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  • Louis Cattiaux | « Physique et métaphysique de la peinture » | Art et Hermétisme, Beya, 2005
Écrit par : Paracelse - S. Feye
Titre :  Les Météores
Date de parution : 2016
Éditeur : Beya
 
 
 
 
Paracelse, Les Météores, trad. S. Feye, Beya, Grez-Doiceau, 2016, XIV + 114 pp.
 

Comparé aux ouvrages précédents publiés chez Beya, celui-ci surprend par ses dimensions modestes. Le contenu n’en est pas moins hautement philosophique.

Notons le soin extrême donné à l’édition : Monsieur Feye a traduit le De Meteoris d’après la version latine de Gérard Dorn, tout en consultant celle de De Tournes, sans oublier le texte original allemand et la traduction néerlandaise de Madame Elke Bussler (parue dans : De Vier Elementen, De Woudezel, 2014). Les variantes significatives sont signalées en note.

De quoi s’agit-il dans Les Météores ? Après avoir donné des précisions sur les quatre éléments et les trois principes (souffre, sel et mercure), Paracelse révèle l’origine et la nature de tous les phénomènes météorologiques : vent, pluie, grêle, neige, foudre, éclair, tonnerre, arc-en-ciel, etc. Contrairement aux opinions répandues, ils proviennent tous des étoiles, de même d’ailleurs que les saisons.

Les idées de Paracelse ont souvent un aspect neuf et révolutionnaire, d’autant plus qu’il ne prétend pas rarement s’opposer à celles héritées des Anciens. Toutefois, sur de nombreux points, tantôt ouvertement, tantôt plus discrètement, il rejoint bien l’enseignement traditionnel. Donnons quelques exemples :

«L’homme comprend aussi la première matière, mais pas autrement qu’une personne qui observerait, de loin, des for­gerons en plein travail. Celui qui, dans l’atelier, voit de tout près, en a une perception plus exacte que celui qui est à bonne dis­tance de la porte. Pour que vous saisissiez plus parfaitement la chose, je vous propose comme exemple le fabricateur de toutes choses, Vulcain lui-même, se trouvant non seulement dans l’élément du ciel, c’est-à-dire au firmament, mais aussi dans les autres éléments.» (p. 46)

Nous y voyons une allusion à «la forge de Pythagore où l’Art fut inventé» (E. d’Hooghvorst, Le Fil de Pénélope, p. 72 ; cf. Jamblique, Vie de Pythagore, 115 et ss.).

On trouve aussi une parenté évidente avec la recommandation pythagoricienne de «ne pas parler sans lumière» (Jamblique, Vie de Pythagore, 84), dans un passage tel que celui-ci (il en existe beaucoup d’autres dans les œuvres de Paracelse) :

«La nature est admirable dans ses œuvres et elle a été ordonnée et dotée de manière étonnante par le Dieu Créateur. Pour l’intelligence de toutes ces choses, l’expérience et la démonstration oculaire font beaucoup, de même que la lumière de la nature qui se montre elle-même et se dévoile aux hommes qui la recherchent. Elle veut que rien ne leur soit caché. Car quiconque voit en elle, il n’y a rien d’assez occulte qui ne lui soit révélé, ni de si exigu qui ne vienne au Soleil, c’est-à-dire dans l’intellect et la connaissance de l’homme.» (p. 105)

Enfin, en écrivant : «le Borée coagule ; l’Auster résout» (p. 59), Paracelse ne rejoint-il pas exactement l’enseignement du pythagoricien Porphyre, inspiré d’ailleurs de celui d’Homère (cf. L’Antre des nymphes, 25) ?

Concluons par quelques autres extraits des Météores, ouvrage absolument passionnant :

«Dieu, admirable dans ses œuvres et ses créatures dont le nombre estinfini, a voulu que l’homme, en tant que la plus noble des créatu­res, scrute la nature par la philosophie afin que lui soient con­nues les admirables merveilles de Dieu et qu’il les mette en lumière. Qu’avons-nous de mieux sur terre que d’être occupés jour et nuit à marcher dans les œuvres divines, en les méditant elles et non d’autres ? Car en effet, les œuvres de Dieu sont réparties en deux domaines : il y a les choses naturelles, qu’embrasse la philoso­phie, et les œuvres du Christ, qui sont l’affaire de la théologie. C’est en ces deux que nous devrions à juste titre user le peu de temps que nous vivons sur terre, histoire de mourir plus heureux et en paix.» (p. 43)

