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Le Serpent, symbole du Christ ou de Satan?

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#101

Bonjour à tous,

Je tombe sur cet article du glossaire, issu d'Hippolyte de Rome, qui dit que le serpent - que j'avais toujours entendu comme un symbole de Satan - est également symbole du Christ.

[Hippolyte de Rome, « Réfutations de toutes les hérésies » dans van Kasteel, H., Questions Homériques, Beya, 2012, p. 803]
5 – Le nom « naassène » vient de l’hébreu nahash, (simplifié naas), « serpent ». On se rappellera en effet la place centrale du serpent dans la doctrine chrétienne en général, cf. Jean, 3, 14 : « De même que Moïse exalta le serpent dans le désert, de même le Fils de l’homme doit être exalté » ; et le commentaire, par exemple, d’un Ambroise : « Sur ce bois fut élevé mon Serpent. Ô le bon Serpent ! [...] Quiconque l’adore n’a rien à craindre des serpents mauvais » L’identification du serpent et du Christ est empruntée directement au judaïsme qui assimile le nombre de "nahash", « serpent », 358, à celui "meshiah", « Messie ».

Je suis plus qu'étonnée par cette affirmation! Quelqu'un pourrait-il m'expliquer - autrement que par guématrie - comment on en arrive là?

Je lis chez Agrippa:

Le serpent frappé une fois d'un roseau meurt, si on lui en donne un second coup, il se fortifie.

Pensez-vous qu'il puisse y avoir un lien?
Merci d'avance pour vos éclaircissements!

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#107

C'est certainement un thème important, car Paracelse le reprend dans sa "Philosophia Magna" (De Saganis).
Je crois que ce serpent est en rapport avec la moelle de la colonne vertébrale ...

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#111

dans votre glossaire :

CADUCÉE
[Fulcanelli, Les demeures philosophales, t. 1, Pauvert, 1964, p. 374]

1 – […] Dans le présent motif, l’agent se signale par son casque strié. En effet, le mot grec ·abdèdhj, strié, rayé, vergeté, a pour racine ·£bdoj, verge, bâton, baguette, sceptre, caducée, hampe de javelot, dard. Ces différents sens caractérisent la plupart des attributs de la matière active, masculine et fixe. C’est tout d’abord la baguette que Mercure jette entre la couleuvre et le serpent (Rhéa et Jupiter), sur laquelle ils s’enroulent en réalisant le Caducée, emblème de paix et de réconciliation. Tous les auteurs hermétiques parlent d’un terrible combat entre deux dragons, et la mythologie nous apprend que telle fut l’origine de l’attribut d’Hermès, qui provoqua leur accord en interposant son bâton. C’est le signe de l’union et de la concorde qu’il faut savoir réaliser entre le feu et l’eau. Or, le feu étant représenté par l’hiéroglyphe ▲ , et l’eau par le même graphique inversé ▼, les deux superposés forment l’image de l’astre, marque certaine d’union, de pacification et de procréation, car étoile (stella) signifie ‘fixation du soleil’. Et de ce fait, le signe ne se montre qu’après le combat, lorsque tout est devenu calme et que les effervescences premières ont cessé. Le sceau de Salomon, figure géométrique résultant de l’assemblage des triangles de feu et de l’eau, confirme l’union du ciel et de la terre. C’est l’astre messianique annonciateur de la naissance du Roi des rois ; d’ailleurs, khrÚkeion, caducée, mot grec dérivé de khrukeÚw, publier, annoncer, révèle que l’emblème distinctif de Mercure est le signe de la bonne nouvelle.

Voir aussi : Coq 2

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#112

donc, si je comprends bien, il peut y avoir un mauvais feu (serpent) et une mauvaise eau (couleuvre) qui une fois rassemblés en leur milieu apportent la paix...autrement dit le Christ ?

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#113

tiens ce ne serait pas plutôt Saturne au lieu de Jupiter ?

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#117

Bien compliqué, tout cela! La seule chose que je sais (ou crois savoir), c'est que Rhéa fabrique des pierres. Autrement dit, elle fait couler (de RHEÔ, couler) la chaleur aérienne fluidique de Jupiter. Cette force qui rend visible et qui fixe ce qui est invisible, provient de la terre, et même, au départ, du centre, de la vierge HESTIA. Donc, le mercure philosophique ne doit pas être confondu avec le mercure vulgaire.

