ARCA Librairie
Antoine de Lophem
B-1390 Grez-Doiceau Belgique
Tél. : 0032 (0)479 47 45 42
info@arca-librairie.com
www.arca-librairie.com

RELIGION : Etymologie

Plus d'informations
#993

Bonjour à tous,

Je me pose la question concernant l'étymologie latine du mot religion. J'avais en effet déjà lu à gauche à droite qu'on ne savait pas vraiment si le terme vient de RELIGARE ou de RELEGERE.

Dans la vidéo que je reproduits ici, un certain Mr Fabrice Hadjadj, explique que le mot religion d'après Cicéron (voir 4 min. 46) dans son ‘de natura deorum’ aurait le sens de "relire" (relegere) et non pas "relier" (religare).

Cette dernière étymologie (religare) serait plus tardive, chez Lactance, un des Pères de l’église.

QUID donc du sens étymologique ? Ou bien dirions-nous, qu'en tant que "cabalistes", cela n'a pas d'importance, et par ailleurs, que les deux sens sont vrais. Son explication du sens de relire est intéressante et la vidéo (à voir en entier si vous avez 10 minutes devant vous) est intéressante. Il a le mérite de soulever quelques questions importantes.

Dernière édition: par arca.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#994

Par ailleurs, je serais curieux de savoir quel mot était utilisé pour définir la RELIGION.

En grec, en égyptien, araméen, hébreu, etc.

Je pense que ce ne serait pas inutile de se poser la question !

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#995

Voici ce que Wikipédia explique à propos de l'étymologie de RELIGION.

C'est intéressant :

La littérature latine de l'Antiquité a transmis plusieurs étymologies de religion. Les plus citées aujourd'hui sont relegere signifiant « relire » et religare signifiant « relier ». Ces étymologies se trouvent dans les œuvres de Cicéron qui cite l'étymologie relegere1 (en l'ayant peut-être tirée d'une œuvre disparue de Varron), Servius qui cite l'étymologie religare2, Lactance qui défend l'étymologie religare contre celle donnée par Cicéron3, et Saint Augustin qui propose des interprétations de l'une et de l'autre4. Plus tard, Isidore de Séville5 puis Saint Thomas d'Aquin6 ont cité et repris les interprétations de Saint Augustin.

Les idées de « lien » ou de « relecture » n'indiquent pas à elles seules la signification que les auteurs entendent faire valoir en donnant l'une ou l'autre étymologie. Lactance puis Augustin, lorsqu'ils écrivent que religion vient de relier (religare), font valoir que la religion devrait être « ce qui relie à Dieu et à lui seul ». Par ailleurs Augustin rejette la religion envisagée comme « lien social », mais aujourd'hui l'étymologie religare est souvent donnée à l'appui de cette idée. L'étymologie « relire » (relegere) initialement donnée par Cicéron a reçu de nombreuses interprétations. Cicéron donne son argument étymologique dans un jeu de mots, en faisant valoir que la religion est de l'ordre de l’intelligence, de la diligence et de l’élégance (distinction), au contraire de la superstition. Reprenant les mots de Cicéron, Augustin estime que la religion est diligence par opposition à la négligence. Augustin prend par ailleurs l'idée de relecture comme une « relecture de Dieu en soi », une médiation. Il introduit enfin dans ses arguments étymologiques sur la religion l'idée de choix, la religion devant être pour lui un « choix renouvelé de Dieu ». Pour cela, il transforme légèrement l'étymologie religere (relire) en re-eligere (réélire). Thomas d'Aquin y verra une troisième étymologie. Commentant directement le texte de Cicéron, Jean Calvin considère que la religion est de l'ordre de la mesure par opposition à l'excès. Enfin, par rapport à la connaissance actuelle de la religion des Romains, il est aussi possible de prendre l'idée étymologique de « relecture » dans le sens rituel, le mot viendrait de la pratique de « relire » les rites effectués pour s'assurer que cela a été bien fait.

