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Kairos.

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#1471

Bonjour a Tous et merci pour tous vos messages passionnants!


A propos du Kairos il y a le remarquable article de Hans van Kasteel paru dans Images Cabalistiques et Alchimiques, éd. Beya n°1, « L’Occasion ou le don de la cabale », avec ces douze magnifiques images représentant l’Occasion que l’auteur, Théodore Gallée, nous présente :

« L’OCCASION que célèbrent les éloges de tant de poètes est sans cheveux derrière la tête, mais chevelue devant. Voilà comment la vénérable Antiquité a forgé son image, de manière plaisante mais non moins sage. La folie ou la malice de notre nature, en effet, est telle qu’ayant une merveilleuse opportunité d’accomplir notre devoir, nous la laissons volontiers passer. C’est pour cette raison qu’à juste titre le regret est habituellement associé à l’OCCASION, comme son compagnon. D’où cette exclamation, certes tardive :

- Oh ! si Jupiter me rendait les années que j’ai laissées passer ! »

Hans van Kasteel conclut la présentation de son article en disant :

« Nous proposons ici une traduction du texte latin qui accompagne les gravures de Gallée. Le lecteur attentif y découvrira autre chose qu’un enseignement moral. En effet, accueillir et saisir cette occasion, n’est-ce pas précisément recevoir le don de la CABALE ? »

Voici la première image :



LE TEMPS ET L’OCCASION EXPLIQUENT LEURS TÂCHES

A. Je suis le TEMPS sans qui rien n’a été créé. Sans moi, ni le ciel, ni les étoiles du ciel, ni le soleil d’or ne rayonneraient. Sans moi, ni la terre, ni la mer, ni tout le contenu du vaste assemblage du monde, n’existeraient. Mais en fait, de même que par moi toutes choses subsistent, de même inversement, par moi toutes choses révolues disparaîtront.

B. Quant à moi, je suis celle connue des siècles antiques sous le nom d’OCCASION. Tout avisé qui ne me dédaigne pas mais qui m’accueille et me retient amicalement, en saisissant les mandats (Mandate, étymologiquement, « choses données dans la main », in manum data.), celui-là est maître de son vœu et s’est préparé d’amples honneurs.

Sur ce lien il y a moyen de voir les images, pour le texte il faudra s’en référer au livre :

www.facebook.com/EditionsBeya/photos/a.2...5668/?type=3&theater

Dernière édition: par Herr Tripa.
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#1476

Kairos, une action objective et transcendante.



« On peut prendre comme exemple de ce "timing cosmique" d’opportunités évolutionnaires , poursuit Calleman, un phénomène assez fréquent, à savoir les découvertes indépendantes et simultanées » dans les sciences et les techniques, « comme celle du calcul par Leibniz et Newton ou du téléphone par Bell et Gray. Si nous ne voulons pas considérer de telles synchronicités comme de simples curiosités, nous devons conclure qu’il existe un facteur qui sert à synchroniser les événements dans l’Univers et qui a un réel pouvoir sur nos vies . » Un facteur objectif et transcendant, qui donne du sens en exerçant une influence aussi bien verticale que radicale sur notre existence – et par-dessus le marché, de manière purement intérieure, sans aucun phénomène extérieur à observer, mesurer ni reproduire pour essayer d’y comprendre quelque chose : il n’en faut pas tant pour faire voler en éclats le dogme matérialiste et empiriste dans lequel la science moderne continue à piétiner.
Raison de plus pour prêter attention à Kairos. Du moins pour Calleman est-il nécessaire d’intégrer cette dimension qualitative du temps si l’on veut améliorer notre compréhension du monde. Le Tzolkin des Mayas, comme il le montre bien, est un calendrier éminemment " kairologique ", si l’on peut dire, et « c’est parce qu’ils retraçaient l’évolution de cet " autre " aspect du temps que je crois qu’il faut inclure le système calendérique maya dans toute tentative de développer une nouvelle et plus juste théorie de l’évolution de l’univers ». Ne pouvant pas insister ici sur le calendrier maya – en dépit des impressionnantes implications qu’il recèle –, il s’agira plutôt d’envisager à quel point la prise en compte de Kairos peut effectivement permettre d’élaborer une meilleure « théorie de l’évolution de l’univers », ainsi qu’une meilleure théorie de la connaissance de manière générale – à commencer par la seule qui vaille vraiment, la connaissance de soi.


