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Petit livre de Morien le Romain, autrefois ermite de Jérusalem, sur la transfiguration des métaux et la médecine très élevée des Philosophes antiques ; jamais édité à ce jour.

Introduction

Nous connaissons bien les fameux « Entretiens du roi Calid et Morien », dans le premier tome de la Bibliothèque de Philosophes Chimiques. Ce court traité d’alchimie se présente comme un dialogue au cours duquel Calid, roi des Égyptiens, pose au moine Morien une série de questions sur le grand Art : Vient-il d’une seule chose ou de plusieurs ? Quelle est sa couleur ? Son odeur ? Son toucher ? Comment se fait-il ?

Ces questions-réponses sont citées par tous comme une référence pour la connaissance du grand Œuvre, et les deux héros sont considérés comme des maîtres incontestables dans ce domaine.

Cependant, qui connaît l’histoire de leur rencontre ? Celle-ci n’a malheureusement pas été traduite en français dans l’ouvrage de Mangin, mais elle existait bien en latin !

De fait, ce texte a une longue histoire : l’un de ses personnages « Calid, roi des Égyptiens », est bien connu historiquement : il s’agit en fait d’une altération du nom Khālid ibn Yazīd ibn Mu’āwiyya, petit fils du premier calife Omeyyade, mort vers 704.

Le traité lui-même fut d’abord rédigé en arabe, puis fut sans doute le premier traité d’alchimie à avoir été traduit en latin, en 1144. Le texte latin aurait ensuite été révisé, pour améliorer le style et rendre l’ouvrage plus chrétien. L’histoire de la rencontre de Calid et Morien a été étoffée, pour en faire un récit poignant et tragique, avec des larmes et des têtes coupées.

Au XVIe siècle, la seconde partie du traité fut traduite en français, ainsi que dans plusieurs autres langues vernaculaires. C’est celle-là celle que nous trouvons dans la Bibliothèque de Philosophes Chimiques !

Nous présentons au lecteur la traduction inédite de la première partie.

***

Petit livre de Morien le Romain, autrefois ermite de Jérusalem, sur la transfiguration des métaux et la médecine très élevée des Philosophes antiques ; jamais édité à ce jour.

Livre sur la composition de l’Alchymie
Que Morien le Romain publia pour Calid, roi des Égyptiens ;
Traduit de l’arabe au latin par Robert de Chester.

Préface de Robert de Chester

Nous lisons dans les histoires des anciens auteurs qu’il y avait trois philosophes, tous les trois appelés Hermès. Le premier fut Énoch, aussi appelé tantôt Hermès, tantôt Mercure. Le deuxième fut Noé, lui aussi nommé tantôt Hermès, tantôt Mercure. Quant au troisième, c’est l’Hermès qui régna en Égypte après le déluge, et y maintint longtemps son pouvoir. Celui-ci fut dit « triple » par nos prédécesseurs, à cause d’une triple collection de vertus, que lui avait attribuée le Seigneur Dieu : il était Roi, philosophe et prophète. C’est cet Hermès qui, après le déluge, fut le premier inventeur et diffuseur de tous les arts et disciplines, tant libérales que mécaniques. De fait, tous ceux qui vinrent après lui s’efforcèrent de suivre son chemin et de s’attacher à ses traces. Que dire de plus ? Il serait trop long et difficile pour nous de rappeler présentement les parures et actes de vertu d’un homme tel et si grand. La raison en est aussi que nous n’avons pas choisi cette sorte de discours en traduisant ce divin livre, et aussi que la faiblesse de notre génie, l’étude ou le loisir d’écrire ne pourraient y suffire. Mais si nous avons introduit son nom dans le prologue de ce livre, c’est parce qu’il est le premier à avoir trouvé et publié ce livre. Ce livre est en effet divin et tout rempli de divinité. En lui se trouve en effet contenue la vraie démonstration des deux Testaments – l’Ancien et le Nouveau. Car si quelqu’un étudie dans ce livre et le comprend pleinement, la vérité des deux Testaments, de même que la mesure et la suffisance de l’une et l’autre vie, ne pourront plus lui être abscondes. Ce livre a été appelé Livre sur la Composition de l’Alchymie. Et puisque notre occident latin ignore encore presque totalement ce qu’est l’Alchymie et quelle est sa composition, j’ai dans le présent discours utilisé ce mot, quoiqu’inconnu et étonnant, pour que son sens s’éclaire par une définition. Hermès et ceux qui vinrent après lui définissent ce terme comme dans le Livre de la mutation des substances : l’Alchimie est une substance corporelle composée simplement, à partir d’une seule chose et par une seule chose, qui unit ensemble des choses assez précieuses par une parenté et un effet, et qui, par la même commixtion naturelle, les transforme naturellement par de meilleurs génies. Dans ce qui suit, ce que j’ai dit sera expliqué, là où on traitera pleinement de sa composition. Nous-même, bien qu’ayant un faible génie et un latin moyen, nous avons entrepris de traduire une telle et si grande œuvre, de l’arabe au latin. C’est pourquoi nous remercions ce Dieu vivant très haut, qui est triple et un, pour ce bienfait singulier qu’il nous a attribué parmi les modernes. Il ne m’a pas plu de taire mon nom au début du prologue, pour que personne ne s’attribue notre présent travail et n’en revendique aussi la louange et le mérite comme étant siens. Qu’ajouterais-je de plus ? C’est avec humilité que je vous prie et supplie tous, qu’aucun des nôtres ne se consume par la pâleur de son esprit face à mon nom – ce qui est l’habitude de beaucoup. Dieu sait en effet à qui de tous accorder sa grâce ; de la grâce procède l’esprit, qui inspire qui il veut. C’est donc à juste titre que nous devons nous réjouir, puisque le créateur et fondateur de toutes choses montre à tous pour ainsi dire sa divinité particulière : que celle-là ne nous soit pas totalement cachée !

