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Pourquoi étudier l'hébreu biblique ?

En guise d’introduction :

J’écris ces lignes, en écoutant un compact disc de musique sacrée. Cela ne peut mieux tomber car c’est bien pour moi le symbole de la question qui me parait essentielle: comment ce qui a été séparé peut-il être réuni ? Mais plus humblement : faisons-nous cette expérience à des niveaux divers? Et quand elle a lieu, faisons-nous le rapprochement avec l’œuvre divine de régénération de l’homme ?

Mais, ne multiplions pas les questions avant l’heure et revenons à nos moutons …

La musique sacrée a bercé toute mon enfance, sans que je le conscientise. Je ne l’ai d’ailleurs réalisé que lorsqu’après être devenu papa quatre fois et avoir peiné pour survivre dans cette jungle en essayant de joindre les deux bouts, je sois attiré par d’autres choses et une nostalgie m’envahisse. La rencontre avec la tradition et sa vivante manifestation par Elouiah et EH fit  fonction de « et lux fiat » ! Je me remis à écouter de la musique sacrée, dès le matin, pour bientôt ne plus pouvoir m’en passer et me demander dans quel « enfer assourdissant » j’avais passé mon temps les 12 dernières années. Le retour de la musique sacrée a été pour moi comme un juste retour. Imaginez-vous le chevalier, parti depuis longtemps en bataille, ayant laissé sa douce, qui, sur le chemin du retour, entend le chant de sa dulcinée et dont le cœur s’emballe de la joie et du bonheur retrouvés, d’une séparation qui touche bientôt à sa fin. Voilà le genre de sentiment qui m’a envahi et ne me quitte plus depuis.

C’est depuis cette enfance qu’une phrase, probablement présomptueuse et qui est le fruit pur d’une intuition – souvent bien inspirée cependant – est sortie de ma bouche pour être resservie plusieurs fois ensuite, à des moments divers, sans pour autant que je mesure, au moment même, la portée de son contenu. Voici la phrase : « Un jour, je ferai de la bible mon livre de chevet et, si possible, je la lirai dans le texte ! ». Je voulais dire par cela, qu’il n’était pas tout à fait sérieux de se prétendre croyant et de ne pas lire le texte fondateur au moins une fois, en entier et dans sa langue originelle.

Quasi simultanément avec le retour de la musique sacrée (première expérience – que je citerai - de la réunification de ce qui avait été séparé), l’occasion m’a été donnée d’apprendre l’hébreu biblique, le soir, en semaine, une fois par mois, gratuitement et à moins de dix kilomètres de chez moi. Nous avons démarré ce cours à dix-neuf et nous l’avons terminé à trois étudiants la première année. Les trois mêmes étudiants continuèrent la seconde année de cours qui prépare au prochain cours d’exégèse des textes bibliques et commentaires cabalistiques.

J’avais pourtant cru y échapper en ne travaillant pas et en formulant une excuse “bidon”, du style: “je suis affreusement gêné par rapport à toi (le professeur) et par rapport aux autres élèves!”. Pourtant le professeur, sagace instrument de la providence, déclama la formule magique: “Tu sais, d’autres étudiants viennent en touriste”. Ainsi, je perdis tous mes complexes et décidai également de continuer en tant que “touriste”.

C’était compter sans l’effet enivrant et addictif de l’étude de l’hébreu qui, à un cerveau formaté au latin et au grec, est comme une chasse au trésor où les énigmes pointent leur nez à chaque tournant, c’est-à-dire à chaque leçon. J’étais cuit! Le venin s’écoula dans mes veines et s’incrusta au plus profond de mes tissus charnels pour opérer une lente mais irréversible transformation.

Le temps a passé et j’ai rejoint le cours d’exégèse des textes bibliques et commentaires cabalistiques. Depuis, la question du « pourquoi étudier l’hébreu biblique ? » m’est fréquemment posée et sans dessein préalable, au fil des réponses, une quantité d’arguments – mais le mot est peut-être mal choisi, peut-être faudrait-il utiliser le terme d’ « expériences » – vient alimenter mon moulin.

Lorsque l’occasion s’est présentée d’enseigner moi-même l’hébreu aux débutants, je n’ai pas hésité et en guise de premier héritage, scellant ma gratitude envers ceux qui m’ont donné plus que ce que je ne pourrai jamais rendre – à moins d’être béni – j’ai rassemblé ici les diverses expériences qui, à mon humble avis, donnent au lecteur quelques réponses à la question « pourquoi étudier l’hébreu biblique ». Puisse cet écrit contribuer à l’œuvre du Très Haut, que lorsque le semeur sort semer ses graines, celles-ci atterrissent sur du sol fertile et germent pour la gloire de notre bon Seigneur.

 

1. L’hébreu biblique permet de renouer avec l’ancien testament, l’ancêtre pauvre du Chrétien.

Si, comme moi, vous avez suivi le catéchisme et que votre enfance a été, entre autre, bercée par les histoires de Zaché, de l’aveugle, du lépreux, de la multiplication des pains etc. il n’en va pas de même des histoires de Jacob et d’Esaü, des multiples femmes ou aventures des patriarches, des prophètes et de leurs actions … En clair, excepté Moïse qui ouvrit la mer avec l’aide de Dieu pour laisser passer le peuple élu et ensuite ensevelir l’armée égyptienne, les références au nouveau testament, et en particulier les évangiles, dans notre éducation catholique étaient bien plus nombreuses que les références à l’ancien testament. Ce dernier, pourtant bien plus volumineux que le nouveau testament,  ne servant principalement que de « preuve » à l’affirmation : le Christ fut annoncé par les différents prophètes, il est venu comme ils l’ont annoncé, cqfd. Repris dans un sens chronologique, cela se comprend : les prophètes venus en premier, le christ ensuite, c’est donc bien de lui qu’ils parlent, non ? Mais lisant le nouveau testament, la similitude, pour ne pas dire l’équivalence, entre celui-ci et l’ancien testament est telle que si nous abandonnions un instant le postulat que l’un vient d’abord et l’autre ensuite, nous serions en peine d’attribuer les bonnes paroles à la bonne source.