A.G.

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#1477

" Point d inflexion " évolutionnaire et " Saut quantique " de la conscience : Kairos peut il avoir valeur initiatique ?



« Le kairos est le temps de l’occasion opportune. Il qualifie un moment ; en mathématiques, on pourrait dire un point d’inflexion, comme en physique, un moment de rupture dans un sens ou dans un autre ». C’est là une idée cruciale, déjà évoquée par Calleman (le temps Kairos est discontinu tandis que Chronos est continu), et qui renvoie évidemment à la granularité de l’espace-temps : le milieu spatio-temporel n’est lisse et continu qu’en apparence, il est en fait granulaire et discontinu. La raison en est simple. Le temps Chronos, qui sert à mesurer des durées, consiste essentiellement (Guénon l’avait rappelé) en événements : et par « événement », on pourra entendre tout ce qui sert de borne – point de départ et point d’arrivée, début et fin – à une durée quelconque. Le temps, ainsi envisagé, n’est pas autre chose qu’une succession d’événements – de quelque nature, ampleur et intensité que ce soit – entre lesquels existent des durées que nous pouvons mesurer. Or un événement, quel qu’il soit, va autant, voire surtout, s’appréhender en termes qualitatifs (quelle est la qualité, le contenu, l’enseignement, le sens de cet événement) plutôt qu’en termes quantitatifs (de quelle durée cela est-il). La notion d’événement suffit, à elle seule, à faire comprendre l’importance de l’aspect Kairos du temps ; si les événements qui emplissent la vie et l’Univers n’étaient que de simples repères temporels, nous serions dans l’absurdité la plus épaisse (à quoi ça sert ?…). Or leur aspect qualitatif va bien évidemment primer sur leur aspect chronologique : c’est leur sens qui importe, c’est leur contenu symbolique, psychique (mental, moral, émotionnel, mémoriel) et aussi socioculturel, qui leur confère toute leur valeur – qu’il appartient à chacun de réaliser, de comprendre et d’assumer, selon sa volonté, ses moyens et sa disponibilité. (On pourra aussi noter au passage la quasi homophonie – qui n’a évidemment rien de fortuit – entre « événement » et « avènement », suggérant le caractère proprement " épiphanique " de tout événement considéré du point de vue " kairologique " : une épiphanie en effet, au sens étymologique, est la « manifestation d’une réalité cachée ». Là réside bien le principe de Kairos, qui est de dévoiler un sens ou une direction au travers d’événements dont l’apparence aléatoire ou absurde ne peut jamais être qu’illusoire.


A.G.

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#1478

Le " Quantum de temps " : l instant absolu ?




Raymond Abellio a pu tirer de substantiels développements de cette discontinuité temporelle fondamentale. Dans La Structure absolue, il introduit la notion de « quantum de temps », et lui attribue un rôle décisif dans notre façon d’expérimenter et de comprendre le temps. A cette échelle, qui est celle de Planck (les ultimes et plus infimes mesures atteintes par le calcul), l’aspect quantitatif du temps perd sa raison d’être : une durée de 10-34 seconde, ça ne veut effectivement rien dire et ça ne sert à rien. Mais à suivre Abellio – et comme disent les physiciens –, tout se passe comme si ce quantum de temps n’était pas autre chose que l’« instant éternel », cet « éternel présent » dont parlent les traditions et les doctrines initiatiques, ou pour le dire autrement, l’infinitésimale étincelle de temps qui, au nom du principe holographique et fractal qui régit l’Univers, contient la totalité des événements possibles et potentiels qui auraient pu, pourraient ou pourront advenir dans l’Univers (de même que ceux qui sont advenus, adviennent et adviendront), dans un état de simultanéité que la science moderne a commencé à approcher (Erwin Schrödinger et à sa suite, John Bell, Alain Aspect, Nicolas Gisin) mais dont elle peine encore à tirer les implications.


A.G.

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#1479

De la mélodie a l harmonie, de la quantité a la qualité, de l entropie a la néguentropie.


