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  • Bebescourt | Les mystères du christianisme approfondis ... | Londres, Galabin et Backer, 1775
Écrit par : F. Bovon - P. Geoltrain (dir.)
Titre :  Écrits apocryphes chrétiens
Date de parution : 1997
Éditeur : Gallimard - La Pléiade

 

F. Bovon, P. Geoltrain (dir.), Écrits apocryphes chrétiens, t. I, Gallimard, 1997, LXVI + 1782 pp.

La Bibliothèque de la Pléiade a réuni, en deux tomes, un très grand nombre d’écrits apocryphes chrétiens, au contenu extrêmement riche et diversifié.

Le terme «apocryphe» («caché») traîne derrière lui une longue histoire de suspicion ou d’incompréhension. En fait, il désigne tout écrit non canonique, c’est-à-dire ne faisant pas partie de la Bible, et donc non lu dans l’Église, mettant en scène des personnages du Nouveau Testament, et offrant un enseignement chrétien. Certains de ces écrits ont été condamnés par tel ou tel Père de l’Église, mais beaucoup d’entre eux ont bénéficié d’une popularité indiscutable. Sans eux, nombre d’éléments rencontrés dans les peintures chrétiennes, par exemple, seraient tout simplement incompréhensibles.

La littérature apocryphe a été très florissante, au point que les quelque 3.500 pages des deux tomes n’en proposent qu’un choix, représentatif sans doute, mais certainement pas exhaustif.

Le premier tome comprend globalement les écrits les plus anciens, à l’exception de ceux de Nag Hammadi (encore que l’Évangile selon Thomas ait été ici retenu). On y trouve entre autres : le Protévangile de Jacques, l’Évangile de l’enfance, le Livre de la nativité de Marie, la Dormition de Marie, l’Évangile de Pierre, etc.

Les Actes (d’André, de Jean, de Pierre, etc.) contiennent des longueurs, il faut le reconnaître – jusqu’à ce qu’on tombe brusquement sur tel ou tel passage curieux et intéressant, parmi lesquels il convient de nommer, bien sûr, le fameux « Hymne de la perle », dans les Actes de Thomas.

Les opuscules nous instruisent aussi des origines du christianisme. On lit ainsi dans l’«Introduction» à l’Évangile secret de Marc :

« Clément fait savoir… que Marc lui-même a publié successivement son Évangile sous deux formes, pour des auditeurs différents. Il a d’abord mis par écrit, à Rome, une partie des “actes du Seigneur”, destinés à nourrir la foi des catéchumènes. Dans une seconde version, rédigée à Alexandrie, il a ajouté à son ouvrage certains actes et certaines paroles, de caractère “mystérieux” ou “secret”, dont la lecture est réservée aux chrétiens plus avancés dans la connaissance, à “ceux qui ont été initiés aux grands mystères”. » (p. 57 et 58)

Pour conclure la présentation de ce premier tome, voici un petit florilège de citations :

« Que celui qui cherche ne cesse pas de chercher, jusqu’à ce qu’il trouve. » (p. 33)

« Barthélemy lui demanda : “Qu’est-ce que le péché contre le Saint-Esprit ?” Jésus lui répondit : “Quiconque a proféré une parole contre tout homme qui s’est mis au service de mon Père saint a blasphémé contre l’Esprit saint. Car tout homme qui sert Dieu avec vénération est digne de l’Esprit saint, mais il ne sera pas pardonné à celui qui dit contre cet homme quelque chose de mal.” » (p. 294)

« Les apôtres se levèrent et embrassèrent le flanc de Jésus. Ils prirent de son sang vivant, qui s’écoulait de son flanc, et ils se signèrent avec lui. […] Alors, Thomas étendit son doigt, prit du sang qui s’écoulait du flanc du Fils de Dieu et s’en signa. Le Sauveur prit la parole et dit à tous les apôtres : “Voici, mon sang divin s’est uni à votre corps, et vous êtes devenus divins, vous aussi, comme moi. Voici, je suis avec vous jusqu’à la fin du monde.” » (p. 346, 347 et 355)

« Toi, tu as ordonné à tes anges de se prosterner devant Adam, mais celui qui était le premier des anges n’a pas écouté ton ordre et ne s’est pas prosterné devant lui ; et toi, tu l’as chassé parce qu’il a transgressé ton ordre et qu’il ne s’est pas avancé vers l’œuvre qu’ont façonnée tes mains. » (p. 583)

« Unique est la voie où passent tous ceux qui s’en vont vers Dieu. » (p. 793)

« Dieu a plus d’amour pour un seul juste que pour tout un monde d’impies. » (p. 826)

« Tout ce pour quoi notre Seigneur est venu dans le monde, c’est pour nous enseigner et nous démontrer qu’à la consommation de la création il y aura une résurrection de tous les hommes et qu’à ce moment-là leurs conduites seront dépeintes sur leurs personnes et que leurs corps seront les rouleaux des registres de justice. Là, personne qui ne sache l’art d’écrire, puisque chacun ce jour-là lira les écrits de son propre livre et fera le compte de ses actions sur les doigts de ses mains.» (p. 1503)

 

P. Geoltrain, J.-D. Kaestli (dir.), Écrits apocryphes chrétiens, t. II, Gallimard, 2005, L + 2158 pp.

Le contenu du deuxième volume est peut-être plus inégal. On offre sans doute au lecteur un aperçu général et objectif de la littérature apocryphe plus tardive, mais certains écrits, d’après l’aveu même des traducteurs, ne proposent pas nécessairement des enseignements ou renseignements originaux, profonds ou autrement intéressants ; parfois même, la platitude y prédomine.