N’est-ce pas Jésus lui-même qui déclara : « Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé »[1] ? Mais alors, si ce qui vient ensuite n’ajoute pas quelque chose, quelle importance attribuer à l’ordre chronologique ? Jésus n’est pas l’aboutissement d’un progrès chronologique - qui donc permettrait qu’une version encore plus aboutie puisse voir le jour et détrône notre Jésus Christ, Fils de Dieu ? – mais il est Jeschoua (voir plus loin celui qui réunit le haut et le bas, les deux parties divines) oint, Fils de Dieu, accomplissant les écritures, prouvant ainsi qu’elles sont vraies et comprennent la vérité, qu’elles datent d’avant ou d’après. Dans ce cas, lire l’ancien testament et ses commentaires en hébreu revient à lire la même vérité vraie que celle comprise dans le nouveau testament.

La tradition hébraïque résout cette question très simplement : « la vérité sacrée n’est pas soumise au temps »[2].

Un sadducéen dit à Rabbi Abahou : Il est écrit : « Cantique de David, lorsqu’il s’enfuit à cause d’Absalon, son fils » (Psaumes III,1). Il est aussi écrit : « De David, chant dans sa fuite à cause de Saül, dans la caverne » (Psaumes LVII, 1). Quel événement s’est produit en premier ? N’est-ce pas l’événement où il est question de Saül ? On aurait donc dû l’écrire d’abord ! Il lui répondit : Pour vous qui commentez l’écriture sans être reliés, c’est un cas difficile. Mais nous, nous commentons l’écriture en étant reliés, et cela n’est pas pour nous une difficulté. Et selon Rabbi Iohanan : Où trouvons-nous « reliés » dans la Torah ? Là où il est écrit : «Reliés pour toujours à l’éternité, faits en vérité et droiture » (Psaumes CXI, 8).

C’est comme si nous disions : Nous avons fait la jonction et tout est un éternel présent. Pour nous le Sinaï et les Apôtres sont contemporains. Il n’y a pas un avant et un après. Nous sommes reliés à l’Esprit-Saint.

Et pour donner raison à Cervantès qui affirmait qu’ « on ne peut passer à aucune science si ce n’est par la porte de la grammaire »[3], voici comment, en quelques exemples, dans la grammaire hébraïque, l’intemporalité de cette vérité  est logée de manière intrinsèque[4]:

-       Le Nom de Dieu, Iehovah (יהוה), le tétragramme, est constitué de la réunion des trois temps grammaticaux du verbe être : le futur ihieh (יהיה), « sera », le présent hoveh (הווה), « est », le passé haiah (היה), « fut ». Telle est l’histoire sacrée, le temps de l’être qui est passé, présent et futur[5].

-       En hébreu, la conjonction de coordination « et » se traduit par la lettre vav (ו), sixième lettre de l’alphabet. Cette lettre se colle au mot qu’elle relie. Dans la Torah, lorsque le vav est attaché à un verbe, il en change généralement le temps … C’est ce qu’on appelle le vav conversif[6]. Si donc il est écrit, « et il sera » (ויהיה), cela signifie en réalité : « et il fut »[7]. Cette sixième lettre, de valeur 6, est donc la lettre du présent car toutes choses se trouvent réalisées au sixième jour.

En conclusion de ce chapitre, voici quelques exemples de citations et de commentaires afin de vous permettre d’expérimenter par vous-même notre propos (la source de la citation se trouve en bas de page):

« Voici celui dont je disais : l’homme qui vient derrière moi, a passé devant moi, parce qu’il était avant moi »[8], ou, en d’autres termes, « voici celui dont je disais : celui qui est le futur (qui sera), est le présent (qui est), parce qu’il est le passé (qui était). »

« Je suis tout ce qui a été, tout ce qui est et tout ce qui sera, et mon voile jamais aucun mortel ne l’a encore soulevé. Le fruit que j’ai engendré a été le soleil »[9].

« La lettre tue et l’esprit vivifie »[10], ou, en d’autres termes, la lettre (l’alphabet hébreu n’étant composé que de consonnes) est un corps mort, un cadavre, une pierre dure et sèche qui est immobile et ne produit aucun son (comme une flûte). Dès que l’on vocalise ces mêmes lettres, c’est-à-dire que l’on « dit » le texte, on y insuffle un esprit qui donne à la lettre un son[11] (comme lorsque l’on souffle dans la flûte). Ce son, pour autant que l’esprit ait été l’Esprit-Saint, donne ainsi vie à ce cadavre, il le vivifie ! Ce don de l’Esprit-Saint qui permet de revivifier la lettre morte est le don de la Cabale. Le Cabaliste sait dire le texte de manière vivante, il sait comment dire le texte et ainsi révéler le secret qui s’y loge. Pour ne pas le mettre à nu aux indignes il sait comment taire le texte et ainsi perpétuer le secret en le re-voilant (révéler veut dire re-voiler), sauf pour les autres Cabalistes qui reconnaîtront tout de suite un semblable, ayant accompli l’union du ciel et de la terre … Pour nous, les commentaires d’un Cabaliste sont donc le seuil devant une porte qui reste close tant que nous n’en « recevons » pas la clé. Mais demeurer sur le seuil de la porte n’est déjà pas si mal …

 

2. L’hébreu biblique permet de comprendre la filiation autrement, une compréhension qui transcende la distinction des deux testaments.

