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  • Platon | Gorgias, Ménon (tome 3-2) | Les Belles Lettres, 1984
Écrit par : Hans van Kasteel
Titre : Questions homériques
Date de parution : 2012
Éditeur : Beya
 
 

Hans van Kasteel, Questions homériques, Beya, Grez-Doiceau, 2012, LXXXVIII + 1100 pp.

Ceux qui seraient dégoûtés des lectures superficielles, voire dégradantes, d’un des plus grands poètes de l’Occident, Homère, trouveront dans ce livre de quoi satisfaire leur soif de substantifique moelle.

On y verra un Cornutus répondre à la question concernant la signification des dieux homériques ; un Plutarque montrer que la doctrine des plus célèbres écoles philosophiques (présocratiques, pythagoricienne, aristotélicienne, stoïcienne, épicurienne, etc.) remonte en définitive à l’Aède ; un Plotin prouver, exemples nombreux et précis à l’appui, que Platon doit tout à Homère ; un Porphyre expliquer, de manière convaincante, qu’aucun mot n’est employé par le poète sans intention précise ; un Eustathe, pourtant chrétien, rassembler des commentaires anciens oubliés, dont le thème principal évoque nettement la circulation de la matière dans le vase des alchimistes ; un Tzetzès, autre chrétien, ramener la plupart des passages commentés à des phénomènes météorologiques, conformément à l’avis de Platon ; un Contoléon, un Clément d’Alexandrie, un Hippolyte de Rome, un Psellos, etc., interpréter Homère dans un sens chrétien autrement plus profond que celui qui prétend n’y voir que des fables sans intérêt ; d’innombrables alchimistes (d’Espagnet, Lagneau, Maïer, Paracelse, Pernety, Vaughan, last but not least d’Hooghvorst, etc.) ou cabalistes (Reuchlin) prêter au texte de l’Iliade et de l’Odyssée un sens cohérent qui, très souvent, rejoint celui que lui prêtaient déjà les commentateurs de l’Antiquité.

Du foisonnement des commentaires, il se dégage une unité d’interprétation maintes fois stupéfiante. Nous ne pouvons évidemment donner qu’un tout petit échantillon de citations, parmi une masse d’autres qu’il appartiendra au lecteur de découvrir.

Voici un commentaire alchymique (de cume…a, « fusion ») au sens le plus précis du mot ; il est de Cornutus (Ier siècle après J.-C.) :

« Le Chaos (C£oj) représente l’élément humide dont la genèse précède l’ordonnance du monde, et dont le nom s’explique par la fusion (cÚsij). Ou encore, il représente le feu, qu’on peut en quelque sorte qualifier de k£oj (“brûlant”) et qui, lui aussi, est en fusion (kecutai) en raison de la subtilité de ses particules. » (pp. 35 et 36)

« La Nuit est […] fille du Chaos, car l’air qui s’élève de l’eau primordiale est d’abord sombre et obscur. Ensuite, il se subtilise et se transforme en éther et en lumière dont on dit, avec raison, qu’ils sont nés de la nuit. » (Cornutus, p. 37)

La naissance de la déesse vierge Athéna évoque l’Immaculée Conception des chrétiens et les engendrements messianiques :

« Athéna n’a pas de mère parce que la naissance de la vertu est d’une autre nature, différente de celle qui est basée sur l’accouplement de deux êtres. » (Cornutus, p. 44)

« Ce mont est appelé Ida, comme si l’on disait mont “qui sue”, de doj, “sueur”, parce qu’il paraît toujours des gouttes d’eau dessus, comme si ce mont philosophique suait. » (Pernety, p. 188)

« Tout ceci n’est plus de la mythologie ou de la poésie, mais c’est la vérité, c’est la description de notre nature ! » (Porphyre, p. 272)

« Au lieu de chercher la vérité qui s’y trouve, ces gens ne voient que la forme extérieure des fictions mythologiques ; au lieu de purifier leur intellect, ils suivent leurs pensées inspirées par l’imagination et les formes apparentes. […] Ne sont-ce pas plutôt ceux-là, qui comprennent mal les mythes, qui sont fautifs à leur égard ? » (Proclus, p. 311)

« [Homère] dépense bien des propos pour discourir diversement de l’unique objet : notre univers et la genèse du monde. » (Tzetzès, p. 666)

En réarrangeant les vers homériques, les chrétiens retrouvent chez Homère leur propre enseignement ; par exemple, sur le sang salutaire versé par le Crucifié :

« Aussitôt s’écoule de la blessure du sang sombre, remède contre la douleur et la colère, oubli de tous les maux. C’est l’unique don qu’il fait aux pitoyables mortels. La mort ne se présente nullement devant le cœur viril de celui qui le boit après que le mélange en a été fait dans le cratère. […] Aussitôt la pique a-t-elle percé la peau que s’écoule le sang immortel de Dieu, l’ichor, tel qu’il coule chez les dieux bienheureux. » (p. 829)

Sur la « science infuse », naturelle (fu´), chère à Pindare :

« [Circé] est appelée “déesse” parce que la science (scientia) est divine et versée (infusa) par les dieux dans les esprits des hommes. » (Dorat, p. 952)

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