 

Discours de Morien, Ermite de Jérusalem.

L’esprit divin d’Hermès atteint pleinement toutes les parties de la Philosophie. Comme, pendant de nombreuses années, celui-ci s’était appliqué à trouver et diffuser le magistère supérieur, enfin, il le trouva et le publia le premier. Il composa un livre à son sujet, qu’il s’attribua à lui-même, et, qu’à sa mort il laissa en héritage à ses disciples. Après sa mort, ses disciples étudièrent longtemps ce livre et ses préceptes, pour pouvoir en obtenir la réalisation. Après donc avoir obtenu cet effet, ils donnèrent des préceptes innombrables et variés à son sujet. S’ils firent cela, c’est pour que ceux qui l’atteindraient après eux ne la révèlent pas aux sots comme une science vulgaire.

Longtemps après la passion de notre Seigneur Jésus-Christ, parut un homme divin, pourvu de dons spirituels, qui après avoir longuement étudié la divinité, découvrit ce livre parmi les livres divins. Cet homme était originaire d’Alexandrie, d’où son nom Adfar d’Alexandrie. Ayant trouvé ce livre, il ne cessait de l’étudier avec un esprit et une application infatigables. Après s’y être longuement penché, il atteignit pleinement sa réalisation et sa science. À partir de cette science, cet homme divin donna des préceptes nombreux, variés, innombrables. Ceux-ci circulant sous son nom dans tous les coins de notre pays, la célébrité de son nom et de sa science volèrent pour ainsi dire jusqu’à mes oreilles, tandis que je séjournais dans la ville de Rome.

À cette époque, je m’étais en effet établi à Rome – ville de ma naissance. J’étais alors jeune, aucun duvet ne couvrait encore mon menton ; j’étais étudiant, de doctrine chrétienne par mes deux parents ; le latin n’avait déjà plus de secret pour moi. Ayant entendu le nom et la renommée de cet homme, je me hâtai d’abandonner tant mes parents que ma patrie, et donnai peu de repos à mes membres, avant d’atteindre Alexandrie. J’entrai dans la ville, et me promenai dans les rues et venelles comme un hôte nouveau, jusqu’à trouver la maison de cet homme. Enfin, je la trouvai, et y entrai.

Lorsque j’entrai, je le trouvai assis dans son oratoire, étudiant ses livres. Après avoir tourné son regard vers moi, il me dit en me regardant : « Approche-toi, mon ami. »

Je m’approchai donc de lui, et m’assis à côté de lui, sur une natte qui se trouvait là. C’était un homme très avancé en âge, mais au visage encore vigoureux, beau et élégant. En effet, son visage montrait à ceux qui le regardaient tout ce que renfermait son esprit.