Joseph, fils de Jacob et préféré de la fratrie, est jalousé par ses frères qui finissent par le jeter dans un puit. Après moultes péripéties, ce dernier finit en Egypte où, après avoir interprété les songes du pharaon prédisant les 7 années grasses et ensuite les 7 années maigres, il y gagne la place d’honneur et administre, à la place du Pharaon, l’entièreté du royaume. Personne dans sa famille ne sait qu’il est vivant et plus encore, qu’il occupe cette place privilégiée en Egypte. Lorsque les 7 années maigres arrivent et que la famine fait rage partout, y compris au pays de Canaan, Jacob, le patriarche, envoie ses fils acheter du blé en Egypte. Là, ils se trouvent face à Joseph mais personne ne le reconnaît. Celui-ci leur tend un piège et les accuse de vols. Pour s’en sortir, ces derniers doivent faire venir leur père, Jacob, en Egypte. En guise de garantie Joseph retient le petit dernier des frères, Benjamin. Jacob, averti par ses fils, « descendra » en Egypte, où Joseph l’accueillera en grande pompe, ce qui vaudra une belle scène de retrouvaille pleine d’allusions …

L’Egypte, mitsraïm (מצרים) de la racine tsar (צר), serrer, être à l’étroit, c’est le pays de l’angoisse où l’âme – de nature divine -  est en exil. L’Egypte, c’est ce monde ci, olam hazè (עולם הזה), « corruptible et régi par les astres »[12]. Le premier à subir cette terrible expérience, c’est Joseph. Il sera séparé de son père, Jacob et sorti du pays de Canaan. En Egypte, Joseph est d’abord le plus humble des humbles, se retrouve même en prison, pour finalement se dresser petit à petit et supplanter le Pharaon. A ce moment-là, Joseph provoque la descente de son père, Jacob, qui lui, pour rien au monde ne souhaite aller en Egypte. Le second, à subir cette terrible expérience est donc Jacob, le père de Joseph. Lorsque Joseph et Jacob se retrouvent en chemin, l’émotion est telle que Jacob dit qu’il lui est maintenant loisible de mourir, maintenant qu’il a retrouvé son fils, Joseph.

Ce qui nous semble être une émouvante retrouvaille est assurément la réunification de ce qui avait été séparé. La séparation est violente (c’est la chute d’Adam), le destin de celui qui descend en Egypte, de celui qui va « en bas » est terrible, il est en exil, humilié au plus profond de ce monde et son vœu le plus cher est de retrouver sa patrie (terre de ses pères …). Pour cela il doit attirer celui qui n’y est pas, celui qui est « en haut » jusqu’ici. Pour y arriver il doit croître et finir par supplanter le roi de ce monde (ou le prince de ce monde qui n’est autre que Satan). Pour celui qui est « en haut », ce n’est pas une partie de plaisir car il sait qu’il va au pays de l’angoisse. Seulement, il désire retrouver son fils, duquel il a été séparé. Ainsi, celui qui est « en haut », fait le pari, comme un amoureux, qu’il se portera mieux du fait de descendre[13]. Il descend par amour, pour un être cher. La sagesse paysanne ne prétend-elle pas que pour faire monter la vache dans le van, il faut d’abord y faire monter le veau et qu’ensuite la vache, sa mère, suivra facilement.

Le père, Jacob, et le fils, Joseph, ne sont pas les êtres reliés par le sang mais reliés par leur expérience. Celle de la réunification de ce qui avait été séparé, la réunification de ce qui est « en haut » avec ce qui est « en bas ». Ces deux parties étant « une » au départ, elles ne refont qu’ « une », une fois réunies. Cette expérience serait universelle et est citée maintes fois dans différents contextes :

« Celui qui me voit, voit celui qui m’a envoyé »[14].

« Celui qui me voit, voit aussi mon père »[15].

« … le Père qui demeure en moi, c'est lui qui fait les œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi … »[16].

« Je ne vis plus, c’est le Christ qui vit en moi »[17].

« Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas pour faire les miracles d’une seule chose »[18].

« La voie du ciel [le Tao] est semblable à l'archer qui, en tendant son arc, abaisse ce qui est haut et élève ce qui est bas »[19].

« Si nous joignons le plus bas avec le plus haut, par l’intermédiaire du plus moyen, nous obtiendrons l’origine et la fin de tout ce qui a été, de tout ce qui est et de tout ce qui sera »[20].

Cette expérience relie tous ceux qui l’ont vécue quelle que soit le lieu et le moment de leur passage dans ce monde. La terminologie père et fils, revêt ici donc un tout autre sens que le lien charnel ou sanguin du langage courant. La filiation est ici celle de la tradition, c.-à-d. du secret de la régénération qui doit être reçu de Dieu. Ce don est celui de la Cabale. En d’autres termes, le Cabaliste est celui qui relie le ciel et la terre, qui réunit ce qui est « en haut » avec ce qui est « en bas ». Les Hébreux, les Chrétiens, les Grecs, les Taoïstes et les Egyptiens pour ne citer qu’eux, semblent tous d’accord sur cette question. Il semble donc bien que, quel que soit le temps et quel que soit le lieu, « la Cabale existe dans chaque filiation traditionnelle »[21].

