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Les Jours Du Cosmos.

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#1571

Les premiers livres de la Bible ne font pas mention d' éres successives qu' aurait vécues l' humanité ( sauf, incidemment et confusément, dans Job ), les évangiles, pas davantage, sauf en deux versets chez Luc. Cependant, les siécles hellénistiques et ceux qui ont suivi ( jusqu' au quatriéme siécle aprés JC ) offrent des oeuvres importantes et nombreuses consacrées a ce sujet : on en trouve trace chez Diodore, Strabos, Plutarque, Sénéque, Saint Jean, Tacite, Ptolémée, Marc - Auréle, Dion Cassius, Saint Irénée, Jamblique, ainsi que dans les oeuvres dites " Hermétiques " ( égyptiennes et Grecque ) ou " Sybillines " ( chrétiennes ).

Job, 31 - 33 - Dieu s' adresse a Job : " Est ce toi qui serres les liens des Pleiades ? Pourrais tu relacher les chaines d' Orion ( dans le Taureau ) ? Est ce toi qui fais lever les constellations en leur temps ? Connais tu les lois du ciel et ses influences sur la terre ?"

Selon Luc, 25 - " Et il y aura des signes dans le ciel....."

C.P.

Dernière édition: par ines.

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#1580

Dans ces divers ouvrages, les éres apparaissent liées au Zodiaque et portent les noms memes des Signes : les Poissons, le Bélier, le Taureau, l' Aigle ou les Gémeaux, le Serpent ou Cancer, etc. Pour trois d' entre elles, l' Histoire a pu nous étre un guide sur et leur étude a révélé que chacune avait duré précisément le temps ou le soleil se léve dans un Signe donné : dans le Taureau de 5 000 a 2 850 avant JC, dans le Bélier de 2 850 a 700 avant JC, dans les Poissons de 700 avant JC, jusqu' a 1 450 aprés JC, chaque passage d' une ére a l' autre étant indiqué au surplus par le remplacement de l' étoile polaire.

Les récentes découvertes de l' archéologie nous ont également permis de faire apparaitre que, durant chaque période de 2 150 ans ainsi délimitée, les hommes ont inventé de nouveaux mythes et de nouveaux Dieux, en meme temps que de nouvelles techniques, jusqu' a ce que le Mythe ou l' Esprit s' incarne dans une église ( ou Tradition ou collectivité ) dont l' apogée, le " Royaume " se situe aux derniers siécles de l' ére, peu de temps avant sa fin, bien que des principes ou dogmes nés de la Tradition aient une durée beaucoup plus longue.


C.P.

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#1586

Cette analyse nous fut facilitée du fait que les trois Mythes en question nous demeurent familiers et que leur étude n' exige pas d' initiation particuliére. En effet, les symboles qui s' y rattachent appartiennent a un vocabulaire dont presque tout lecteur aura eu connaissance, ne fut ce que par l' horoscope quotidien : notre astrologie a cinq mille ans d' age.


Au contraire, antérieurement a 3 000 avant JC, les repéres mythiques nous apparaissent a tel point différents qu' une étude superficielle ne permet pas de les rattacher aux notres. Ainsi semble t il assuré que le " Bestiaire astral " auquel nous nous référons en partie appartient exclusivement a la période : 2 000 avant JC - 3 00 aprés JC. Alors, les Poissons, le Bélier, le Taureau prennent ces noms sous lesquels chacun les reconnait ; alors, les Gémeaux se nomment l' Aigle Double ou le Dragon, le Cancer le Serpent, notre Lion le Lion ou le Cheval ou le Faisan ( en Chine ) , la Vierge le Mouton ( en Chine ) ou la Tortue ( dans l' Inde et a Cnossos ) et la Balance le Sanglier ( Inde, pays celtiques ). Plut tot, le Cancer s' était nommé la Lune ( ou la Pluie ), le Lion : le Soleil ( a Sumer ) ou le Palais Rouge ( en Chine ), la Vierge : la Terre Fertile ou la Déesse des Moissons, la Balance : le Vent, l' Orage ou la Tempéte.


C.P.