Ensuite, nous discutâmes, et il me demanda mon nom, mon origine, et la cause de mon voyage. Je lui répondis et lui dis : « Je m’appelle Morien, romain de nation, et c’est la renommée de ton nom et de ta science qui m’ont contraint à quitter mes parents et ma patrie. » Mais il ajouta : « Quelle est ta foi, ou lequel des dieux honores-tu ? » Ce à quoi je répondis : « Je professe la foi chrétienne. J’honore le Christ, et j’adore ce Dieu triple et un. »

Ensuite Adfar dit : « C’est bien que tu m’aies trouvé, et que tu m’aies trouvé encore sous une personne de ce monde. Car je te dévoilerai les secrets de toute la divinité, que j’ai refusé de découvrir à presque tout le monde jusqu’ici. Sois attentif à moi de toutes les forces de ton esprit : car je te ferai fils de tout mon enseignement. »

Suite à ces échanges, je fus excessivement heureux. Que dire de plus ? Il nous serait trop long, dans le cadre de cette œuvre, de dire et énumérer tout ce dont nous avons traité. Je restai avec lui, et me montrai tant aimable envers lui, qu’il me révéla les secrets de toute la divinité. Ensuite, Adfar mourut. Et moi, peu de jours après sa mort, je quittai Alexandrie et revins à Jérusalem, dans les environs de laquelle je me choisis moi aussi un coin de solitude, où je pusse mener une vie facile pour ma foi et ma profession.

Il y a quelques années, vécut en Égypte un roi du nom de Macoya. Il engendra un fils, appelé Gezid, qui régna en Égypte après la mort de son père, et obtint son royaume. Gezid engendra un fils, du nom de Calid, qui, après la mort de son père, gouverna longtemps l’Égypte. Ce roi était sage et prudent, perspicace dans toute science. Il aimait en effet beaucoup les sages et les philosophes, à cause d’une discipline commune, mais surtout pour la science de ce livre. Celui-ci n’avait de cesse de parcourir les régions connues et inconnues pour trouver quelqu’un qui lui pût révéler des enseignements de ce livre. Poussé par cet amour, il retenait auprès de lui de nombreux sages et philosophes qui prétendaient connaître son magistère, alors qu’ils l’ignoraient totalement. Il les comblait d’importants et nombreux cadeaux, se fiant longtemps à leurs paroles.

Un jour, tandis que j’étais ainsi dans ma solitude, la renommée de ce roi parvint jusqu’à moi par un voyageur ; lorsque je l’entendis, je quittai mon désert et me hâtai vers ces contrées, le plus vite possible ; non que je fusse en quête de richesses ou cadeaux de sa part, mais pour instruire l’être aimé de dons spéciaux. Une fois entré dans son pays, je visitai de nombreux endroits sur ma route, et enfin, trouvai le roi.

Lorsque je le trouvai et m’entretins de certains choses avec lui, je constatai qu’il était homme d’une grande sagesse et très prudent grâce à la parure de toutes les vertus. Je lui dis donc : « Ô bon roi, que Dieu te tourne vers le bien. Je voudrais que tu m’assignes une maison, adaptée à la préparation de mon magistère. »

Et le roi de me préparer une maison, et de l’orner à mon plaisir. J’entrai dans cette maison, et n’en sortis pas avant d’avoir accompli tout le magistère, de l’avoir laissé dans la maison et d’avoir peint ces lettres sur le vase qui le contenait : « Tous ceux qui ont tout avec eux, n’ont absolument pas besoin de l’aide d’autrui. »

Après avoir écrit ces mots, je m’enfuis secrètement de la ville, et même de la région, et retournai à ma solitude. Par la suite, le roi entra dans la maison que j’avais quittée, et il trouva le magistère tel que je l’avais laissé. Comme il le regardait de plus en plus attentivement, il vit les mots que j’avais écrits autour du vase. Les ayant lus et bien compris, il pleura aussitôt sur mon absence, et il ordonna de couper la tête à tous ceux qu’il avait retenus auprès de lui à cause de ce magistère.