St Jean dans son prologue établit clairement cette filiation : « Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés »[22]. Reformulé, cela donnerait: « A ceux qui sont nés de Dieu, qui croient en son nom et l’ont reçu et qui ne sont donc pas nés du sang, de la chair ou de la volonté de l’homme, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ! ». Peut-on trouver un manuel plus clair pour devenir « enfants de Dieu » ?

C’est pourtant la question qui taraude Nicodème dans son entretien avec Jésus : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il entrer une deuxième fois dans le sein de sa mère et renaître ? » Jésus répondit : « Amen, amen, je te le dis : personne, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne sois pas étonné si je t’ai dit : il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus répondit « […] Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme »[23].

 

3. L’étude de l'hébreu biblique montre la valeur du texte originel et même plus, des lettres utilisées.

Pour apprécier cette affirmation, citons André Charpentier :

« Durant des millénaires, l’écriture s’était fondée sur un symbolisme, notamment géométrique, qui représentait formellement des réalités cosmologiques. C’étaient les idéogrammes dont l’écriture chinoise et les hiéroglyphes égyptiens ou amérindiens sont restés les exemples les plus connus, qui exprimaient des idées sous une forme purement visuelle – intuitive – et donc sans faire intervenir la rationalité, cause possible de déformations. Le passage des hiéroglyphes à l’écriture syllabique, c’est-à-dire phonétique, fut donc une vraie révolution, nécessitée par l’incompréhension grandissante dont souffrait le symbolisme traditionnel, entièrement fondé sur l’intuition intellectuelle. La révolution alphabétique était partie du monde sémitique dont les nomades étaient plus « auditifs » que visuels, contrairement au monde grec, héritier d’une tradition millénaire où les formes jouaient un rôle déterminant. Dans un premier temps les idéogrammes subsistèrent, mais en se voilant de diverse façons. Même la première écriture grecque tâchait tant bien que mal de lutter contre cet appauvrissement. Cette division radicale des deux cultures est l’indice d’une dégradation, puisqu’elle affecte l’unité synthétique d’une tradition beaucoup plus ancienne »[24].

Prenons un exemple de lettre qui a un sens idiomatique :

Le vav (ו), sixième lettre de l’alphabet hébreu se traduit par « crochet ». Sa forme visuelle traduit complètement cette notion. En quoi cela nous importe-t-il ? Voyons plutôt ce passage énigmatique de l’évangile selon St Jean (21,11) où les apôtres pêchent sur la mer de Tibériade mais ne prennent rien. Jésus leur apparaît sur la plage, sans qu’ils le reconnaissent, et leur suggère de jeter leurs filets « à droite » de leur barque et soudain la pêche devient miraculeuse. « Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré »[25]. Pourquoi 153 poissons précisément ? En hébreu, comme nous le verrons plus loin, chaque lettre a une valeur numérique. Or, en remplaçant les chiffres par des lettres valant en tout 153, c’est-à-dire en appliquant la guématrie[26], nous obtenons hapesach (הפסח) « la Pâque » qui signifie « le passage ». C’est le passage d’un poisson particulier, le poisson yod (י) qui est le Seigneur d’avant les commencements. Les disciples doivent donc « prendre la voie de droite » et attraper le « poisson » lors de son « passage ». Avec quoi ? Avec un crochet pardi ! Avec le vav ! « En avril, il faut donc attraper le poisson, pour nous libérer de notre exil »[27].

Ce même vav (ו), troisième lettre du Tétragramme (יהוה), après la séparation du Nom due à la chute originelle est la première lettre de la seconde partie (וה) du Nom. Ce crochet sert peut-être à agripper la première partie du Nom (יה) et ainsi à reformer l’unité ?

Les idiomes conservent dans leur forme un certain sens et se prêtent à l’auteur et à sa volonté pour révéler (re-voiler) ce sens comme un code qui enferme un secret inaccessible sans la clé. Cette clé, c’est le don de la cabale : la faculté d’ouvrir les serrures en libérant le sens enfermé dans les Ecritures.

L’alphabet hébreu n’est composé que de consonnes[28]. Un texte hébreu, comme l’Ancien Testament, n’est composé que de consonnes. Il existe cependant un moyen de vocaliser le texte par l’intermédiaire de points-voyelles qui se notent en-dessous ou au-dessus des consonnes. Un même mot, composé des mêmes lettres, aura jusqu’à 40 sens différents selon la vocalisation qui lui est apportée. Ainsi, selon la vocalisation du texte, le sens de ce dernier peut être totalement différent. Pour ceux qui ont un peu de pratique, il ne sera guère choquant d’entendre qu’en hébreu « le sens de la phrase donne le sens des mots ».

Fort de ce constat, comment vocaliser le texte ? Comment lire correctement le texte ? Comment connaître le vrai sens de l’Ecriture ? Sans savoir comment vocaliser le texte, le lecteur se trouve devant une énigme, un coffre-fort fermé, sans la clé. Ce savoir, c’est le don de la Cabale[29] !

Reprenons, le livre de la splendeur des hébreux, le Zohar (זהר), qui nous enseigne parfaitement sur le sens de la vocalisation : « Lorsque viennent les points qui sont le secret de l’âme vivante, voici que le corps se dresse dans sa consistance, et c’est à ce propos qu’il est écrit : « IHVH Elohim forma Adam de la poussière du sol, et il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’Adam fut fait âme vivante » (Genèse II, 7) »[30].

