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  • Caroline Thuysbaert | Le saint Curé d'Ars, Jean-Baptiste-Marie Vianney | Inédit

 

Robert Amadou n’est plus à présenter aux passionnés d’ésotérisme. Yvonne Rémy l’est peut-être. Passionnée par le Message Retrouvé, elle ouvrit généreusement ses portes, dans les années 1970’, aux cours d’hébreu du philosophe Emmanuel d’Hooghvorst. C’est elle qui suscita en 1984 cet article, ou plutôt cet hommage d’Amadou sur le Message Retrouvé de Cattiaux.

Robert Amadou, in « L’Autre Monde », num. 83, juin 1984, pp. 50 et 51.

Je vous fais un reproche fraternel. Pourquoi ne parlez-vous jamais de Louis Cattiaux? L’ignorez-vous ? Ou bien ne l’appréciez-vous pas ? Je le considère très important. Y.R. (Bruxelles)

« Je le considère très important » : et moi aussi, je le tiens pour tel. C’est vrai que j’aurais dû davantage lui rendre hommage. Merci de m’en fournir l’occasion. Et puisque c’est la première fois que j’en parle en public, je le ferai selon mon cœur, pardonnez-moi si je ne sais en parler selon la science que vous en avez.

J’ai connu Louis Cattiaux sans le connaître, ainsi que tous ceux qui l’ont connu, et ils furent nombreux. Mais Cattiaux n’atteignit même pas à la notoriété, tandis qu’il cédait parfois à la mauvaise pensée de la gloire, et beaucoup de ceux qui visitèrent l’atelier de la rue Casimir-Perier vers 1950 se sont détournés de lui comme d’un plaisantin et d’un insignifiant.

« Vous avez perdu votre vie, disaient-ils en regardant mes mains vides ; et personne n’entendait le dieu qui chantait dans mon cœur ». C’est Cattiaux qui pleurait ainsi. Qui l’eût cru ?

Du moins, quelques-uns ne l’ont jamais abandonné, ni son livre après lui, profitant, faute de pouvoir, et d’avoir pu, aider, et à cause que nous l’avions entre-entendu, entrevu. Pour le connaître vraiment, il aurait fallu savoir comment, deviner pourquoi il participait –oserai-je l’écrire ? –de l’esprit et de la vertu d’Elie. Et à quel degré, dérisoire mais sublime en tout cas. Autant dire qu’il aurait fallu connaître son secret. De même que le secret de tout homme, le sien était celui de Dieu ; mais Dieu l’avait chargé d’un message et il eût fallu connaître le secret du message. Ce message, du moins, nous achemine vers le secret.

Une partie du Message Retrouvé parut chez l’auteur en 1946 et le texte complet, en 1956, chez Denoël, grâce à Robert Kanters, alors directeur littéraire de cet éditeur, qui me l’avait confié en lecture et suivant nos deux avis indépendants et convergents : il fallait publier le message.

Quel message ? La vérité totale, ni plus ni moins. Cattiaux ne la qualifie pas, mais il la désigne, dans un style singulier, et même il l’explique pour aider à la faire comprendre. Le message retrouvé, c’est celui des retrouvailles possibles. De la remontée qui suit la chute. De la réintégration, de la résurrection. Car nous sommes morts et il n’y a pas de mort.

Ce message ne vient pas de l’homme, mais par quel canal lui vient-il ? Cattiaux le prit dans l’Écriture sainte et dans la tradition originelle, sous sa forme hermétique principalement. Il savait décrypter les textes sacrés et tous les mouvements de l’occultisme. L’expérience confirmait et vivifiait son intelligence. Louis Cattiaux pratiqua l’alchimie et la peinture ; à ses couleurs il mêlait de l’or, dont je n’ai jamais su s’il était alchimique. Et puis, il vécut.

De l’extérieur, c’était un hybride. Il tenait des mages pléthoriques, tel Papus et S.U. Zanne, et des bohèmes faméliques à la Claude d’Ygé. Épanoui, grand mangeur et grand buveur quand il se pouvait, mais il ne se pouvait pas toujours. Et il gardait ses distances. Enjoué, farceur ; plaisantin et insignifiant, disais-je. Mais tout d’un coup, l’éclair d’une révélation. On devait prendre garde de la saisir. Car tantôt s’ouvrait une fenêtre dans le ciel sur la sphère des fixes, ou au-delà, et tantôt votre masque tombait, à vos propres yeux comme aux siens. Le regard devenait terrible sans une ombre de méchanceté. Son sérieux alors étonnait, que la gaieté ordinaire ne dissimulait pas, puisqu’elle en émanait. Louis Cattiaux avait atteint ce point de certitude, et de non-retour, où toute vanité s’étant avouée (y compris celle de chercher la sagesse, précisait l’impitoyable Qohélet), reste Dieu, ou rien. Et restent dans le monde, car, si l’espérance est violente, la vie est lente, restent les riens. Reste la sagesse qui est aussi bien appelée folie, puisque le rien est Dieu et le vide plein.