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#1590

Plus haut dans le temps, nous rencontrons l' époque ou l' idée meme d' un Zodiaque n' existe pas : le calendrier y est lunaire, non solaire, et ce sont les " Stations " de la lune dans le ciel qui délimitent les mois et les années. Alors, d' autres symboles ont du permettre aux mages, aux chamans, aux sorciers, d' illustrer les phases successives de l' évolution humaine.

Il reste que des monuments comme les alignements de Kermario et de Kerlescan ou le calendrier péruvien de Tiahunco attestent que, 1 000 ou 6 000 ans avant JC ( certains disent 10 000 ), le ciel était déja l' objet d' observations ; celles ci conditionnaient certaines architectures, elles étaient consignées sur des " Agendas " de pierre, ou il nous faut bien voir comme une maniére d' ébauche de l' astrologie, l' ébauche d' une croyance en des Forces inconnues, en des influences cosmiques ou divines, dont les cycles eussent expliqué l' évolution de l' humanité a travers des éres ou des " Avatars " déja dénommés et prédits.

C.P.

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#1646

En effet, les peuples " Sauvages " eux memes, privés de schémas mythiques, admettent cependant l' idée des " Incarnations " successives du Dieu. " L' homme qui marche s' arréte ou il lui plait, disait a Miss Fletcher un indien dakota. Ainsi de la divinité : le soleil est un endroit ou elle s' est arrétée, les arbres, les animaux en sont d' autres. C' est pourquoi on les prie, car on parvient enfin a la place ou le Dieu stationne, et l' on obtient de Lui aide et bénédiction."


Or, cette croyance parait avoir été commune a tous les peuples a un moment de leur histoire. Des Chinois aux Mayas, des Chimus aux Mongols, des Assyriens aux Romains, des Japonais aux Juifs de la Cabbale, des Phéniciens aux Nestoriens et des Grecs aux Peaux - Rouges, les nuances perceptibles concernent quelquefois les emblémes employés - mais jamais le coeur du probléme. Tous ont dit une meme chose, bien que ce fut différemment.

L' escalade et le voyage.


Le théme de la Traversée ou du Voyage se retrouve en égypte et au Tibet. En égypte, le Voyage s' effectue a travers des zones ou des " Chambres " successives, ou se laissent parfois reconnaitre, esquissées, les figures zodiacales que nous utilisons : les deux Lions gémiques, le Serpent, le Soleil, la Déesse Vierge, le Dieu a la balance, le Scorpion. Mort, l' homme doit revivre les étapes antérieures de l' évolution humaine et recueillir l' approbation, ou le pardon, des divers Dieux qui ont précédé le sien.

Pareillement, le Bardo Thodol Tibétain enseigne qu' aprés sa mort, l' homme doit revivre pour son compte personnel les septs étapes de l' évolution, présentées comme sept mondes, constitués chacun par sept globes placés sur des cercles paralléles.


C.P.

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#1650

Plus confus, le célébre " Voyage nocturne " de Mahomet est, de meme, comme un pressentiment des " Ciels " qu' il devra traverser aprés sa mort. Dans le premier, l' attend Adam ( l' homme éternel ) ; dans le second, Jésus et Jean ( les prophétes chrétiens ) ; dans le troisiéme, Joseph, le prophéte Biblique ; dans le quatriéme, Hénoch, qui vécut au temps de Sumer ; dans le cinquiéme, Aaron ; dans le sixiéme, Moise ; dans le septiéme, Abraham. Symboliquement, ce Voyage n' a guére de sens : l' ignorance historique du Prophéte de l' Islam est un sujet banal de raillerie ; mais la mention des sept espaces ou firmaments nous laisse imaginer comme une initiation quelconque, interrompue.

Similaire, le théme de l' Escalade se retrouve chez les Médes, les Perses, les Mongols. C' est une échelle a sept degrés ou devait s' élever le myste mithraique, et c' est un arbre ( bouleau ) marqué de sept encoches que devait gravir l' apprenti - chaman chez les peuples d' Asie Centrale.