Abraham fut le premier à recevoir le vrai sens de l’Ecriture, en cela que son alliance avec Dieu fut orale[31] et que cette alliance avec Dieu est perpétuée après lui de manière orale par tous ceux qui sont les seuls à pouvoir interpréter la Torah, la « loi » écrite. Ceux-là sont cabalistes, ils sont maîtres de la bouche. Ils ont reçu le sens et sont les seuls à pouvoir le transmettre. « La loi orale est indispensable pour interpréter la loi écrite »[32]. Nahmanide (Rabi  Moïse ben Nahman), cabaliste catalan du début du 13ème siècle, nous met en garde : « Quant à moi, je promets un pacte loyal à qui médite sur ce livre et je lui donne un bon conseil : qu’il ne tente pas par sa pensée ou sa raison de comprendre quoi que ce soit aux allusions cachées que je fais aux secrets de la Torah. Car je lui assure qu’il ne comprendra pas mes paroles, qu’il ne les connaîtra d’aucune façon par son intelligence ou sa compréhension, mais seulement de la bouche d’un sage cabaliste, qui parle à l’oreille d’un récipiendaire sagace »[33].

Pour les hébreux, la Torah (תורה), la « loi » écrite, est le livre fermé. Il est comme une pierre sèche. Il est composé de consonnes uniquement. La tradition orale, par contre, est le livre ouvert. C’est une pierre vivante. Les voyelles qui permettent de dire le texte sont l’esprit de Dieu insufflé dans les consonnes. Le texte est comme un corps mort (comme l’homme ici-bas) qui revit, ressuscite, est régénéré grâce à la vocalisation. Le texte vocalisé par le don de la cabale, c’est la parole régénérée. Lorsque l’homme ici-bas reçoit le don de la cabale et qu’il vocalise (donc régénère) l’Ecriture, il est régénéré. « Lorsque sortirent les lettres du sein du secret d’en haut, […], elles se sont développées et elles ont été gravées dans l’homme [qui est le secret du corps du premier homme]. Ensuite sortirent les points-voyelles et Dieu insuffla en elles [les lettres] le souffle de vie. Car les points sont le secret du souffle de vie qui est dans les lettres. Et les lettres se dressèrent comme un homme qui est dressé sur ses pieds par la consistance du souffle »[34].

« Dieu s’exprime en lettres et ces lettres sont comme le corps du Verbe incarné. C’est pourquoi il nous faut des lettrés »[35].

 

  • 4. L’hébreu biblique est le langage des prophètes.

Le caractère idiomatique des lettres étant explicité, on ne s’étonnera pas d’entendre qu’il existe une lettre qui symbolise[36] le « souffle de Dieu ». C’est la lettre hé (ה), cinquième lettre de l’alphabet. Rien que sa forme laisse imaginer le sens car le premier trait vertical ne touche pas tout à fait le trait horizontal, ce qui permet au souffle de Dieu de passer …

Rappelons-nous qu’Abraham (אברהם) fut le premier à recevoir le sens de l’Ecriture. Avant ce don, il ne s’appelait pas Abraham mais bien Abram (אברם). Lorsque Dieu se révéla à lui et l’inspira, c’est-à-dire lui insuffla son souffle, il donna à Abram un autre nom[37], c’est-à-dire qu’il lui donna le nom d’Abraham[38] en ajoutant donc la lettre hé (ה) à son nom[39].

Cette lettre hé (ה), est la lettre de la sagesse ou de la connaissance (gnosis en grec). « Lorsque Dieu transmet son secret à l’homme, il le fait au moyen de la lettre hé. C’est la lettre de la création »[40].

Abraham, est le patriarche du peuple hébreu. Dans la bible, il est le premier à être appelé « l’hébreu »[41]. L’origine de ce mot est dans le verbe abor (עבר) qui veut dire « passer, traverser ». « Selon la tradition, les Hébreux[42] sont ceux qui ont passé le fleuve du Jourdain étant ainsi séparés du reste du monde. Ils représentent ainsi symboliquement les saints[43] séparés du reste du monde profane. Dans le Temple de Jérusalem, il existait un lieu secret dont l’accès était interdit aux fidèles : le saint des saints ; il s’agit d’un symbolisme similaire »[44]. Cela ne doit pas nous surprendre car « Jésus s'en alla de nouveau au-delà du Jourdain, dans le lieu où Jean avait d'abord baptisé. Et il y demeura »[45].

En hébreu, le « paradis » se dit pardes (פרדס), littéralement : « verger d’orangers ». Le mot pardes est employé comme une abréviation des quatre interprétations de la Torah, c’est-à-dire la loi de Moïse. Chaque consonne de ce mot indique une de ces interprétations :

P pour Pechat (פשט) : le sens littéral, l’évidence.

R pour Remets (רמץ) : le sens allégorique, l’allusion.

D pour Derachah (דרשה) : le sens talmudique, l’explication.

S pour Sod (סוד) : le sens secret, le secret.

« Le paradis est donc pour les cabalistes l’union des quatre sens dans le dernier, le sens secret »[46].