Le roi dit ensuite : « Appelez mon fidèle serviteur Galip. »

Galip était son esclave, que son père Gezid lui avait donné pour sa fidélité avant sa mort. Il avait pleinement confiance en lui ; il lui dit : « Ô Galip, bon serviteur, je ne sais pas ce que je dois faire à présent. » Galip dit au roi : « Maître, Dieu s’occupera de ce que nous ferons plus tard. »

Le roi fut très attristé, et se désola outre mesure, nuit et jour.

Il arriva ensuite, quelques années plus tard, alors qu’un jour, le roi était sorti dans un lieu appelé Dirmaram pour s’adonner à la chasse, que son esclave Galip trouvât un homme qui errait dans des lieux déserts. Il l’interrogea et lui dit : « Mon ami, qui es-tu, d’où viens-tu, ou bien où vas-tu ? »

Cet homme lui répondit : « Je suis de Jérusalem ; c’est en effet là que je suis né, et j'ai pendant de nombreuses années séjourné dans les montagnes de Jérusalem avec un ermite. Alors que je séjournais là-bas, j’ai entendu à quel point le roi Calid n’avait de cesse de chercher quelqu’un pour lui montrer le magistère d’Hermès. Après avoir entendu cela du roi, je quittai bientôt mon pays, pour annoncer cela au roi Calid. Je connais en effet un homme très instruit dans ce magistère, que je désire beaucoup présenter au roi. »

Alors Galip dit : « Tais-toi mon frère, tais-toi, contente-toi d’avoir dit cela. Je préfère en effet que tu vives plutôt que tu ne meures : car beaucoup de gens qui prétendaient connaître le magistère vinrent chez le roi, et comme ils ne pouvaient tenir leur promesse, ils furent tués par le roi. Je crains donc que, si tu te présentes au roi avec un discours de ce genre, tu ne sois tué. »

L’homme répondit : « Ne crains pas cela ; mais ne tarde pas à me présenter au roi ».

Galip lui dit donc : « Cela me plaît, mais attention à ne pas mourir ».

Galip amena donc cet homme, le plaça devant le roi et dit : « Ô bon roi, voici un homme qui n’a pas craint de mourir. » Lorsque le roi fixa sur lui ses regards, le regardant, il lui dit : « Qui es-tu ? »

Il lui répondit : « Je viens de Jérusalem ; tandis que je résidais dans les montagnes avec un ermite, j’ai entendu de nombreuses personnes la renommée de ton nom et de ta bonté ; la façon dont tu cherchais sans cesse des hommes sages et instruits, pour qu’ils te montrent le magistère de l’ancien Hermès. Je suis donc venu vers toi, ô bon roi, pour que tu te fies à mes conseils, et obtiennes ton désir.

Je connais en effet un homme qui habite dans les montagnes de Jérusalem, auquel le Seigneur Dieu a révélé toute la sagesse. Dieu et les hommes le considèrent très ferme dans sa foi. En effet, un jour, alors que, dans sa solitude, nous nous entretenions de plusieurs choses, il arriva par hasard qu’il me dit pouvoir accomplir ce magistère. Ayant entendu cela, me fiant d’une part à la véracité de cela vérifiée à plusieurs reprises, et d’autre part, convaincu par son discours, du fait de l’avoir vu apporter chaque année à Jérusalem de grandes masses d’or et d’argent, je me disais souvent que si je me présentais à toi, tu me couvrirais de dons nombreux et grands, et que je ne serais jamais séparé de ta grâce. »

Le roi dit alors : « Quel est ce discours ? Ou quel esprit intègre t’a convaincu de venir jusqu’ici ? Tu ignores, ô très sot, tu ignores combien d’hommes, et de quelle sorte, j’ai tués suite à un discours de ce genre. Mais si jamais ce que tu dis était vrai – ce que je ne pense pas – tu serais toi aussi comblé de nombreux cadeaux, et tu ne serais plus jamais séparé de ma grâce. Car si ce n’est pas vrai, sache que tu subiras de ma part un grand tourment. »

Alors cet homme dit : « Ô bon roi, j’ai été apaisé par ces deux promesses : cependant, fie-toi à mes conseils. »

Le roi continua : « Homme, entretiens-moi un peu de la qualité et de l’état d’un homme de ce genre ; en effet, dans la dernière année, un homme vint chez moi qui, pour tout t’avouer, m’a accompli ce magistère. Alors qu’il l’avait accompli, il me laissa la chose toute faite – mais non sa science – et s’enfuit secrètement et partit. »