Ces sept encoches figurent clairement sept cycles cosmiques, et nous pouvons reconnaitre certains des symboles qui y correspondent : le Faucon ( symbole gémique ) a la cinquiéme encoche, la Lune ( symbole cancérique ) a la sixiéme, le Cheval ou le Soleil ( symboles léonins ) a la septiéme. Chez les Yakoutes, l' Aga supréme, qui habitait le septiéme ciel, était adoré comme le Dieu de la Foudre. Chez les Tougouses, ou les encoches du bouleau atteignent le nombre neuf, le neuviéme ciel est habité par Buga, le " Ciel - monde ", identifiable a l' Anu sumérien, dont le temple a Ourouk était l' E-an-na, la " Maison du ciel." Il s' agit la de divinités Ouraniennes, dont le siége Zodiacal serait la Balance.


C.P.

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#1654

Lettres et Dieux.

Plus abstraitement, les Séphiroth de la Cabale correspondent a des sphéres encastrées l' une dans l' autre. Selon le Sepher Yetsira, Nombres ou signes fondamentaux, ils représentent les formes idéales par lesquelles Dieu a créé les mondes successifs. Voici leurs noms et leurs équivalences mythiques :

1) Kether : la couronne ( ou le cercle ).
2) Chochmar : la Sagesse ou, primitivement, l' essence de toute vie.
3) Binah : l' intelligence.
4) Chesed : la bonté ou Gedulah : la magnificience.
5) Geburah : la puissance ( ou la répartition dans la justice ) ou Pechad : la peur.
6) Tiferet : la gloire ou la perfection.
7) Nisah : la victoire ou la durée.
8) Hod : l' honneur.
9) Yesod : la fondation.
10) Malchut : le royaume.

De tous les systémes d' éternel retour, le systéme cabaliste est le plus difficile a réduire au Zodiaque ; sa complexité meme, pourtant, atteste une millénaire étude des évolutions cycliques, et l' on concoit que de grands esprits ( Spinoza, Leibniz, Kant ) se soient penchés sur le probléme.

Plus simple était, au départ, le systéme brahmanique, ou des Lettres et des Noms représentaient également des éres successives. " La lettre A, la lettre U et la lettre M qui, par leur réunion, forment le monosyllabe sacré Aum ( ou Om ) ont été exprimées des trois livres saints ( les Védas ) par Brahma, le Seigneur des créatures, ainsi que les trois Noms : Bhur, Bhuvar et Swar."


C.P.

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#1656

Les Upanichads reprirent ces noms dans leurs listes sacrées ( entre le sixiéme et le quatriéme siécles avant JC ). Bhur y représentait la terre ; Bhuvar, le ciel atmosphériques ; Swar, la partie du ciel proche de la Polaire ; Mahar, la région située au - dela ; Janar, l' endroit du ciel habité par le fils de Brahma ; Tapar, l' endroit du ciel habité par les Vairagins déifiés ; Satya était le domaine de Brahma lui meme.


Dans ses ouvrages, ou il décrit cinq systémes astronomiques différents, le Maitre Varamihira ( sixiéme siécle aprés JC ) compare ces sept " Ciels " a sept des " Sphéres " d' Aristote, " Manifestations temporelles de l' étre divin." D' autre part, Robert Fludd ( 1577 - 1637 ) , dans sa Philosophie Mosaique, identifie les dix sphéres d' Aristote aux Séphiroth de la Cabale. Enfin, de trés nombreux paralléles ont été établis ( et le sont encore de nos jours ) entre les trois religions indiennes, le Brahmanisme, le Bouddhisme et l' hindouisme.

En effet, dans un Bouddhisme " évolué ", aux sept ciels du Brahmanisme correspondent en partie sept " Avatars " ou incarnations du Bouddha, depuis la Vierge ( Avalokitecvara ) jusqu a l' ére des Poissons ( Cahya - Mouni ), auxquels doit succéder l' avatar ( du Verseau ) Maitreya.