Le Nom de Dieu, le tétragramme (יהוה) est ineffable et ne se prononce donc pas en hébreu. Lors de la chute d’Adam, la tradition hébraïque raconte que le tétragramme a été coupé en deux laissant la première partie iah (יה) séparée de sa seconde partie hou (וה). La première erre comme une pensée flottante, insensée qui ne peut s’incarner, qui ne se connaît pas. La seconde a chuté avec l’homme et se trouve en lui, c’est la parole (mais la parole vulgaire, sans sagesse, non reliée). La première ne rêve que d’une chose, c’est de pouvoir s’incarner et devenir ainsi prononçable. La seconde est prisonnière de notre état déchu. Pour relier les deux, il faut un feu, un feu ardent, pour ne pas dire un feu divin. Le feu ardent est le mot esh (אש) en hébreu, plus couramment exprimé par sa seule lettre shin (ש). Celui qui, grâce à un feu ardent renoue les deux parties séparées a accompli le miracle : la parole n’est plus vulgaire mais prophétique : la Pensée a été unie au Verbe. Littéralement cela donne, non plus le tétragramme mais le pentagramme Jeschouha (יהשוה), c’est-à-dire Jésus[47].

 

5. L’hébreu biblique nous éclaire sur notre libre arbitre[48].

« IHVH Elohim forma Adam de la poussière du sol, et il insuffla dans ses narines un souffle de vie, et l’Adam fut fait âme vivante »[49].

Il y aurait donc deux Adams : celui qui est pécheur et qui ne peut que procréer dans la vie mortelle[50] (tel Abram qui ne pouvait avoir d’enfants avec Saraï) et celui qui est le messie et qui peut engendrer la vie parfaite (tel Abraham à qui le Seigneur dit : « Regarde [d’en haut vers le bas] vers les cieux et compte les étoiles si tu peux les compter : ainsi sera ta descendance »[51]).

Il y aurait donc deux destins : celui régi par les astres, astrologique, aveugle et corruptible (c’est « ce monde-ci », olam hazè (עולם הזה)) et celui régi par le ciel, au-delà des astres, qui procède de la bénédiction du Nom divin qui libère du premier destin, incorruptible (c’est « le monde à venir », olam haba (עולם הבא)).

« Mais quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom, Qui non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu sont nés »[52].

Dieu donne à l’homme le choix de son destin : soit il choisit « ce monde-ci », soumis donc à son signe astrologique, soit il choisit de se libérer de son signe astrologique et de quitter ce monde-ci pour « le monde à venir ». Ce choix appartient à l’homme et constitue son libre arbitre. Bien sûr, pour cela il faut « croire en son Nom ». Selon le Zohar, le Saint-béni-soit-Il[53] dit à Abraham qui avait vu dans les étoiles qu’il n’aurait pas d’enfants : « Ne médite pas sur ces choses (la science des astres), mais sur le secret de mon Nom »[54].

 

6. L’hébreu biblique nous humilie.

« La parole de Dieu humilie d'abord notre raison, ensuite elle communique secrètement sa lumière à l'âme avant d'illuminer l'esprit, si nous sommes attentifs et persévérants dans notre quête sainte »[55].

Les saintes écritures sont écrites comme un code mais un code difficile c’est-à-dire que ce sont des dés pipés. Nous avons vu que seul le Cabaliste, celui qui a reçu l’esprit de Dieu, qui a rejoint le ciel et la terre, qui a vécu l’expérience concrète de la régénération … lui seul peut interpréter correctement les écritures. Les autres ne peuvent que - et strictement que - répéter ce qu’en disent les Cabalistes. Aucun Cabaliste ne peut donc en contredire un autre et s’ils le font, ce n’est qu’en apparence, pour duper et confondre les indignes.

En admettant que ce soit l’esprit de Dieu qui permette ainsi de donner le sens aux écritures, la manière de transmettre, la forme, ne souffre d’aucune limite car elle est d’office ratifiée par le Créateur. Pour un esprit cartésien, formé aux raisonnements logiques, les commentaires (« comment taire ») des cabalistes ressemblent rapidement à des élucubrations de farfelus qui « pensent avoir la science infuse ». C’est pourtant exactement cela ! Oh que c’est humiliant, pour un esprit critique, entraîné, à qui « on ne la fait pas, voire plus » ! Nous ne devons pas nous étonner que ceux qui abandonnent plus facilement leur sacro-sainte raison et font acte de foi, humant un parfum et entendant de vieilles paroles « qui font frémir leur âme[56] », sont ceux qui dans ce monde-ci apparaissent comme perdus, inutiles, marginaux, déconnectés, crédules ou simples d’esprit. Les humiliations subies dans ce monde les ont souvent rendus moins réfractaires à l’humiliation intellectuelle que provoquent et nécessitent les Ecritures saintes.

L’exégèse hébraïque pratique plusieurs méthodes (si ce terme n’est pas une contradictio in terminis) dont voici les trois plus usitées[57].

La TEMOURAH (תמורה) : cette pratique estime que tous les mots qui sont anagrammes l’un de l’autre sont synonymes.

Exemple :

Noé est aussi « la grâce ».

Noah (נח) = Hen (חן).

Les ROCHEÏ-TEVOT (רושי־תיבות) : cette pratique permet de tirer d’un mot d’autres mots par le système de l’acrostiche (c’est-à-dire en prenant les têtes de mots pour en former de nouveaux).

Exemple :

La grâce est aussi « la sagesse cachée ».

Hen (חן) = Hacmah Nistera (חוכמה נסתרה)

La GUÉMATRIE (גימטריה) : cette pratique considère comme synonymes les mots qui ont la même valeur numérique[58]. Les rabbins ajoutent qu’une différence de « un » dans la valeur numérique est tolérée[59].