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#118

je retrouve ceci dans mes notes (je n'ai malheureusement plus les références) :" nahash signifie serpent et voyance, divination. C'est pour cela qu'on dit "prudent comme un serpent", puisque prudent est lié à prévoyance, providence.

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#119

Oui, le DRAKÔN (dragon serpent) des Grecs, vient de DERKOMAI, regarder, voir, avoir la vue perçante. Celui dont les moelles s'illuminent devient voyant, semble-t-il.

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#130

Pantout écrit: Le DRAKÔN (dragon serpent) des Grecs, vient de DERKOMAI, regarder, voir, avoir la vue perçante.


De même, un autre mot grec fréquemment employé pour désigner le serpent, ophis, est lié à oph', «vue», ophtalmos, «œil», ophtênaï, «être vu», etc.

De là le nom des ophites, chrétiens qui, comme les naassènes, adoraient le serpent.

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#209

Bonsoir,

Merci à tous pour vos commentaires si passionnants et éclairants !

La phrase de PANTOUT : « Je crois que ce serpent est en rapport avec la moëlle de la colonne vertébrale ... » m’a rappelé un texte très intéressant lu dans un volume des éditions Beya, ORACLES ET PROPHÉTIE n°11.
Dans LA THÉOSOPHIE DE TÜBINGEN, pages 119-120, je ne peux résister à vous transcrire un ‘petit’ extrait :


Un certain Théophile ayant demandé au dieu solaire Apollon : Es-tu, toi, Dieu, ou est-ce un autre ? », l’oracle lui répondit :

« Il y a, venue d’au-dessus de la voûte céleste et fixée par le sort, une flamme infinie, mouvante, immense : L’ÉON. Elle est dans les bienheureux, inaccessible, à moins que le Père grand ne projette de se laisser voir. L’éther n’y porte pas les astres éclatants, et la lune resplendissante n’y est point suspendue ; on n’y rencontre pas de dieu en chemin, et moi-même qui embrasse tout de mes rayons en tournoyant dans l’éther, je ne m’y déploie pas. Mais Dieu est un conduit de feu, très long, serpentant en spirales, sifflant. Si on touche ce feu éthéré, on n’a pas le coeur divisé. Car l’éon n’a pas de division, mais avec un soin incessant il est mêlé aux éons par Dieu même. Né de lui-même, sans maître, sans mère, inattaquable, dont le nom ne se laisse renfermer par aucune parole, habitant dans le feu : voilà Dieu ! Quant à nous, ses messagers, nous sommes une parcelle de Dieu. »

Il y a donc, précise l’auteur de la Théosophie, « un feu au-dessus de la cavité du ciel, continuellement mouvant ». Il correspond à ce qui meut l’universus, « qui tourne en un seul sens ». Ce « Dieu le Feu » est maintes fois évoqué par les Écritures ainsi que par les philosophes chrétiens :

« Le Feu est le plus haut, le plus excellent et le plus digne des Quatre Éléments, et pour cette raison, Moyse le Prophète, [Hermès] Trismégiste, les Prophètes, les Apôtres, les Évangélistes, et une infinité d’hommes Sages n’ont pas seulement comparé Dieu à un Feu, mais l’ont aussi dit être un Feu, vu que ce grand Dieu tout-puissant s’est manifesté souvent en forme de Feu [...]. »

Le terme αἰών, « éon », peut se traduire aussi par « temps », « éternité » ou « vie ». Il est apparenté au latin ævum, que l’on retrouve dans le français « longévité » ou « médiéval ». L’éon représente la vie éternelle. C’est en faisant descendre une parcelle de cet éon igné que l’homme participe à l’immortalité. « Inconnu est le chemin du feu intelligible », dit encore notre commentateur. Ce feu parcourt un chemin. Il est écrit dans les Psaumes :

Frayez un chemin à celui qui chevauche dans les hauteurs...

Emmanuel d’Hooghvorst commente :

« C’est l’alchymiste qui « fraie un chemin » à cette étoile filante afin de réaliser son vœu. »

Ce feu devient alors un véritable feu de cheminée, que l’oracle décrit ainsi :

« Dieu est un conduit de feu, très long, serpentant en spirales, sifflant. »

L’auteur de la Théosophie ajoute :

« Ce feu est terrible pour tous parce que son très long conduit, c’est-à-dire son vif élan qui suit une ligne droite, se fait accompagner de torsions et de bruit. »

La description évoque singulièrement la kundalini des hindous, le serpent qui se déroule le long de la colonne vertébrale pour en atteindre le sommet, comme l’illustre l’uræus ornant le front des anciens pharaons. On pense également à la crosse des évêques, jadis façonnée en forme de serpent dressé, et dont la stature est celle de l’homme. Remarquons d’ailleurs que le mot αἰών désigne en particulier la moelle de l’épine dorsale.

