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  • Sophocle | Les Trachiniennes, Antigone (tome 1) | Paris, Les Belles Lettres, 1955
Écrit par : Eschyle
Titre :  Agamemnon,
Les Choéphores,
Les Euménides
Date de parution : 1983
Éditeur : Les Belles Lettres
 
 
 
 

Eschyle, Agamemnon, Les Choéphores, Les Euménides, Les Belles Lettres, Paris, 1983, 174 pp.

Ce deuxième tome contient une trilogie complète : les trois pièces, réunies sous le titre d’Orestie, traitent respectivement de la mort violente d’Agamemnon revenu en Grèce après sa victoire sur la ville de Troie, et victime de la traîtrise de son épouse Clytemnestre aidée par son amant Égisthe ; de la vengeance exercée contre eux par Oreste, fils d’Agamemnon, rentré clandestinement dans sa patrie où il peut compter sur l’appui de sa sœur Électre et des choéphores, servantes responsables des libations destinées à son père défunt ; enfin, des Érinyes, ou Furies, terribles déesses qui persécutent sans relâche le parricide Oreste, avant de se laisser adoucir pour devenir les Euménides, les «Bienveillantes».

Eschyle est ici au sommet de son art : avec le Prométhée enchaîné, l’Orestie est ce qu’il a composé de plus saisissant. Du point de vue de la dramaturgie, Agamemnon est exemplaire ; on a d’ailleurs toujours intérêt à lire les tragédies grecques en ignorant les résumés qui en dévoilent le dénouement !

Mais lire les pièces d’Eschyle, et des autres tragédiens grecs, en n’y considérant que l’intrigue et le beau langage, ce serait lire en rustre. Hélas ! les commentaires qui vont au-delà de l’aspect purement poétique ou littéraire, historique et moral de ces chefs-d’œuvre sont extrêmement rares.

Nous aimerions suggérer ici quelques pistes de réflexion, appuyées de citations qui, autrement, risqueraient de rester lettre morte. Car le poète ne laisse-t-il pas çà et là entendre qu’il manie un double langage ? «Moi, si je parle à ceux qui savent, pour les autres [litt. “pour ceux qui ne savent pas”], exprès, j’oublie tout.» (Agamemnon, 38 et 39)

Ainsi, le veilleur qui attend impatiemment le signal convenu du feu qui, allumé sur une lointaine montagne, doit annoncer le retour d’Agamemnon, en parle en ces termes : «Ah ! puisse donc […] le feu messager de joie illuminer les ténèbres !» (Agamemnon, 20 et 21)

Le texte dit plus exactement : «Puisse le feu ténébreux (Ñrfna…ou) messager de joie (eÙagglou) apparaître !» Ce feu évangélique – le terme eÙagglou est repris au v. 475 – semble donc être un feu obscur. C’est aussi un feu qui parle : il produit une parole (f£tij ou b£xij, cf. vv. 9, 10 et 477). On ne peut s’empêcher de penser au buisson ardent d’où la parole du Seigneur est adressée à Moïse ; ou au célèbre l’oracle chaldaïque : «Écoute la voix du feu !»

Quant aux terrifiantes et haineuses Érinyes (la tradition rapporte qu’à l’époque, leur apparition sur scène avait suscité l’épouvante parmi les spectateurs !), il serait intéressant de comparer leur rôle dans le drame humain avec celui de Satan :

«Qui n’a point su se concilier ces divinités terribles, ne peut comprendre d’où viennent les coups qui s’abattent sur sa vie. Ce sont les crimes de ses pères qui le traînent devant elles, et un trépas muet, en dépit de son fier langage, l’anéantit sous leur implacable courroux.» (Les Euménides, 931 à 936)

Or Jésus ne conseille-t-il pas de se réconcilier avec son ennemi ? Et l’ange déchu, une fois béni, n’est-il pas susceptible de bénir à son tour ? Après la longue plaidoirie d’Athéna en faveur d’Oreste, une des Érinyes finit par dire :

«Tu charmes mon courroux : je renonce à ma haine.» (Les Euménides, 900)

 «La puissance est grande de l’auguste Érinys, auprès des Immortels comme auprès des dieux infernaux ; et, pour les hommes, ce sont elles qui, clairement et pleinement, aux uns donnent les chansons, aux autres une vie embuée de larmes.» (Les Euménides, 950 à 955)

«De ces visages effrayants je vois pour ce peuple sortir un splendide avantage. Si votre amour à leur amour répond par d’éclatants et d’éternels hommages, vous vous montrerez, tous ensemble, menant votre pays, votre peuple, par les chemins de la droite justice.» (Les Euménides, 989 à 995)

Concluons par deux autres citations, dont la première pourrait être mise en rapport avec l’image (ou l’ombre) et la ressemblance (ou le dessin) qui, selon la tradition judéo-chrétienne, ont été séparées dans l’homme déchu :

 «Ah ! triste sort des hommes ! Leur bonheur est pareil à un croquis léger (ski£, litt. «une ombre») ; vient le malheur : trois coups d’éponge humide, c’en est fait du dessin (graf»n) !» (Agamemnon, 1326 à 1329)

«Hadès, sous la terre, exige des humains de terribles comptes, et son âme, qui voit tout, de tout garde fidèle empreinte.» (Les Euménides, 273 à 275)

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