Tandis que les auteurs médiévaux citaient ces deux étymologies sans les considérer opposées l'une à l'autre, les discussions sur la question de savoir laquelle des deux est la vraie ont pris leur essor au XIXe siècle. L'ensemble des occurrences du terme religion dans les textes latins les plus anciens ont alors été étudiées pour y découvrir le sens véritable du mot dans son origine. Il en est ressorti que le terme religio aurait été originellement connoté de l'idée de « crainte superstitieuse » ou de « scrupule de conscience ». L'idée de scrupule a dès lors été associée à l'étymologie relegere, notamment par Salomon Reinach puis par Émile Benveniste. Ce dernier jugeait en outre l'étymologie religare « fausse » et « d'invention chrétienne », tandis qu'il estimait, à partir de l'étymologie relegere, que la religion devait être de l'ordre d'une reprise sur soi ou du recueillement7. Il n'y a aucun argument décisif qui permet de savoir si l'une des étymologies est « vraie », ni pour déterminer si l'une est plus romaine ou chrétienne que l'autre. Aujourd'hui, dans les études francophones c'est l'étymologie relegere qui est considérée comme généralement admise, tandis que dans les études anglophones c'est plutôt celle de religare.

L'étude d'Émile Benveniste sur les étymologies de religion dans Le Vocabulaire des institutions indo-européennes est de loin le document le plus cité et le plus autorisé sur ce sujet7. Il a aussi de ce fait été très critiqué, notamment par Jacques Derrida qui estime qu'il relève d'une série de scandales logiques ou de paradoxes8.

Pour les détails et le reste des développements :

fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tymologie_de_religion

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Athanase Lynxe, JeannotLapin

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1003

Merci beaucoup pour cette longue et dense explication !

Je lis dans Tara Michaël, Les Voies du Yoga, que le yogin doit suivre 8 étapes, parmi lesquelles le Niyama ("observances") : parmi les préceptes positifs qu'il doit suivre, il y a "svâdhyâya" qu'on traduit communément par "étude du texte védique pour son propre compte". En effet, svâ- (j'imagine "suus" en latin, mais là, j'opinionne) = "son propre compte", mais aussi "son propre texte".

Je soumets mon idée : il faut que le yogin "se relise / lise son propre texte" "pour son propre compte / salut"

À bientôt

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: arca

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1007

Le Fou du Roi écrit: QUID donc du sens étymologique ? Ou bien dirions-nous, qu'en tant que “cabalistes”, cela n'a pas d'importance, et par ailleurs, que les deux sens sont vrais?


Sans être cabaliste, je tiens tout de même à signaler qu'il n'existe pas de commune mesure entre la science étymologique traditionnelle et ce que les linguistes modernes entendent par «étymologie».

En gros, ces derniers cherchent l'origine historique des mots, tandis que l'étymologie traditionnelle établit le vrai sens des mots, sans s'occuper d'histoire ou d'évolution linguistique.

Ce vrai sens peut être exprimé de bien des manières, si bien que deux, trois, voire dix étymologies de forme très différente peuvent être proposées pour le même mot, toutes correctes – à condition, bien sûr, que l'étymologie proposée remonte à un cabaliste qui connaît le sens des mots.

En d'autres mots, le mot religio peut être étymologiquement rattaché en même temps à religare et à relegere.

Si les recherches des linguistes parviennent un jour à déterminer sans ambiguïté que religio remonte historiquement à un des deux verbes, à l'exclusion de l'autre, cela ne changera rien au vrai sens prêté par un cabaliste à ce nom, rattaché par lui au verbe rejeté par les linguistes.

Ceci, non dans le désir de mettre en doute la valeur des recherches linguistiques, mais pour mettre les points sur les i. Ayant une conception toute différente de ce qu'est, ou devrait être, une étymologie, les linguistes parleront sans cesse de “fausse étymologie”, ce qui est une absurdité.

Une étymologie est par définition toujours vraie, sinon il ne s'agirait pas d'une étymologie !

