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  • Euripide | Hélène, Les Phéniciennes (tome 5) | Paris, Les Belles Lettres, 1950
Écrit par : Ovide
Titre : Les Métamorphoses
Date de parution : 1932
Éditeur : Flammarion
 
 

Ovide, Les Métamorphoses, Flammarion, Paris, 1932, 392 pp.


Né dans les Abruzzes, en 43 avant Jésus-Christ, Ovide nous a laissé  un recueil de mythologie considéré comme son chef-d’œuvre.

Si Ovide n’y faisait que nous raconter les massacres, les viols et les amours des dieux de l’Olympe, ce livre n’aurait pas traversé les siècles. Il raconte donc une toute autre histoire. Pierre Vicot (XV ou XVIe siècle) nous en livre le fil rouge dès le début de son Grand Olympe :

«Pas du monde universel le chaos n’est, ainçois le chaos de notre physique» (P. Vicot, Le Grand Olympe, commentaire des vers 165 et ss.)

Ainsi au fil des récits édifiants, traquer le sens alchimique nous en donne une autre lecture.

«Avant la mer, la terre et le ciel qui les enveloppe, la nature offrait le même aspect dans l’univers entier : on l’appela le Chaos ; masse grossière, informe, pesante, inerte, où se trouvaient confondus, sans aucun lien d’harmonie, les éléments contraires […]. Là où était la terre, là étaient aussi l’eau et l’air ; tant la terre manquait de consistance, l’eau de fluidité, l’air de lumière. Les éléments n’avaient point de forme certaine ; ils se nuisaient mutuellement ; et, dans le même corps, le froid et le chaud se faisaient la guerre, ainsi que l’humide et le sec, les substances molles et les substances dures, celles qui sont pesantes et celles qui ne sont pas. Un dieu, ou la nature plus puissante, pour mettre fin à cette lutte, jeta un intervalle entre le ciel et la terre, la terre et les eaux, et sépara l’air le plus subtil de l’air le plus grossier […]. Le feu, privé de pesanteur, s’élança vers les voûtes célestes et occupa la plus haute région des airs ; la place voisine fut réservée à l’air, à cause de sa légèreté ; la terre, plus épaisse que l’air et le feu, chargée d’ailleurs d’éléments grossiers, fut, par son propre poids, fixée au-dessous ; l’Océan, qui la baigne de toutes parts, eut la dernière place et enchaîna le continent. Quand ce dieu, quel qu’il fût, eut débrouillé, divisé la matière et assigné à chacun la forme convenable […].» (Ovide, Les Métamorphoses, I, 5 à 33)

Nous voilà donc prévenus, c’est de notre matière alchimique qu’il s’agit, et l’ouvrage tout entier nous en livre les péripéties dans le vase où va naître la plus grande merveille.

«Un être plus noble, capable de pensées élevées et fait pour commander à tous les êtres, manquait encore : l’homme naquit ; soit que le père de toutes choses, celui dont la main créa, ordonna l’univers, l’ait tiré d’une semence divine ; soit que la terre, vierge encore, et naguère séparée de l’éther qui roule dans les hauteurs de l’espace, eût retenu quelque germe des éléments célestes auxquels elle fut d’abord mêlée : le fils de Japet la détrempa dans les eaux d’un fleuve, il la pétrit à l’image des arbitres du monde ; et tandis que les autres animaux, courbés vers la terre, y fixent leurs regards, il donna à l’homme une attitude droite, lui commandant de contempler les cieux et de tenir son front élevé vers les astres. La matière, informe et grossière, revêtit, par cette métamorphose, la figure humaine, jusque-là inconnue.» (Ovide, I, 76 à 88)

«Laquelle fixement Sol regarde, indique Vicot, c’est à savoir nature auraire». (P. Vicot, Le Grand Olympe, commentaire des vers 278 et ss)

Car, avait- il précisé plus haut, «jaçoit que la matière corrompue doive être, pourtant que sous conservation de sa première forme auraire soit». (P. Vicot, commentaire des vers 223 et ss.)

«Comme très bien la benoîte Tourbe le dénote, disant que tels noms, comme corbins, chameaux, arbres, oiseaux, hommes, étoiles et planètes, etc., ne sont mie que les couleurs». (P. Vicot, commentaire des vers 283 et ss.)

La dissolution est donc décrite ici, puis toutes les autres opérations :

«Cependant Saturne est précipité dans le ténébreux Tartare, et l’empire du monde passe dans les mains de Jupiter […]. Jupiter raccourcit l’ancienne durée du printemps […] et partage l’année en quatre saisons.» (Ovide, I, 113 à 118)

Les quatre âges du monde décrivent les tribulations de la matière, comme les animaux, les couleurs. Vicot continue sur sa piste :

«Venons aux quatre âges du monde, commençant par l’or vulgaire et finissant par l’or des philosophes.» (P. Vicot, commentaire des vers 309 et ss.)