            Exemple :

La nuit est le secret du Seigneur ou Le Seigneur est le secret de la nuit ou le secret, c’est le Seigneur de la nuit.

            Laila (לילה), nuit, 70 = sod (סוד), secret, 70 = adonaï (אדוני), Seigneur, 71

« Il faut être très exercé et connaître les mystères de la cabale pour se livrer à ces exercices »[60].

 

7. L’hébreu biblique nous fait voyager.

L’étude de l’hébreu biblique nous a fait rencontrer sur notre passage une foule d’auteurs reliés de manières diverses à la même réalité. Nous n’en citerons que quelques-uns afin que le lecteur, intrigué, puisse donner libre court à son envie de voyager dans d’autres époques et d’autres lieux « pour le miracle d’une seule chose ». Que cette multitude ne soit pas prise pour de la dispersion, comme l’a enseigné Emmanuel d’Hooghvorst, « car on ne nous parle que d’une seule chose, en termes toujours différents »[61].

Inferno, Dante Alighieri (1265-1321)

Le verbe qui fait des merveilles, Jean Reuchlin (1455-1522)

Don Quichotte de la Mancha, Miguel de Cervantes (1547-1616)

Contes, Charles Perrault (1628-1703)

Le Message Retrouvé, Louis Cattiaux (1904-1953)

Le Fil de Pénélope, Emmanuel d’Hooghvorst (1914-1999)

Le livre d’Adam, Charles d’Hooghvorst (1924-2004)

En guise de conclusion :

Lorsqu’ Emmanuel d’Hooghvorst est à la recherche du secret dans les textes anciens, il pratique d’abord le latin et le grec. L’étude assidue des néo-platoniciens l’aurait, de son propre dire, sauvé d’une mort certaine pendant la deuxième guerre mondiale. Cependant, une corde manque à son arc et bientôt il se met à apprendre l’hébreu et l’arabe. Son apprentissage de l’hébreu généra chez lui un amour des écritures hébraïques tel qu’il décida rapidement d’enseigner à son tour. Il se donna sans relâche pour arriver à réveiller dans le cœur de certains de ses élèves la « tradition authentique ». La preuve en est que c’est aujourd’hui un étudiant de la quatrième génération qui écrit ces lignes en guise aussi d’hommage à cet homme généreux et à la générosité de ceux qui ont pris l’exemple de vouloir enseigner l’hébreu biblique en suivant ses pas.

Ce n’est pas sans mal pourtant que ces cours furent donnés et plusieurs fois le Baron d’Hooghvorst s’est découragé. Il avertissait ses élèves « vous verrez, chaque fois que vous voudrez vous mettre à l’étude de l’hébreu quelque chose arrivera pour vous en empêcher : votre plomberie sautera, votre chauffage tombera en panne … mais il faut tenir bon». En tenant ces propos, sous cape, comme en témoignent certaines de ses lettres à son frère Charles, il savait pourtant que ce qui devait arriver arriverait. C’est-à-dire que l’étude de l’hébreu fit office de « sélection naturelle, une sélection d’une élite du courage et de la détermination et de la curiosité »[62].