Voici l'étymologie du mot religio donnée par Bebescourt (La Vérité, t. I, p. 12) :

Le premier coup d'œil fait apercevoir qu'il fut tiré du verbe religare [“relier”] : mais outre cette première signification, frappante pour tout le monde, quiconque sera un peu au fait de la cabale syllabique des Anciens, observera que le nom RE-LIG-IO couvre et renferme en soi RE vera LIGATI sumus, IO [“Par la vraie chose nous sommes liés, youpi !”].

Dernière édition: par Athanase Lynxe.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: arca, Thalie, Le Fou du Roi, Trémolo, Heunayro

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1018

Merci JeannotLapin, c'est très intéressant. Qui plus est car je ne connais presque rien de cette philosophie.

Mr Athanase Lynxe, je vous rejoins tout à fait et j'aime beaucoup l'étymologie donnée par Bebescourt !

Je crois qu'il serait intéressant de poursuivre la recherche des différentes manières qu'avaient les anciens de parler de "religion".

Quel était le mot usé chez les Grecs, les égyptiens, et autres et quel sens donnaient-ils au mot religion ou son équivalence ???

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1113

arca écrit: Quel était le mot utilisé chez les Grecs, les Égyptiens et autres, et quel sens donnaient-ils au mot religion ou son équivalence ?

Il n'est pas facile de trouver l'équivalent exact du mot «religion» en grec ou en égyptien, si l'on s'en tient à la seule notion de religare, «relier».

Mais en hébreu, le verbe daboq, «s'attacher», «se lier», «se coller», «adhérer», a une connotation souvent religieuse : la debaqout, «adhérence», «attachement», a souvent le sens particulier d'une adhérence à Dieu, d'où des traductions comme «communion», «dévotion», «piété».

Dans ses Épîtres, saint Paul traduit par collân, «coller», et collêsis, «collage».

On doit probablement attribuer à ces termes un sens très physique – à moins qu'on préfère supposer qu'un homme très «attaché» à une belle femme, serait parfaitement comblé en ne faisant que la regarder de loin, l'admirer sur une photo ou dans son esprit...

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: arca, Thalie, JeannotLapin

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1135

La sagesse " Hiératique."



Les termes de hikmat et de hokama, s' ils peuvent étre souvent traduits par " Philosophie " et " Philosophes ", ne sont, en fait, exactement traduits ni par l' un ni par l' autre. " Théologie " et " Théologiens " ne conviendraient pas davantage ; hikmat et hokama ne se situent pas sur le meme plan que la théologie scolastique et les scolastiques de l' Islam. La hikmat n' est pas non plus un simple cumul de la recherche philosophique et de la dialectique théologique. Hikmat serait au mieux traduit par " Sagesse " ( Sophia ), mais a la condition de prendre le terme en son acception sophianique, marquée de l' empreinte de la gnose, telle que l' évoque le récit de la vision extatique de Kay Khosraw, non pas simplement, comme il arrive le plus souvent en Francais, pour désigner une certaine attitude ou une expérience de la vie. En outre, l' adjectif sapiental ( dérivé de sapientia, Sagesse ) ne fait plus assez directement sentir son origine. C' est qu' en fait l' oeuvre de pensée s' origine a trois sources, d' une validité également reconnue a leur niveau respectif. Il y a la tradition dont se nourrit la théologie ; il y a l' intellect, organe de la dialectique philosophique ( celle du Kalam et celle de la Falsafa, transposition en Arabe du Grec philosophia ) ; il y a enfin ce que l' on peut désigner globalement comme " Përception spirituelle " ou " Hiérognose " ( dévoiler, découvrir ), source des connaissances constituant la théosophie ( Hikmat ilahiya ) et la gnose mystique. Bien entendu, cette derniére n' ignore pas les deux premiéres ; elle les présuppose, de meme que l' ésotérique présuppose l' exotérique.


Henry Corbin.

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: arca, Herr Tripa, Athanase Lynxe

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1140

Merci beaucoup ! C'est éclairant...

En ce qui concerne les grecs, pourrait-on penser qu'ils parlaient de Philosophie plutôt que de "religion" ? Je crois que c'est Pythagore qui usa le premier de cette expression ? Mais parlaient-ils de philosophie quand ils évoquaient leurs mythologie,leurs rituels, etc ?