(…)


Je ne sais pas si vous connaissez mais il y a aussi, dans le même ouvrage, l’article de Monsieur M. Rodriguez de Almenara sur L’ORACLE DU SERPENT ; particulièrement intéressant.

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#305

Tout ceci est magnifique, et j'espère vraiment que des tas de jeunes chercheurs se mettront en quête de ce mystère si passionnant qui a été caché si longtemps dans les sables de la morale ou de l'oubli.

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#439

A propos DES SERPENTS, il faut relire l'article et la traduction d'EH dans le FA 22 !
On explique la punition du serpent et sa conversion :

Tu as voulu tuer Adam afin d'épouser Eve. Je mettrai une inimitié entre toi et la femme [...] Tu (le serpent) iras sur ton ventre ! Au moment où le SBSI lui dit : tu iras sur ton ventre, les anges exécuteurs descendirent et lui coupèrent les mains et les pieds. Alors son cri se répandit d'un bout de monde à l'autre.

TU IRAS SUR TON VENTRE. Ne se redressera-t-il jamais ce tordu ? C'est le secret de l'ART.

Il est écrit en effet, dans l'Évangile selon Jean (iii, 14) : "Et Moïse éleva le serpent dans le désert; de même fallait-il que le Fils de l'homme fût élevé". C'est une allusion au SERPENT D'AIRAIN.

Nous lisons dans les nombres (21, 6...9) : "Alors que le peuple murmurait dans le désert contre Dieu et contre Moïse, le Seigneur leur envoya des serpents de feu et ils les mordirent et quiconque était mordu en mourait. Alors le peuple vint trouver Moïse et ils lui dirent : Prie pour nous car nous avons péché, que le Seigneur détourne de nous le serpent. ALORS IAVE DIT A MOISE : FAIS TOI UN SERPENT DE FEU, ET METS-LE SUR UNE PERCHE; ET QUICONQUE, AYANT ETE MORDU, LE REGARDERA VIVRA". Alors Moïse se fit un serpent en poids d'airain sonnant. Il le plaça sur une perche et quiconque avait été mordu, était guéri en le regardant".

Dans le Midrache Rabbah, ce passage est interprété comme suit : "Et Moïse fit un serpent d'airain, il le mit sur une perche, et il le lança en l'air et il se tint debout". Dans la traduction anglaise de Rabbi Friedman et M. Simon (chez Soncino) on trouve :"il l'éleva par un miracle, il le jeta en l'air où il demeura."

Ce serpent lancé en l'air et y demeurant nous parait être une allusion au son de l'airain.

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#440

Lucie Yolle écrit: Je ne sais pas si vous connaissez mais il y a aussi, dans le même ouvrage, l’article de Monsieur M. Rodriguez de Almenara sur L’ORACLE DU SERPENT ; particulièrement intéressant.


Un petit extrait ?

Merci !

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#488

Concernant ce Serpent qui doit se redresser, voici un passage instructif de Eugène Philalèthe dans son Anthroposophie théomagique :

"Il vous faut comprendre que Dieu, avant son oeuvre de Création,était replié sur lui-même, contracté. En cet état, les Égyptiens l'appellent "monas solitaria" (monade solitaire) et les cabbalistes "aleph tenebrosum" (aleph ténébreux). Mais quand vint l'instant décrété par la Création, alors apparut l'aleph lucidum (aleph lumineux) et la première émanation fut celle du Saint-Esprit dans le sein de la matière. C'est ainsi que nous lisons : "Les ténèbres couvraient l'abîme, et l'Esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux"(Gen. I, 2) [...].

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#532

Encore à propos du serpent, je lis ceci dans la dernière publication de Beya, Le temple de Virgile, (Hans van Kasteel), p. 99 :

"Le serpent est appelé anguis parce qu'il est angulaire (angulosus) et jamais droit".

Ainsi, le redresser, c'est le remettre droit, ou à l'endroit : il nous guérit alors.

Enfin, voilà une modeste contribution.

Dernière édition: par arca.
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