«Ainsi, des opérations terres­tres apparaissant à nos yeux ouvrent à notre intellect des choses qui sont invisibles. Le Christ aussi a exposé son Verbe en paraboles, pour que, par elles, certaines notions plus grandes fussent comprises. C’est pourquoi j’ai exposé les opérations firmamentales et invisibles par des opérations terrestres et évidentes à l’œil, puisqu’ elles sont similaires.» (p. 58)

«Tout ce qui a été créé par Dieu est corporel, même si c’est d’une façon double : visible et invisible, mais avec des forces égales.» (p. 59)

«Voilà comment les arcanes et les merveilles de Dieu s’offrent à nous de jour en jour en se produisant publiquement, été comme hiver, à chaque heure et chaque minute, etc.» (p. 81)

«L’éclair et la foudre sont donc un feu provenant des trois pre­miers [principes] éthéréens, et le tonnerre est la résonance du choc dû à la contrariété des soufre, mercure et sel nitre qui refu­sent de s’accorder ou d’être ensemble. Tout comme on le démon­tre par une composition terrestre lors de la préparation du sel nitre, il y a d’abord un éclair émis avec la foudre, ensuite le ton­nerre. Ce n’est pas différent dans le ciel, avec seulement un degré plus élevé, plus grand, et un bruit plus terrible causant une ter­reur beaucoup plus forte. Cette masse est vraiment très violente et la gradation est la plus haute de toutes. Il est absolument impossible qu’il y en ait une plus grande. Elle a la rapidité à laquelle même le Christ a voulu comparer le temps subit de son avènement.» (pp. 87 et 88)

«Ce corps [de la foudre] est à la fois compact et tellement spirituel, aérien, éthéréen et pénétrant, qu’il peut (personne ne saurait le nier) tra­verser toutes les choses les plus solides comme le ferait un esprit dépourvu de corps, de sang et de chair. Aussi, nul n’arrive à expliquer ou décrire cette propriété pénétrante qui lui fait émettre une frappe si rapide et si impétueuse, que tout objet, quelque dur ou stable qu’il soit, est obligé de lui céder. C’est un feu tellement étonnant, et gradué de manière si vio­lente qu’en un clin d’œil il fond le fer qu’il atteint.D’après cela, on peut considérer combien est élevé le degré de l’Olympe lorsqu’il opère, et combien sa force dépasse les autres éléments qui, comparés à lui, ne sont rien. On peut aussi par-là connaître l’esprit, et signifier le futur avènement du Christ. Qu’y a-t-il en effet de plus fort, de plus extraordinaire et de plus étonnant dans ses opérations, que la foudre ? Car le Christ lui-même a dit qu’il viendrait comme une foudre lancée du ciel, ce qui veut dire : quant à la vitesse, il nous faut avant tout avoir une excellente connaissance du caractère de la foudre. En effet, elle frappe cruellement, misérablement, et de manière déplorable, et elle a une constitution si étonnante qu’elle ne peut à aucun moment être assez méditée par les hommes. C’est de cette manière que viendra le Christ. Quiconque pèse­rait et ruminerait attentivement en son âme que la foudre en est un exemple, ne pécherait jamais et ne s’éloignerait pas des voies du Seigneur. Mais nous, nous nous détachons, chaque jour plus, de la vérité, et il est à craindre que cela n’arrive pas sans mauvais présage !» (pp. 89 et 90)

«Sur certaines montagnes, il pleut du lait, tout comme il tombe du sang. Ce qui arrive sur la pierre fait une usnea blanche et bitumineuse qui se coagule en son temps et se durcit comme une pierre née d’autres choses. Ces usnea célestes sont variées et de toutes les couleurs : rouge, c’est-à-dire sanguine, verte, bleue, noire, jaune, etc. Ce qui tombe en terre disparaît, tout comme ce qui tombe dans l’eau. De même, dans la pluie, sa couleur se corrompt de sorte que ces couleurs n’arrivent pas à terre dans l’état où elles étaient d’elles-mêmes auparavant. Les Anciens naturels ont, par ces usnea, compris beaucoup de choses dans l’art médical et alchymique, lorsqu’ils ont pu en acquérir. Ils les ont appelées fleurs célestes. Ce qu’ils ont fait avec elles m’est caché. C’est en tout cas quelque chose, car ils l’ont entièrement appris de leurs propres spanditris (spéculations) en partant des fondements. J’ai en tête, moi, les naturels vérita­bles, non les autres.» (pp. 97 et 98)

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