Je serais curieux de savoir comment les grecs parlaient de leur adhérence religieuse ? Quand ils parlaient à un païen et disaient "Ma religion est ...." A-t-on une idée du terme utilisé à l'époque ? Je suppose que chacune de ces religions de l'antiquité devait bien avoir un mot précis pour exprimer leur appartenance religieuse ? Comme religare ou religere en latin...

Le juif dira-t-il : "Ma debaqout est le judaïsme " ?

Cela peut peut-être paraître anodin, et pourtant... cela me titille surtout après lecture de cette polémique autour de l'étymologie latine du mot. Personne ne pense à comparer avec les autres traditions... c'est tout de même curieux !

Merci d'avance pour votre aide.

Dernière édition: par arca.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1141

Chère Inès,

Je vous remercie chaleureusement pour le poste que vous avez créé à propos de la "sagesse hiératique" qui est fort intéressant.

Je me suis permis de l'ajouter ici, ayant tout à fait sa place quant à la recherche de la notion de "religion ou sagesse" d'un point de vue étymologique et dans les différentes traditions.

Merci beaucoup !

ARCA

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: ines

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1150

La Sagesse " Hiératique."



Aussi bien, lorsque Sohrawardi et ses confréres emploient l' expression Hakim Ilahi, le " Sage divin " ou le " Sage de Dieu ", ce terme, rappelons le encore, est la transposition exacte du Grec Theosophos. La Hikmat Ilahiya, souvent la Hikmat tout court, c' est la Theo - Sophia, le mot étant entendu dans son acception étymologique. La " Théosophie Orientale " ( Ishraqiya ) c' est la Sagesse du Sage qui cumule a la fois la plus haute connaissance spéculative et la plus profonde expérience spirituelle, laquelle peut étre dite aussi étymologiquement spéculative, en ce sens qu' elle transmue l' étre du Sage en un Speculum, un pur miroir dans lequel se réfléchissent et qu' embrasent les pures Lumiéres se levant a l' Orient du monde spirituel. C' est sur cette base que sera fondée la hiérarchie des Sages " Orientaux."


Le Sage " Oriental " parfait est un Hakim Mota'Allih. Ce n' est pas simplement un mystique ayant une expérience du meme ordre que celle de beaucoup de mystiques dépourvus de formation philosophique, ou croyant que celle ci est superflue, voire dangereuse ; ce n' est pas seulement un philosophe comme beaucoup d' autres philosophes qui ignorent la mise en pratique spirituelle, la " Réalisation " personnelle de leur philosophie. L' expérience spirituelle intégrale de ce " Théosophe " , ce Sophos ou Sage de la Sophia divine, peut étre caractérisée comme Sophianique.


Henry Corbin.

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1181

ines écrit: ... l'expression Hakim Ilahi, le “Sage divin” ou le “Sage de Dieu”, ce terme, rappelons-le encore, est la transposition exacte du Grec Theosophos. La Hikmat Ilahiya, souvent la Hikmat tout court, c' est la Theo - Sophia, le mot étant entendu dans son acception étymologique.

Il existe un ouvrage rédigé en grec, Théosophie, rédigé par un auteur chrétien (traduction publiée chez Beya, dans Oracles et prophétie), dont voici un antique résumé (extrait) :

«Il a intitulé son ouvrage Théosophie (Sagesse de Dieu), ou parce que rendu sage par Dieu, il a été capable d'exposer cette matière; ou parce que son enseignement concerne les écrits mêmes qui traitent de la sagesse de Dieu; ou plutôt parce que les Grecs auraient été eux aussi rendus sages par Dieu».

On constate très souvent que ceux qui passent pour être sages se sont intéressés à toutes les traditions, là où les “sectaires” se contentent d'une seule tradition pour traiter les autres avec mépris.

J'ai mis le mot «sectaire» entre guillemets, car étymologiquement, un sectaire ou sectateur suit (du latin sequi, «suivre») un maître ou un enseignement, sans que cela implique la moindre connotation de sentiment de supériorité à l'égard d'autres traditions.