Cette station s’accommode de la réussite sociale ou de l’échec. Louis Cattiaux fut un raté. Enfance sans mère, la guerre, la disgrâce des petits coloniaux du Dahomey, la pauvreté médiocre du rapin. Mais, en revanche, une compagne selon le coeur de Francis Jammes et de Léon Bloy, l’art, les ivresses studieuses de l’Arsenal aux grimoires. Au sein de ce microcosme manichéen, la Sagesse qui arrive gracieuse, quand on a fini de la chercher et désespéré de la trouver. Le Message, lui, retrouvé.

Le Message Retrouvé ou l’Horloge de la nuit et du jour de Dieu. (Lanza del Vasto l’avait préfacé. Les amis de Louis Cattiaux l’ont réédité, 21, rue Ferdinand Craps, à Bruxelles, avec un poème d’Emmanuel d’Hooghvorst, en guise d’introduction, dont la forme fait un chef-d’œuvre et le fond un trésor).

La vie profane, c’est la vie séparée de Dieu.

La vie sainte, c’est la vie reliée à Dieu.

La vie sage, c’est la vie restituée en Dieu.

Cette trilogie exemplaire est tirée du Message Retrouvé. Livre d’un abord difficile, et d’un charme puissant. Les versets en sont distribués sur deux colonnes : terrestre, celle de gauche, qui contient le charnel, le moral, le philosophique, l’ascétique ; céleste, celle de droite, avec le spirituel, le cosmographique, le mystique et l’initiatique. Parfois un troisième verset, sur une troisième colonne, équilibrante en somme, synthétise les deux précédentes. L’ensemble constitue un système de quarante livres, pourvu chacun d’un titre de neuf lettres, anagramme des trente-neuf autres. Par exemple : Vérité une ; Êve tri-une ; Un être vit ; Vertu niée ; Trêve unie ; Vue... et rien ; Rive ténue ; Nuit rêvée... Cattiaux jouait à la poésie, il était remonté à l’enfance idéale.

Message où donc retrouvé ? Pour les lecteurs dans Le Message Retrouvé. L’événement est attesté, vérifié. Non pas « pour tous, mais seulement pour ceux à qui il a été donné de croire l’incroyable ». Une lecture ordinaire ne suffit pas et les vétérans de Cattiaux auxquels se sont joints ses découvreurs d’aujourd’hui exhortent, tout banalement, à ne pas juger sans avoir médité. Je médite depuis des années le Message Retrouvé et, s’il ne m’a pas absorbé, j’en ai quelque peu assimilé. À la suite de Lanza del Vasto, j’y ai retrouvé le parfum des anciens textes –Parfum de Vérité. Et avec les amis de Cattiaux, je l’ai senti conforme. Le sage a laissé un livre de sagesse. L’homme et le livre ont tout pour dérouter. C’est l’éternel truquage. N’ont de chance d’en jouir que ceux qui ont pris conscience du jeu universel et choisi d’y entrer, afin d’inventer les moyens d’en sortir.

Louis Cattiaux, né à Valenciennes, est mort à Paris, en 1953, l’homme du Message Retrouvé. Livre II, verset 42. Colonne de gauche : « C’est au milieu de la corruption que la vérité apparaît clairement ». Colonne de droite : « La Sainte Mère brille au milieu des ténèbres du monde ».

La vérité de la sainte Mère, la sainte Mère de vérité a brillé pour Louis Cattiaux, elle brille à travers  Le Message Retrouvé. Cet initié nous a laissé un livre d’initiation.

Dans la mouvance de Cattiaux, rédigée par ses disciples anciens et nouveaux, et publiant ça et là de ses inédits, l’excellente revue Le Fil d’Ariane, d’hermétisme chrétien, voire avant la lettre : Virgile, la Sybille, Platon en tête ; mais aussi de kabbale et de soufisme. Sans doute la meilleure revue aujourd’hui consacrée exclusivement à l'ésotérisme d’Occident.»

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