L’homme dit alors : « Cet homme est très âgé, de grande taille, le visage brillant, pourvu de bonnes mœurs ; sa vie et son état ne déplaisent pas non plus : il est en effet ermite dans les montagnes de Jérusalem. Et si tu désires tant connaître son nom, il s’appelle Morienus le Romain, vieillard, ermite. »

S’étant alors tourné vers son serviteur Galip, il dit : « Celui-ci est véritablement l’homme à propos duquel j’ai été attristé, tout comme toi ! »

Galip dit : « Ô bon roi, je pense qu’il en est ainsi »

Le roi se réjouit beaucoup, incroyablement, et traita cet homme avec beaucoup de bienveillance. Il ordonna donc de lui offrir de nombreux cadeaux, tout en lui en promettant de plus grands.

Telle est l’histoire de Morien le Romain ; à savoir comment il obtint lui-même le magistère d’Hermès.

Commence ici le discours de Galip, serviteur et esclave du roi Calid, fils de Gezid, fils de Macoya.

Le serviteur Galip dit : Peu de jours après que cet homme eut fait cette annonce au roi, l’homme vint, se présenta au roi et dit : « Ô bon roi, que Dieu te tourne vers le bien. Je ne veux pas que nous retardions plus longtemps notre promesse. Convoque donc tous tes hommes les plus nobles, et parmi eux, prépare m’en quelques-uns, pour qu’ils m’accompagnent et reviennent avec moi ; le chemin qui nous reste est long. »

Le roi, le regardant d’un visage calme, lui dit : « Tu parles bien ; qu’il en soit ainsi. »

Le roi me fit alors promptement appeler. Comme je me présentai à lui, il me dit : « Ô Galip, bon serviteur, rassemble auprès de toi tous les plus nobles de mes hommes, et parmi eux, choisis les hommes que cet homme voudra, et combien il en voudra, pour qu’ils aillent et reviennent avec vous. Je fis donc ce que me prescrivit le roi. Quelques jours plus tard, nous entreprîmes notre voyage.

Nous prîmes le chemin de Jérusalem et passâmes des jours à parcourir des lieux déserts et impénétrables ; enfin nous arrivâmes à Jérusalem. Tandis que nous nous fatiguions à errer dans les montagnes désertes, nous découvrîmes le repère où vivait Morien le Romain, vieillard ermite. Comme nous entrions, nous vîmes là un homme âgé, grand de taille, au corps maigre, beau et rayonnant, et dont nous admirâmes aussi beaucoup l’état et l’allure. Sa peau était rugueuse à cause de l’aspérité de la cape qu’il portait. Alors, l’homme qui nous avait emmenés avec lui ici nous dit : « Voici Morien le Romain, vieillard, ermite. »

Moi, tandis que je le regardais de plus en plus attentivement, aussitôt je le reconnus. L’ayant reconnu, je le saluai de la part du roi Calid. Entendant ce nom, l’homme bon sourit, et nous fit approcher. Nous nous réjouîmes, et nous assîmes à ses côtés, heureux.

L’homme de Dieu nous interrogea sur l’état de notre roi et sur celui du royaume. Comme je lui expliquais cela, je lui exposai la cause de notre voyage. Se tournant vers lui, il dit : « Je suis très heureux que vous m’ayez trouvé, fils. Je viendrai avec vous, pour que le roi Calid me voie après m’avoir longtemps désiré, et qu’il reconnaisse, grâce à moi, l’étonnante puissance du Créateur. »

 Après avoir, quelques jours durant, reposé nos membres las de la fatigue du voyage, nous entreprîmes le chemin du retour, et regagnâmes notre patrie.

Lorsque nous arrivâmes devant le roi, celui-ci vit l’homme de Dieu ; l’ayant vu, il le reconnut aussitôt, et me recevant, il dit : « Ô Galip, bon serviteur, c’est l’homme pour lequel j’ai été si triste, tout comme toi ! Je voudrais que tu m’expliques sans ambages ce qui vous est arrivé en chemin. »

Je lui racontai toute la chose dans l’ordre, depuis le début.

Pour connaître la suite de l'histoire : Bibliothèque des Philosophes Chimiques, Tome I, p. 315 !

   

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