Abellio, dans La Structure absolue , en a donné l’illustration et de probants aperçus. Il évoque le temps au travers du rythme, dans sa relation dynamique avec la mélodie (équivalent entropique de la potentialité amorphe et désordonnée) et l’harmonie (équivalent néguentropique de l’actualité manifeste et ordonnée). Le rythme est ainsi conçu comme « agent opérateur de la transmutation » d’un temps plat, mécanique et aliénant (consistant à ordonner le substrat mélodique) en un temps plein, organique et épanouissant (abolissant la durée par le caractère intégratif de sa qualité harmonique). Comment opère cette fonction rythmique d’intermédiation dynamique entre la mélodie (entropique) et l’harmonie (néguentropique) ?
Par rapport à la mélodie, explique Abellio, « le rythme procède par fondation (du verbe fonder), il additionne » (en mode chronologique) ; et par rapport à l’harmonie, « il procède par fusion (du verbe fondre), il totalise » (en mode kairologique). Abellio ajoute que « la mélodie n’est rien sans le temps » et que « le temps n’est rien sans l’harmonie. Le temps fonde la mélodie, l’harmonie fond le temps, elle se passe du temps, elle l’arrête, mais c’est parce qu’elle le remplit. Le comble du temps est la fin du temps. » C’est là jolie manière de décrire le passage de Chronos à Kairos – et de fait, il y a bien des rapports entre « ce passage d’un temps vide à un temps rempli » et les modes chronologique et kairologique du temps.


A.G.

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#1480

De la mélodie a l harmonie, de la quantité a la qualité, de l entropie a la néguentropie.



« La mélodie est la victoire du temps sur l’espace anorganique, l’harmonie est la victoire de l’espace organique sur le temps, mais ce n’est évidemment plus le même temps, précise Abellio. Le premier est forme vide, sédimentation non cimentée d’intervalles tous égaux et interchangeables, et on l’appelle à bon droit temps spatial ou géométrique. Le second est plénitude de contenu, paroxysme résolu dans un seul instant insécable, et on l’appelle durée vécue, concentration et suspension de la durée, accomplissement de la vie ». Si bien qu’en fait, peut résumer Abellio, « le problème de la constitution du temps » n’est autre que « celui de l’élucidation de l’essence du rythme en tant qu’opérateur de la transmutation du temps spatial en temps vécu ». Ce qui appelle deux remarques : d’abord, cette transmutation correspond au « saut qualitatif » (évolutionnaire et intérieur) que peut constituer le passage de Chronos à Kairos, du « mode additif et quantitatif » au « mode intégratif ou qualitatif » (ce qui désigne aussi la transcendance de l’harmonie, kairologique, par rapport au rythme, chronologique). Ensuite, élucider « l’essence du rythme » implique aussi de noter son étymologie : le grec rhein, « flux ». Le temps est donc un tout indivis dont il s’agit, pour nous, de réaliser l’unité – l’harmonie. Et dans cet unique flux nous évoluons, d’événements en avènements, selon des rythmes indéfiniment variés, jusqu’à cette harmonie totale et parfaite dont tout être est appelé tôt ou tard à prendre conscience pour s’y unir.


A.G.

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#1481

La transmigration du monde dans l' homme.


Ce saut de Chronos à Kairos, de la quantité linéaire à la qualité sphérique et de la durée à l’intensité, « transforme donc un mouvement continu en mouvement discontinu, une potentialité en actualité, une ampleur en intensité ». Mais ce n’est pas tout : Abellio va jusqu’à attribuer une qualité initiatique à ce point de rupture, cette infime parcelle de temps à l’interaction de deux réalités – ou plutôt de deux modalités de conscience et d’être. Il prend l’exemple d’une chute le long d’une pente enneigée : tant que l’accélération du corps dans sa chute est croissante ou constante, la conscience est comme « saisie par le temps », happée, enserrée dans un défilement chronologique étourdissant et uniformisant : « la vitesse est devenue telle que (…) je suis projeté dans l’uniformité »… Mais puisque « la vie ne supporte pas l’uniformité », survient alors ce point nodal, crucial et décisif – « baptismal », écrit Abellio – qui est l’instance d’une prise de conscience d’intensité sans précédent, par laquelle « le temps est saisi par la conscience ». « Et ma conscience qui émerge dans ce changement se forme en effet instantanément son idée de la situation ou, comme on dit, en un " clin d’œil ", le temps d’ouvrir les paupières, et elle entreprend immédiatement de ralentir et d’arrêter ma course ». Ce « point d’inflexion » peut à la fois s’apparenter à un saut quantique (libération d’énergie et d’information correspondant au changement d’orbitale de l’électron) et à un saut évolutionnaire (amélioration de la qualité d’être de l’individu en termes d’intelligence, d’autonomie et de complexité). En ce point s’actualise l’ensemble des potentialités accumulées dans le passé : et cette actualisation – qui équivaut, à un autre point de vue, au passage, chez David Bohm, de l’ « ordre implicite » à l’ « ordre explicite » – constitue « le seuil de l’initiation proprement dite », l’entrée aurorale dans une nouvelle modalité de conscience et d’être, d’une qualité à tout point de vue supérieure. Quant au point directement et immédiatement consécutif, celui où survient « son idée de la situation » et sa décision d’interrompre la dégringolade le long de la pente, « il marque la pleine constitution de la conscience nouvelle, qui est transcendantale » – tout en marquant à la fois « la " perte " de la conscience ancienne ». L’individu est alors changé, et même si rien n’a changé dans le monde, pour lui le monde ne sera plus jamais comme avant.