Pour répondre plus précisément aux questions d'Arca, un ancien Égyptien pouvait se qualifier, par exemple, de shemsou Her, «suivant (sectateur) d'Horus», mais cela impliquait-il le mépris pour celui qui se déclarait sectateur d'un autre dieu égyptien, voire d'un dieu appartenant à une tradition autre? je ne le crois pas.

Les sectes de la Grèce antique avaient comme maîtres Épicure, Pythagore, Platon, Zénon, etc. Et s'il est vrai que leurs membres critiquaient parfois les opinions de ceux se réclamant d'une autre école, ils mélangeaient tout aussi souvent, et allègrement, les enseignements des différentes sectes ou écoles, en se préoccupant plus de leur vérité que de leur provenance – parfois au grand désespoir des historiens modernes, qui s'arrachent les cheveux pour savoir si tel enseignement, chez Socrate, est stoïcien plutôt que pythagoricien, etc.

Dernière édition: par Athanase Lynxe.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: arca, Thalie, Le Fou du Roi, Apolline, Pantout, ines

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1285

Sur le terme de Sophia (sagesse), on peut dire que l'étymologie est de saph (habilité manuelle). Le mot sagesse en français vient de sapientia, sapere, goûter. Ces deux étymologies font donc bien référence à des connaissances sensibles et pas uniquement désincarnées !
Je crois me souvenir aussi que Corbin associait le mot "soufi" au grec "Sophia".
Il me semble évident que l'étymologie nous permet de mieux voir les liens entre les traditions ! Passionnant...

Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Herr Tripa, Le Fou du Roi, Pantout, ines

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Plus d'informations
#1310

Il convient alors d' approfondir techniquement le sens des termes dont fait usage Sohrawardi, quand il parle de ta'alloh comme désignant l' état spirituel du hakim mota' allih. Ce mot ta'alloh ( nom verbal de la racine ih a la cinquiéme forme ) connote le double sens de déification, théomorphe, et d' adoration, service de dévotion a l' égard de la divinité. On pourrait remarquer que sous son premier aspect il correspond a la theosis, terme en usage chez les mystiques Byzantins a la meme époque que Sohrawardi. Cependant, a méditer attentivement cette partie si caractéristique de son oeuvre que constituent ses " Récits d' initiation " et son " Livres d' heures " , on est sollicité d' en cerner les intentions en suivant la voie ou il nous a engagé lui meme, quand il s' est agi de préciser le sens du mot " Mages." L' approche peut en effet étre tentée ici en suivant la voie qu' il nous indique lui meme, lorsqu' il se référe a l' enseignement et aux cas exemplaires de Zoroastre et de Platon, deux noms qui , au niveau de sa " Théosophie Orientale " peuvent également se prononcer " Oracles chaldéens " et " Sages néoplatoniciens." Il semble en effet que sous le mot ta'alloh il y ait lieu d' entendre quelque chose qui est en consonance avec ce que les néoplatoniciens tardifs groupaient sous le nom de théurgie, le Sage mota'allih présentant maints traits communs avec celui qu' eux memes désignaient comme le Sage théurge, ou le " Hiératique." Aussi bien le " Hiératique " est il une catégorie qui encadre toute la vision Sohrawardienne du monde, ou chaque espéce est la " Théurgie ", l' oeuvre " Hiératique " de son Ange.


H.C.

Dernière édition: par ines.
Les utilisateur(s) suivant ont remercié: Athanase Lynxe, Le Fou du Roi, Trémolo, Pantout

Connexion ou Créer un compte pour participer à la conversation.

Temps de génération de la page : 0.384 secondes
Achat, Vente, Expertise de livres rares, anciens, épuisés, d'occasion et neufs spécialisés. La Librairie Arca s'inscrit dans la lignée des librairies traditionnelles.
Les visites à la librairie se font uniquement sur rendez-vous, qui seront pris de préférence par e-mail en utilisant ce formulaire ou par telephone au +32 (0)479474542
Nous cherchons en permanence pour achat des livres rares en lot ou à la pièce. N’hésitez pas à nous contacter pour une expertise gratuite.

Site Web Suivi par Le docteur web