Heureusement, sur les quelque deux mille pages, les 800 dernières contiennent les deux versions, distinctes mais complémentaires, d’un roman (faussement) attribué à saint Clément de Rome, intitulé en grec Homélies et en latin Reconnaissances, où l’on trouve un enseignement chrétien fort intéressant, parfois étonnant, çà et là très proche de la tradition juive, généralement mis dans la bouche de saint Pierre, et qui remonte probablement aux origines mêmes du christianisme. La lecture en est agréable : comme il se doit, le roman est plein de rebondissements. Nous y trouvons un Pierre original, instruit, non dépourvu d’humour, assez éloigné de l’image qu’on se forge de lui d’après d’autres sources. Rien que pour ce roman, le second volume des Écrits apocryphes chrétiens vaut la peine d’être lu !

Quelques extraits :

« Ne vous ai-je pas dit : “Bienheureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru, plus que ceux qui ont vu et qui n’ont pas cru” ? » (p. 116)

« Il était équitable que celui qui avait vaincu le fils d’une vierge fût vaincu par le fils d’une vierge. […] Le premier homme fut donc nommé Adam. Il fut fait de terre ; or la terre dont il fut fait était vierge, parce qu’elle n’avait pas été souillée par le sang de l’homme et n’avait pas été ouverte pour enterrer un mort. » (p. 801)

« La jalousie est née dans cet ange [Satan] parce qu’il a vu que dans l’homme il y avait l’image de Dieu. » (p. 821)

« Si donc, dit Pierre, il y a du vrai et du faux dans les Écritures, notre Maître a raison de nous dire : “Soyez des changeurs éprouvés”, par allusion aux paroles des Écritures dont les unes sont de bon aloi et les autres de mauvais aloi. À ceux qui erraient du fait des fausses Écritures, il a bien montré la cause de leur égarement : “Vous vous trompez, parce que vous ne connaissez pas le vrai des Écritures ; pour cette raison, vous ignorez aussi la puissance de Dieu”. » (p. 1275 et 1276)

« Si quelqu’un veut exprimer une autre opinion, il pourra lui aussi fournir, en les tirant des Écritures, les preuves qu’il veut, comme il veut. Car les Écritures disent tout ; ainsi ne trouvera-t-on jamais le vrai, mais ce qu’on veut, si l’on cherche sans bon esprit, la vérité étant réservée aux gens de bon esprit. » (p. 1282)

« Quelqu’un qui a été jugé digne de connaître les deux maîtres [Moïse et Jésus] en comprenant qu’ils proclament l’un et l’autre le même enseignement, compte comme un homme riche devant Dieu, parce qu’il a compris que l’ancien est récent dans le temps, et que le nouveau est antique. » (p. 1377 et 1378)

« Tournez-vous donc hardiment vers Dieu, vous qui avez été créés dès le principe pour être les maîtres et seigneurs de toutes choses, vous qui portez dans votre corps l’image de Dieu, comme vous portez dans votre intellect la ressemblance de sa pensée. » (p. 1406)

« Le corps humain porte en lui l’image de Dieu ; or tous ne possèdent plus la ressemblance, mais seul l’intellect pur d’une âme bonne [la possède]. » (p. 1422)

« Après ce discours, Pierre me révéla qui était ce prophète [le vrai Prophète] et comment on pouvait le trouver, avec tant de netteté et de clarté que j’avais l’impression d’avoir devant les yeux et de toucher de mes mains les preuves concernant la vérité prophétique et que j’étais frappé d’un immense étonnement, me demandant comment personne ne voit, quoique l’ayant sous les yeux, ce que tout le monde cherche. » (p. 1641)

« Ces choses ont été sans doute dites, mais n’ont pas été clairement exprimées par écrit, de sorte que, lorsqu’on les lit, on ne peut les comprendre sans l’aide d’un commentateur, à cause du péché qui a crû avec les hommes ». (p. 1645)

« Telles sont les absurdités, Simon, qu’ont l’habitude d’imaginer contre Dieu ceux qui lisent la Loi sans que des maîtres la leur transmettent, mais qui n’ont qu’eux-mêmes pour précepteurs et qui s’estiment capables de comprendre la Loi sans qu’elle leur soit expliquée par celui qui a reçu l’enseignement d’un maître. » (p. 1723)

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