Parallélement, l' Hindouisme prétait au Dieu Vichnou dix avatars, dont le premier était le poisson Matsya, le second : Vraha, le Sanglier ; le troisiéme Kurma, la Tortue qui devint Femme, le quatriéme : Nara - Sinha, l' Homme - lion, le cinquiéme : Vanana, le Nain, le sixiéme : Parusa - Rama ou Rama a la hache, le septiéme : Rama ( plus tard, Civa le Taureau ), le huitiéme : Krishna, mythe taurique, puis bélique, le neuviéme : le Bouddha, Dieu Amour - et dont le dixiéme sera l' avatar du Verseau : Kalkin.


Il existe une différence des plus notable entre les systémes Cabalistes et Brahmanes et les autres systémes indiens : les deux premiers ( Béliques ) présentent le caractére fondamental du Bélier : dédaigneux du passé, tourné vers l' avenir. il nous révéle également l' élaboration empirique des Sephiroth, par opposition a la création abstraite des autres systémes : au cinquiéme siécle aprés JC, la Justice et le Jugement, au seiziéme siécle la Peur du peuple élu, sont des faits historiques. Ces mythes recouvrent exactement la période 700 avant JC - 1 500 aprés Jc - telle qu' elle fut vécue par les Juifs.

Enfin, cela permet de vérifier les équivalences déja étudiées entre la Création ( Intelligence abstraite ) et le Taureau, entre l' Exactitude et le Bélier ; cela suggére certaines équivalences ( sur lesquelles nous reviendrons ), entre la Vierge et la Tortue, entre le Cercle, l' Oeuf et le Serpent.


C.P.

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#1661

Les couleurs et les métaux.

Tout autres que les symboles indiens et juifs, furent les symboles mésopotamiens et iraniens des cycles successifs. Hérodote rapporte que les murs d' enceinte d' Ecbatane avaient été enduits de couleurs différentes par le roi des Médes Dejocés ( vers 722 avant JC ). Les créneaux de la premiére enceinte étaient blancs, ceux de la seconde noirs, de la troiséme pourpres, de la quatriéme bleus, de la cinquiéme orangés, de la sixiéme argentés et de la septiéme dorés.

Combinant les couleurs et les planétes, les sept étages du palais assyrien de Korsabat étaient : le premier blanc et dédié a Vénus, le second noir ( Saturne ), le troisiéme vermillon ( Mars ), le quatriéme bleu ( Mercure ), le cinquiéme pourpre ( Jupiter ), le sixiéme argenté ( la Lune ) et le septiéme doré ( le Soleil). Différemment, l' enceinte ou s' élevait la tour de Mat - Nu - Nakir, a Babylone, comportait sept étages ainsi ordonnés : noir pour Saturne, blanc pour Vénus, pourpre pour Jupiter, bleu pour Mercure, vermillon pour Mars, argent pour la Lune, or pour le Soleil.

Enfin, l' échelle des Perses comportait sept " Seuils." Le premier était de plomb et correspondait a Saturne, le second d' étain ( Vénus ), le troisiéme de cuivre ( Jupiter ), le quatriéme de fer ( Mercure ), le cinquiéme de divers métaux ( Mars ), le sixiéme d' argent ( la Lune ) et le septiéme d' or ( le Soleil ).

En rapprochant ces diverses suites de symboles Zodiacaux, il apparait que trois " Régions " ne changent jamais leurs symboles : l' age du Taureau ( dont dépendent précisément les divers cultes assyriens, médes, babyloniens ), l' age d' Or et l' age d' Argent. Au contraire, l' ére nouvelle ( a l' époque ) du Bélier est rattachée tantot a Jupiter tantot a Mars ; or, astrologiquement, Mars est la planéte du Bélier. L' erreur serait donc ici le fait de Babylone, la patrie du Taureau, ce qui ne peut surprendre.

Elle entraine l' erreur " Complémentaire " de rattacher le Signe des Gémeaux a Mars, alors que la Médie, la Perse et l' Assyrie caractérisent parfaitement le signe par la couleur orangée, divers métaux ou la planéte Jupiter.

