne "rien faire" véritablement, et qui ne parviennent pas à rendre à Dieu "la part" qui lui convient ?

Il me semble qu'on en revient aux questions posées ci-dessus, qui restent visiblement sans réponse...
Mais peut-être que tout cela vous ennuie ?

Que le Seigneur renforce notre foi et notre patience dans l'attente de Sa rencontre...

Dernière édition: par ibn al-3adam.
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#788

Salut ibn-al3-adam, bonsoir tout le monde !

Merci pour cette réponse poussée et pardon de ne répondre que si tard. Je suis moi-même fort pris par le monde en ce moment !
Je dois avouer que je me sens un peu dépourvu, n'étant pas un maître, ni un prophète.

Je pense que nos opinions ont été exprimées et que, malheureusement, nous ne pourrons y voir plus clair que lorsque nous aurons reçu le don de clairvoyance...

Je dirais simplement que, pour moi petit aveugle, les rituels sont très nécessaires ! Sinon, les sages ne les auraient pas transmis effectivement. Et par ailleurs, les rituels ont les mêmes implications que les symboles, la lecture, les paraboles, etc. Celle de nous préparer pour l'après !

D'après ce que j'ai compris, les rituels sont une image de ce que nous vivrons une fois que la bénédiction nous sera donnée. Il est donc très important de nous familiariser avec ce qui se passera après !

Tout cela, comme le dit Pantout, a aussi un rôle social, dans le sens où, c'est la seule manière pour un sage de rappeler et faire véhiculer le plus fidèlement possible et à travers des images, ce à quoi la chose ressemble et que certains vivront une fois la bénédiction reçue ! Grâce à cela, ceux qui passeront par l'épreuve terrible du jugement et de la visite de l'ange, seront à même de comprendre ce que ces rites et lectures auront suggérés.

Cela me fait penser à l'ésotérisme de la Genèse qui explique aux hommes de manière voilée le mystère de la régénération. La Genèse définit ce qui nous arrivera une fois que nous aurons reçu la pierre et que le Dieu en nous sera réveillé. Ou encore, lorsqu'en alchimie, on nous dit que l'alchimiste sépare le pur de l'impur... et que l'Art commence là où la nature s'arrête. Cela signifie que l'alchimiste véritable commence à utiliser ces livres de "recettes" et en connaîtra réellement le sens une fois qu'il aura reçu la pierre par transmission physique. Il pourra sans doute faire certaines expériences occultes avant cela, et il aura parfois l'impression d'avoir quelque pouvoir sur la matière mais je ne pense pas que le Grand Oeuvre ne se fasse avant le don de la pierre par un Adepte.

Je pense donc réellement que les rites sont indispensables, que les sages l'ont voulu pour que les croyants soient avertis et prévenus. Pour qu'ils n'oublient pas que Dieu existe et qu'il est possible de sortir de ce monde. Peut-être même pourrons-nous déjà humer un peu le parfum de Dieu en attendant de pouvoir appliquer, ou plutôt reconnaître les rites une fois que leur fondement et leur déroulement se produira devant nos yeux et que le Christ, une fois né, apprendra à parler, grandira, vivra sa passion, etc. C'est d'ailleurs le Christ qui instaura le rite de la communion!

Je pense aussi que les rites, la lecture ou les symboles étant les images d'une chose que nous ne connaissons pas, peut se rapprocher du principe et de la fonction même de l'ésotérisme et de l'exotérisme. Pourquoi y a -t-il un exotérisme ? Cela sert-il à quelque chose ? La pratique de l'exotérisme peut-elle nous rapprocher de Dieu sans en connaître (naître avec, donc après la visite) le sens profond. Je pense que nous pouvons comprendre l'ésotérisme, mais pas le connaître tant que cela ne nous est pas offert. Le piège bien souvent, consiste à croire que l'on a tout compris (intellectuellement il existe beaucoup de savants qui ont tout compris et en parlent souvent très bien mais qui n'ont rien possédé) et ne plus chercher...

Voilà tout ce que je peux en dire. J'espère que nous pourrons recevoir la visite de l'ange, que nous serons jugés et que ce jugement sera aplani car nous serons prêts et que nous accepterons la chose plus facilement étant prévenus, que nous pourrons ensuite cuire la pierre et grandir en Dieu.

Je crains être à court d'arguments, même si le but n'est pas de convaincre quiconque, Dieu m'en préserve et comme le disait Cattiaux, il faut que chacun pratique et approfondisse sa propre religion, jusqu'au jour où nous rirons ensemble en repensant à ce que nous avions imaginé et cru comprendre.

Le Fou du Roi

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#789

Bravo, Le Fou du Roi pour cette réponse qui m'éclaire beaucoup. C'est, en effet, un sujet passionnant, et je comprends que Ibn al Àdam soit déçu que nous ne puissions répondre à sa demande ou recherche de ce qu'il faut faire. Je n'aurais pas mieux demandé que d'être capable de le guider si Dieu m'avait donné de quoi le faire. Hélas, je suis, comme lui, un mortel cherchant à faire (ou à ne pas faire) ce qu'il faut en attendant de cesser la quête forcenée. Ce n'est donc pas, dans mon cas, en tout cas, de l'ennui, mais de l'incapacité... Mais je trouve que votre message est très clair. Merci.

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