«Durant le règne de Jupiter, le printemps qui avait été éternel, c’est à savoir jusques ores, l’or avait semblé indissoluble […]. L’œuvre, dit la Tourbe, aux quatre saisons de l’année ressemble.» (P. Vicot, commentaire des vers 329 et ss.)

«Non, [dit Jupiter,] l’empire du monde ne me causa pas d’aussi vives alarmes dans ces jours de lutte, où les Géants s’apprêtaient à enchaîner de leurs cent bras le ciel une fois conquis. J’avais en tête des ennemis terribles, il est vrai : mais du moins cette guerre était soutenue par une seule race et n’avait qu’un principe. Aujourd’hui, dans toutes les contrées où l’Océan promène ses flots bruyants comme le tonnerre, la race des mortels doit périr. […] J’ai d’abord tout tenté ; mais la blessure est incurable ; il faut y porter le fer, pour que la partie saine encore ne cède pas à la contagion.» (Ovide, I, 182 à 191)

«Or, dit Vicot, venons à ces monstrueux géants qui l’empire de Jupiter usurper voulaient, qui ne sont mie que les forces menstruales du feu contre nature. Lesquelles, nature auraire détruire eussent bien voulu, et à ce toute peine ont mise». (P. Vicot, commentaire des vers 347 et ss.)

«Cependant la ruine du genre humain excite une douleur profonde au cœur des Immortels ; ils demandent […] qui portera l’encens sur les autels ? […] [Jupiter] leur interdit toute alarme : il annonce une race d’homme différente dont l’origine sera merveilleuse. Déjà il s’apprêtait à lancer au loin ses foudres sur la terre […]. Les destins ont fixé le jour où la mer, la terre et le palais des dieux seront dévorés par les flammes, où la machine du monde […] doit s’écrouler avec fracas. Il dépose les traits forgés par la main des Cyclopes et adopte un autre châtiment : le genre humain périra sous les eaux que le ciel va verser de toute parts. Au même instant, il referme dans les antres d’Éolie l’Aquilon et les autres vents dont le souffle dissipe les nuages amassés dans l’atmosphère, et il ouvre un libre passage au Notus : celui-ci s’envole sur ses ailes humides ; d’obscurs nuages couvent son visage terrible ; sa barbe est chargée de brouillards ; l’onde coule de ses cheveux blanchis ; sur son front siègent les vapeurs ; l’eau tombe de ses ailes et de son sein. À peine sa large main a pressé les nuages dans l’air suspendus, et soudain éclate un horrible fracas ; et des torrents, l’un sur l’autre entassés, descendent du haut des cieux. La messagère de Junon, brillante de couleurs variées, aspire les eaux qui vont servir d’aliments aux nuages. Les moissons tombent renversées, les espérances du laboureur en larme sont détruites, et tout le travail d’une longue année s’évanouit sans laisser aucune trace. Le courroux de Jupiter ne se renferme pas dans le ciel soumis à son empire : son frère, le dieu des flots azurés, lui prête le secours de ses ondes. Il mande les fleuves, et dès qu’ils sont accourus dans le palais de leur roi : “[…] Déployez toutes vos forces, il le faut ; ouvrez vos demeures souterraines, et, repoussant les digues, lâchez la bride à vos flots”. Tels sont ses ordres […]. Neptune lui-même de son trident frappe la terre ; elle s’ébranle et, par cette secousse, entr’ouvre les bassins où les eaux sont renfermées. Les torrents débordés roulent à travers les campagnes […] ; les tours chancellent et s’abîment au sein des gouffres. Déjà il n’y a plus de différence entre la terre et l’océan. Tout était mer, et la mer n’avait plus de rivages […]. Là, un mont frappe superbement les astres de son double sommet : on l’appelle Parnasse, son front s’élève au-dessus des nues. Quand tout a disparu sous les flots, sur ce mont s’arrête la frêle nacelle où Deucalion était porté avec sa compagne. […] Dès que Jupiter eut vu […] un seul homme […] et une seule femme rester […] ; l’un et l’autre exempts de souillure […], il dispersa les nuages, qui se retirèrent devant le souffle de l’Aquilon, montra la terre au ciel et le ciel à la terre. […] [Neptune] pose son trident et calme les eaux. Au-dessus des abîmes paraît à sa voix Triton, couvert des écailles de pourpre […] : Neptune lui commande d’animer d’un souffle sa conque retentissante, et de ramener par un signal, les flots et les fleuves dans leur lit. […] Et soudain ses sons se répandent sur les flots qui couvrent la terre […]. L’univers a repris sa forme, mais il est désert ; partout règnent la solitude et un vaste silence.» (Ovide, I, 246 à 349)

On croirait la description du déluge de Moïse.

Nous n’avons exploré ici que les premières pages des Métamorphoses, afin de  donner au lecteur l’envie de continuer la lecture en y scrutant le sens alchimique.

 

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