Quant aux deux éres alors a naitre ( les Poissons et le Verseau, selon notre Zodiaque ) les Perses et les Babyloniens nous paraissent ici plus exacts que les Assyriens, car Vénus fut effectivement la planéte - symbole des Poissons et Saturne celle du Verseau, non l' inverse. Néanmoins, la vraie planéte des Poissons est aujourd' hui Neptune et celle du Verseau Uranus, toutes deux ignorées de Babylone et d' Echbatane : ce qui justifie pleinement l' incertitude des anciens astrologues.

Ce rapport entre les Signes et les planétes était encore un objet de discussion aux premiers siécles aprés JC. Paul d' Alexandrie ( sous Gratien ) et Héliodore ( vers 900 ) y consacraient de longues études dans leurs analyses des livres hermétiques.


C.P.

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#1663

Vérité des légendes.

En dépit de la diversité de ces illustrations symboliques, il est impossible de douter qu' un théme unique s' y trouve constamment en question. C' est pourquoi on ne peut s' interdire l' ironie en songeant a l' outrecuidance de certains historiens du siécle dernier ( pour ne rien dire de leurs héritiers ), qui opposaient la confusion et la naiveté des " Mythes et légendes " a la précision raisonnée de " L' historien scientifique " - alors que, des Védas jusqu' a nous ( a travers cent chefs - d' oeuvre, sont les sommets, se nommaient le Livre de la Création, les Livres des Morts, l' Avesta, l' Odyssée, les Puranas, le Popol Vuh, la Baghavad Gita, l' Apocalypse, le Voluspa, le Lebor Gabala, le Zohar ), les mythes et légendes n' ont cessé de tracer et de creuser le meme sillon ; et alors qu' en un siécle d' existence, les historiens scientifiques n' ont eu que se combattre et se jeter l' Anathéme, sans pouvoir décider seulement des époques ou vécurent Manés et Zoroastre, Moise et le Bouddha, ni meme du nombre exact de triomphes accordés a Néron.

C.P.

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#1678

Certes, la " Vérité " des mythes et des légendes est d' une autre nature que les " Vérités " de l' histoire. Elle leur est opposable comme la vérité mathématique aux vérités fluctuantes, parfois contradictoires, des sciences naguére dites " Naturelles " ( quand elles le sont si peu !).

Il s' ensuit qu' on ne saurait établir la premiére comme on établit les secondes. Ainsi l' observation seule ne découvre pas que : 1+1=2 ; car, rapprochés l' un de l' autre, un objet A et un objet B seront toujours A et B, immodifiés dans leur structure par le plus étroit voisinage. Mieux : l' invention de l' ensemble ( AB ), que représente le chiffre 2, ne fait qu' ajouter une troisiéme réalité, fictive, aux réalités concrétes A et B ; de sorte qu' on devrait écrire : 1+1=3. Mais, tout indémontrable qu' elle soit au regard de l' observation quotidienne, la vérité " Binaire " n' en est pas moins indiscutable sur le plan ou elle se situe.

La vérité mythique de meme. Les chamans, les prophétes, les prétres n' ont jamais nié le caractére abstrait du Mythe, fut ce quand le Mythe en vient a se substituer a des réalités concrétes ( historiques ou sociologiques ), comme l' ensemble ( AB ) aux objets réels A et B qu' il symbolisait d' abord.

Mais nous voyons aussi que les " Réalités " historiques ou sociologiques échappent non seulement au raisonnement mais a l' observation meme ( une seconde aprés l' événement ), comme si l' esprit n' était jamais en prise directe sur le réel et comme s' il lui fallait précisément inventer quelque fixateur de la réalité afin de pouvoir s' en saisir.


C.P.

Dernière édition: par ines.

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#1683

C' est donc ce fixateur ( le nombre ou le Mythe ) que nous devons nommer la vérité, tout autre " Vérité " - prétendument identifiée au réel meme - étant nécessairement une imposture. N' est ce pas pourquoi la vérité mathématique se présente ( a l' homme de la rue et au physicien nucléaire ) comme la garantie par excellence du raisonnement le plus simple et de la recherche la plus audacieuse, quand les " Vérités " dites empiriques n' ont jamais suscité que l' orgueil, le fanatisme et la mauvaise foi ?

