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Écrit par : Apulée -
H. Clouard (trad.)
Titre :  Apologie - Florides
- Traités philosophiques
Date de parution : 1933
Éditeur : Garnier
 
 
 
 

Apulée, Apologie – Florides – Traités philosophiques, trad. H. Clouard, Garnier, Paris, 1933, XIV + 490 pp.

 

Ce volume contient tous les ouvrages conservés d’Apulée à l’exception de L’Âne d’or.

L’Apologie est d’une lecture agréable. Il s’agit de la plaidoirie prononcée par l’auteur accusé d’avoir eu recours à la magie pour épouser une veuve âgée et riche. On y apprend bien des choses sur la vie d’Apulée et sur sa conception de la magie. Quelques rebondissements donnent au discours presque des allures de roman d’intrigue. Il y a surtout cette lettre apparemment accablante, de la main de sa nouvelle épouse, où celle-ci, apprenant que son mari est publiquement accusé d’avoir obtenu sa main par des procédés magiques, écrit textuellement à son fils aîné : «Apulée est magicien, il m’a ensorcelé, et je l’aime. Viens donc à mon secours, avant que j’aie perdu la raison.» (p. 147) La manière dont l’auteur démonte ce témoignage clé est surprenante. Il y a tout lieu de croire, avec les historiens, qu’à la fin du procès, il a été à juste titre blanchi et acquitté.

Florides est un recueil, une sorte de florilège, d’extraits de discours dont l’intérêt nous paraît moindre.

Il n’en est pas de même pour les Traités philosophiques, résumés de la pensée de Platon, d’Aristote, des stoïciens, relative à tel ou tel élément doctrinal (les dieux, le monde, le syllogisme). C’est surtout le traité Du Démon [ou : Du Dieu] de Socrate qui est intéressant et constitue un beau protreptique à la philosophie.

Dans la présente édition, il est dommage de voir les mots grecs cités par Apulée souvent écorchés, ainsi qu’à la p. 46, le terme magnum («grand»), qui doit être corrigé en magum («mage»). La traduction a du mal avec les noms propres : le prince africain Massinissa devient Massinina (p. 43), le tragédien Sophocle se transforme en Socrate (p. VIII), et le nom de Scipion dont Apulée s’apprête à faire l’éloge a disparu du texte français (p. 243) !

Deux coquilles, enfin, donnent lieu à de regrettables contre-sens : à la fin de la p. 55, il est écrit «poisson» au lieu de «poison», ce qui embrouille le sens du passage où Apulée tente de montrer que le poisson, précisément, n’est jamais employé en magie ni, a fortiori, dans quelque préparation de poison ; et à la p. 321, suite à une malheureuse omission, on lit : «Le temps est l’image de l’éternité ; mais il est de nature fixe et immobile» ; il faut compléter : «Le temps est l’image de l’éternité ; mais il se meut, alors que l’éternité est de nature fixe et immobile».

Pour conclure, voici plusieurs citations intéressantes :

«J’ai été initié en Grèce à la plupart des religions. Des symboles et des souvenirs m’ont été donnés par des prêtres et je les garde pieusement. Il n’y a là rien d’extraordinaire, rien d’inouï. Je m’adresse à vous, initiés au culte de Bacchus qui vous trouvez dans l’assemblée ; vous savez ce que vous conservez caché chez vous, loin de tout profane et ce que vous vénérez en silence.» (p. 101)

«Il y a de ces gens qui aiment mieux calomnier le mérite que de le prendre pour modèle et qui, par désespoir de ne pouvoir l’imiter, affectent de le haïr.» (p. 205)

«À grand-peine les sages, lorsque la vigueur de l’âme (animi), autant que faire se peut, les a détachés du corps, arrivent à contempler cette puissance divine [intellectum huius dei, litt. «l’intellect de ce dieu»] (encore est-ce comme le trait rapide et étincelant (coruscamine) de l’éclair dans les plus épaisses ténèbres).» (p. 271)

«En un certain sens, l’âme (animus) humaine, même prisonnière du corps, s’appelle daïmon. […] Dans notre langue, je ne sais s’il peut y avoir un équivalent, mais je me risquerai à employer le mot genius, “génie”. Car le dieu, qui est notre âme (animus), tout immortel qu’il soit, naît (gignitur) cependant, pour ainsi dire, avec nous : en sorte que les prières adressées au genius et à la genita me paraissent témoigner de notre double nature, enfermant dans ces deux noms le corps et l’âme (animus) dont l’assemblage et l’union nous composent. En un second sens, le démon est l’âme (animus) humaine qui, ayant fait son temps de service terrestre, abjure l’union corporelle : c’est ce que, dans la vieille langue latine, je trouve sous le nom de lemur, “lémure”. Parmi ces lémures, il en est qui ont pour fonction de veiller sur leur postérité, qui sont la divinité pacifique et protectrice de la famille : ceux-là s’appelle les lares, “lares”, familiers ; ceux que les fautes de leur vie condamnent à ne pouvoir se reposer en nul heureux séjour, à errer au hasard, comme en exil, à devenir le vain effroi des bons, le fléau des méchants, ceux-là portent généralement le nom de larvae, “larves”. Il arrive qu’on distingue mal leur destination respective et qu’on ne sache s’ils sont lares ou larves ; on les réunit alors sous l’unique nom de manes dei, “dieux mânes” ; à vrai dire, c’est à titre d’honneur que le mot “dieu” est ici ajouté. Car seuls s’appellent “dieux” les puissances de cette classe qui ont conduit leur vie avec justice et sagesse, qui ont été ensuite divinisées par les hommes et sont devenus objet du culte public : ainsi Amphiaraüs en Béotie, Mopsus en Afrique, Osiris en Égypte, un tel en tel pays, tel autre en tel autre, Esculape partout.» (pp. 289 et 291)

«Loi divine est le destin (fatum), par qui s’accomplissent les inévitables desseins et volontés de Dieu.» (p. 325)

«Il faut regarder la philosophie comme un état de mort (mortis affectum), comme une accoutumance à mourir.» (p. 365)

«Le sage, dirons-nous donc, est le servant de Dieu et son imitateur ; il marche sur les traces de Dieu. Tel est le sens de ›pou Qeó [«Suis Dieu !»]. (p. 369)

«Des prophètes, emplis de la majesté des dieux, révèlent au reste des hommes les visions dont ils sont seuls à jouir par privilège divin.» (pp. 381 et 383)

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