[1] Evangile selon St Mathieu V, 18.
[2] Le livre d’Adam, Charles d’Hooghvorst, Beya Editions, 2008, p. 28.
[3] Nouvelles de Miguel de Cervantes Saavedra, volume I, p 322.
[4] Les lettres, les mots et la grammaire sont un symbolisme souvent méconnus. L’écrit est donc bien un code qui réfère à une autre réalité accessible via ce code, dont il faut posséder la clé. L’homme, ignorant de cela, ne verra pas la perte de sens qui suit un changement dans l’orthographe et l’application de la grammaire … Ce que certains appelleront donc « évoluer avec son temps », nous l’appellerons « perdre du sens en perdant le lien avec la réalité auquel le code fait référence ».
[5] Le livre d’Adam, op.cit., p. 28.
[6] Le terme courant est plutôt « vav consécutif ».
[7] Conférence sur la langue hébraïque, Caroline Thuysbaert, Au Centre Juif à Bruxelles le 18 décembre 2001.
[8] Evangile selon St Jean I, 30.
[9] Plutarque, dans De Iside et Osiride, raconte qu’une statue féminine voilée s’offrait aux regards des visiteurs pénétrant dans le grand temple de Saïs, elle tenait dans ses mains une tablette avec cette inscription. Cet exemple sort du cadre des deux testaments mais démontre encore que l’affirmation « la vérité sacrée n’est pas soumise au temps » est totalement traditionnelle.
[10] St Paul, Deuxième épitre aux Corinthiens (3.6)
[11] Notons qu’il ne faut pas y entendre une préséance du texte (ou de la lettre) par rapport au son, car « […] A l’ origine, les savoirs essentiels se transmettaient uniquement de vive voix, ou alors sous forme de codes presque indéchiffrables pour nous. […] Jules César observe que la science des Druides ne pouvait en aucun cas être confiée à l’écriture car l’usage de l’écrit risquait d’affaiblir la mémoire des étudiants qui passaient jusqu’à vingt ans à apprendre par cœur les Ecritures sacrées. La tradition orale est bien plus fiable et durable que l’écrit. Pour exemple, les épopées homériques n’ont été mises par écrit que longtemps après leur création, et encore, par ordre du Tyran Pisistrate, qui n’avait sans doute pas l’entière approbation des sages …», André Charpentier, E de Delphes, in Le Miroir d’Isis, n° 21, p 135.
[12] Le livre d’Adam, op.cit., p. 32-33.
[13] Notons qu’une mouche, guêpe ou abeille ne descend une vitre et ne passe pas par dessous pour ressortir d’une pièce fermée. Pourtant ici, l’âme du monde ou Isis, fait bel et bien ce geste insensé.
[14] Evangile selon St Jean XII, 45.
[15] Evangile selon St Jean XIV, 9.
[16] Evangile selon St Jean XIV, 11.
[17] St Paul, Galates, II, 20.
[18] La Table d’Emeraude d’Hermès Trismégiste, Les cahiers du Voile d’Hermès, traduction de Papus, Editions Akasha.
[19] Tao Te King, Livre de la voie et de la vertu, Livre II, 77.
[20] Le Message Retrouvé, Louis Cattiaux, Editions Dervy, Paris, 2015, livre XXXII, verset 26.
[21] Le livre d’Adam, op.cit., p. 25.
[22] Evangile selon St Jean, (prologue) I, 12-13.
[23] Evangile selon St Jean, III, 4-13.
[24] André Charpentier, E de Delphes, in Le Miroir d’Isis, n° 21, p 136-138.
[25] Evangile selon St Jean XXI, 11.
[26] Méthode d’interprétation chère aux cabalistes qui considère comme synonymes, les mots qui ont la même valeur numérique.
[27] Conférence sur la langue hébraïque, Caroline Thuysbaert, Au Centre Juif à Bruxelles le 18 décembre 2001
[28] Il n’y a pas de voyelles en hébreu.
[29] Cabale vient du verbe kibbel (קבל) qui signifie « recevoir ». C’est la « traditio » latine du verbe « tradere », recevoir de la main à la main. Nous traduisons Cabale par « tradition » en français.
[30] Sepher hazohar, I. Lev Achlag, Jérusalem, 1945-1958, Zohar hadach 73b et 74a.
[31] Genèse XVII, 2-4.
[32] Le livre d’Adam, op.cit., p. 24.
[33] Ramban (Nahmanide), Commentary on  the Torah, Genesis, Shilo Publishing House, Inc., New York, 1971, p. 15.
[34] Sepher hazohar, I. Lev Achlag, Jérusalem, 1945-1958, Zohar hadach 73b et 74a.
[35] Emmanuel d’Hooghvorst, lettre à son frère Charles, n° 330 (10/04/1990).
[36] Le symbole est « le signe de reconnaissance ». Il vient du grec sumballo (συμβάλλω), « joindre, réunir ». Le terme faisait référence à un objet coupé en deux, dont chaque partie était conservée par l’un des deux contractants. La réunion de ces deux parties qui s’assemblent parfaitement, est le « signe de reconnaissance » du contrat, de l’accord établi antérieurement. Le symbole s’adresse à l’intuition de la foi et non aux spéculations de la raison, car il contient une réalité que seul peut connaître celui qui l’a expérimentée.
[37] Toutes les initiations qu’elles soient scouts, ecclésiastiques ou franc-maçonnes amènent à l’adoption d’un nouveau nom.
[38] Genèse XVII, 5.
[39] La même chose arriva à Saraï, son épouse, qui après la visite de Dieu, s’appela Sarah (Genèse XVII, 15).
[40] Le livre d’Adam, op.cit., p. 30 et lire à ce sujet p. 32.
[41] Genèse XIV, 13.
[42] Aucune référence aux Israéliens ou Juifs qui sont souvent désignés par ce même terme.
[43] En hébreu le mot saint correspond à qadoch (קדוש) dont la racine verbale signifie « séparer ». Sanctus en latin vient de secare qui signifie couper (du monde).
[44] Le livre d’Adam, op.cit., p. 29.
[45] Evangile selon St Jean X, 40.
[46] Démonstration reprise intégralement dans Le livre d’Adam, op.cit., p. 226.
[47] Lire à ce sujet « Le Verbe qui fait des merveilles », Jean Reuchlin, Introduction, traduction et notes de Hans van Kasteel, Beya Editions 2014.
[48] Ce chapitre est largement inspiré de « Le livre d’Adam », op.cit., p. 31-32.
[49] Genèse II, 7.
[50] C’est de celui-là que nous descendons.
[51] Genèse XV, 5.
[52] Evangile selon St Jean, (prologue) I, 12-13.
[53] Formule qu’utilisent les hébreux pour désigner le tétragramme.
[54] Sepher hazohar, op.cit., I, 90b.
[55] Le Message Retrouvé, Louis Cattiaux, Editions Dervy, Paris, 2015, livre XVIII, verset 67’.
[56] Mémoire pour le comte de Cagliostro accusé contre le procureur général, S.L. (Paris), 1786, in-16, p. 12 sqq.
[57] Exemples repris de la Conférence sur la langue hébraïque, Caroline Thuysbaert, Au Centre Juif à Bruxelles le 18 décembre 2001
[58] La valeur numérique d’un mot est obtenue par l’addition des valeurs numériques de chaque lettre du mot.
[59] C’est le Saint-béni-soit-Il qu’il faut compter en plus ou en moins selon qu’il était présent (shekinah (שכינה) = présence divine).
[60] Emmanuel d’Hooghvorst, commentaire oral lors de ses cours d’hébreu commentant l’Ecriture, cité par ses élèves.
[61] Présentation du Message Retrouvé par Emmanuel et Charles d’Hooghvorst, Louis Cattiaux, Editions Dervy, Paris, 2015, p.XII.
[62] Emmanuel d’Hooghvorst, lettre à son frère Charles, n° 278 (27/05/1977).

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