" Vérités " catholique, rationaliste, marxiste, elles se ressemblent en cela : si l' église du Concile de Trente brule Giordano Bruno, la Science du Positivisme persécute Boucher de Perthes, et pour la meme raison : parce que, ici et la, le Mythe est devenu un dogme, l' Invention une " Réalité objective."

Or, la persécution, Sibérie ou bucher, ne saurait sauver l' état, la Discipline, l' église qui ont commis l' erreur majeure de " Prendre la carte pour le territoire ", le Fixateur pour le Fixé : les églises s' y scélérosent, les sciences s' y ridiculisent. Trop fier d' un savoir bientot criminel ( puisqu' il fut d' abord mensonger ), l' homme est comme proscrit d' une réalité qu' il ne peut asservir sans l' aide d' un agent exécuteur, auquel il doit se soumettre avant d' y soumettre l' Univers.

C.P.

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#1688

La vie des formes.

L' hypothése est assez récente que les Mythes puissent conditionner le comportement humain, étre l' agent moteur des civilisations, jouer le meme role que les Nombres, fixateurs du Réel : il y a cent ans, personne n' eut pris le risque de la soutenir - si ce n' était quelques poétes, Edgard Poe, Nerval, Emerson, Shelley, Baudelaire, Mallarmé, desquels leurs contemporains n' attendaient pas ce genre de révélation.

Mais, depuis trente ans, la folle hypothése a cessé d' étre indéfendable ; les esprits les plus savants ne craignent plus de la justifier : Russel, Bachelard, Lachemar sur le plan de la philosophie pure, Jung sur le plan de la psychanalyse, Spengler, Tonybee, Borgés, Eliade sur le plan de l' Histoire, Heisenberg sur le plan de la physique nucléaire, etc. Des ouvrages d' Elie Faure a ceux de Jean E. Charon, une trés importante bibliographie a préparé le terrain aux futurs philosophes ( qui doivent étre, tout a la fois, des biologistes, des historiens et des astrophysiciens ).

Le plus important reste a faire : établir comment les Mythes - ou, plus précisement, les formes - naissent et murissent dans l' inconscient collectif avant de se manifester au grand jour et d' acquérir soudain le pouvoir créateur qu' on leur voit.

Dés aujourd' hui, cependant, on peut se risquer a supposer que cette naissance et ce murissement sont comparables a la formation de toute vie. Comme le foetus ou le germe, le rite initial ( le symbole - moteur, nécessairement absurde ) contient les éléments constitutifs de l' étre parvenu a sa plus grande expansion ; comme la plante ou l' animal, le Mythe nait de l' intérieur, par accroissement progressif : il ne peut étre " Fabriqué " ou " Planifié " , quelles que soient les raisons - logiques, morales ou politiques - qui en font souhaiter l' avénement. En conséquence, on ne saurait préjuger de la forme définitive d' un homme, avant que les conditions memes de son existence aient constitué ses limites naturelles. En ce sens, Rilke affirmait que l' homme s' accomplit seulement par sa mort : le point qu' il n' a pu dépasser.

C.P.

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#1691

Or, il est dans le dessein de tous les étres de perdre leur fraicheur, puis leur vitalité, puis leur pouvoir de création avant de perdre la vie. Ces étres impalpables que sont les Mythes ne font pas exception a la régle. Leur épanouissement ( le " Royaume ") est pour eux la sortie de la jeunesse - et l' agonie de la religion - mére, qui les créa, car l' équivalent du vieillissement de l' homme.


Durcissement des artéres, irritation, sclérose, appauvrissement de l' imagination, fatigue du systéme nerveux, perte des divers pouvoirs générateurs ( organiques et intellectuels ), refus de l' avenir, puis du présent, affaiblissement, désespoir, acceptation de sa mort ; ces étapes successives, qui constituent la plus grande partie d' une existence humaine, font de meme la plus grande partie de l' existence du Mythe initial. Et, de meme que l' homme tend - par la modération, la prudence, l' hygiéne - a prolonger le plus longtemps possible cette lente abdication, ainsi avons nous vu l' église, la Religion porteuse de Mythe, s' efforcer d' échapper a la régle commune par la rigueur du Dogme, la terreur de l' excés et sa condamnation.

Mais, imprudent ou Sage, l' homme ne dépasse guére son siécle d' existence ; de meme, aucune précaution n' assure au Mythe plus de 4 000 ans de vie ( 4 800, si l' on tient compte de son éveil et de son crépuscule ).

Il est vrai que les symboles renaissent, a la différence de l' homme. Cependant, ce dernier survit - dans sa progéniture. Ainsi, les renaissances mythiques ne sont elles pas, plutot, des survivances ? C' est, en effet, comme des " Mariages " que nous apparaissent les syncrétismes, dits " Hérétiques " du Mythe vivant et de Mythes antérieurs et mutans. Or, de ces hérésies naissent précisément les mutations futures du Dieu : de Kich, un renouveau du Lion, de Lagash la premiére mue gémique, de Sodome la seconde mue du Serpent, du Madian le Croissant islamique, enfants et dont les temps de vie non plus que les pouvoirs n' équivaudrons ceux de leurs ancétres.

Ce sont ces mues qu' ici j' entreprends d' étudier, dans la croyance qu' il y a " Dans les rites magiques et religieux, dans l' immense littérature ancienne consacrée aux moments singuliers, aux instants fantastiques de l' esprit, des milliers et des milliers de descriptions fragmentaires qu' il faudrait réunir, comparer, et qui évoquent peut étre une méthode perdue - ou une méthode a venir.

Il reste a m' expliquer d' avoir conservé les références les plus simples - aux signes Zodiacaux que chacun reconnait, bien que les aient ignorés certains des grands ancétres dont j' étudie les oeuvres et les systémes. Qu' on me passe cette liberté, en raison du souci qui me l' a fait prendre, accueillant le lecteur dans le pays inconnu des Mythes.

C.P.

Dernière édition: par ines.

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#1697

Les Panthéons.

Les Gémeaux.


Au - dela de l' ére du Taureau, notre principal support : l' Histoire, nous abandonne. L' historien piétine au seuil du quatriéme millénaire ( premiéres dynasties thinites en égypte, age de Kish en Suner ) et n' ose plus rien aventurer.

Nos concordances, sans doute, permettraient d' établir qu' une religion fondée sur le mythe des Gémeaux put s' instaurer 2 150 ans avant l' avénement du Taureau, soit vers 6 250, aprés une lente croissance secréte de huit siécles. Mais les trois exemples étudiés ( Taureau, Bélier, Poissons ) apparaitraient insuffisants a un certain nombre d' esprits pour en déduire une hypothése nécessairement théorique. Ici, notre méthode doit donc étre modifiée, de maniére a donner le pas aux mythes sur des datations imprécises.

Une liste astrologique arabe du huitiéme siécle porte en face du nom de la planéte Althiotl ( dans les Gémeaux ) la mention : " Homme qui se réjouit d' un concert d' instruments." C' est accorder d' emblée a l' homme du Signe la qualité de joueur et de baladin. Or, dans la collection " Le Zodiaque ", l' ouvrage consacré au Signe définit cet homme d' un mot : l' arlequin.

Arlequin, celui qui joue, qui voltige et distrait. L' image, tout a la fois, rappelle que les Gémeaux sont un signe d' air, dont la planéte privilégiée, Mercure, est le domaine d' un Dieu ailé, et souligne l' aspect ludique, changeant du symbole : Arlequin ne sait pas choisir.

En effet, Osiris pourra étre faucon, taureau, bélier, sans cesser d' étre ; Zeus, lui aussi, se fera taureau, cygne ou pluie d' Or.....Quant aux Gémeaux eux memes, on les verra des Dieux, comme les fréres maudits de la Genése babylonienne et les Acvins indiens, ou de simples hommes comme Romulus et Rémus. Ils pourront également étre l' un l' homme, l' autre Dieu, comme Castor et Pollux, les Dioscures. Pour l' historien des religions, ce protéime n' est qu' une difficulté supplémentaire, car il n' est pas aisé de suivre l' évolution d' un Signe a ce point fantasque, alors que les symboles nous en sont mal connus.

C.P.

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