A.G.

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#1482

La transfiguration du monde dans l homme.



Ainsi qu’Abellio l’a encore noté dans La Fin de l’ésotérisme, « le problème clé de l’ésotérisme en même temps que sa fin est la transfiguration du monde dans l’homme ». « Alors naît au-delà du Moi banal prétendument distinct et autonome le sentiment puissant de la globalité et de l’unité, qui est participation de ce Moi lui-même à l’interdépendance universelle », de manière cette fois aussi consciente qu’il est possible. (A noter que la conscience de cette interdépendance universelle, selon différents auteurs, est ce qui caractérise et spécifie la spiritualité en propre.) « La participation consciente et permanente à l’interdépendance universelle, conclut Abellio, est l’achèvement en l’homme du mystère de l’incarnation. C’est par cette dernière expérience, qui est initiatique, que l’homme est introduit à un tout nouveau mode d’existence . » Elever notre niveau qualitatif d’existence, de manière aussi individuelle et particulière que générale : tel est aussi l’un des enjeux principaux de notre époque, si tant est que – comme Guénon, Abellio et Calleman ont tous, d’ailleurs, pu l’appréhender à leur point de vue – nous sommes bel et bien dans une période de transition et de transmutation (que l’on nomme, en Occident, l’Apocalypse) qui engage l’ensemble de l’humanité.


A.G.

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#1483

La transfiguration du monde dans l' homme.


Il y aurait aussi beaucoup à dire sur le rapport entre d’une part, l’incroyable mauvaise foi des scientifiques modernes, niant et ignorant tout ce qui échappe à la mesure et à la reproductibilité – c’est-à-dire l’essentiel – et d’autre part, l’oubli et l’ignorance du temps Kairos à l’époque moderne : car ces deux phénomènes alimentent une même tendance (que l’on pourra légitimement considérer, à la suite de Guénon ), qui est la soumission et l’aliénation de l’individu aux phénomènes extérieurs, et son oubli des phénomènes intérieurs, alors que – tout le monde peut en faire l’expérience et le vérifier – les premiers proviennent et dérivent rigoureusement des seconds.


A.G.

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#1485

Le temps d un détour.


Le temps m'a manqué pour en bien parler car le temps s'enfuit comme l'onde qui s'écoule et ne revient plus...
La clepsydre est cet appareil servant à mesurer le temps chez les grecs. L'étymologie la décrit comme " mangeuse d'eau " (en effet, le niveau d'eau versé dans l'appareil donne l'indication chronologique) est le temps qui l'a fait "passer" ! Le temps chronos, c'est le temps programmé, linéaire, répétitif qui fait le jour, la nuit et les saisons. Il s'agit du temps prévisible fixant nos rendez-vous de la semaine comme ceux du dimanche et notamment les horaires des cultes et des fêtes... chronos est le temps auquel on pense et que l'on investi d'avance avec notre calendrier.
Charles Baudelaire (Les Fleurs du Mal - l'Horloge) dit: Souviens-toi que le temps est un joueur avide qui gagne sans tricher à tout coup. C'est la loi, le jour décroît, la nuit augmente: la clepsydre se vide.

Quant à Paul Géraldy, il affirme que l'histoire d'un amour, c'est le drame de la lutte contre le temps. Le temps pendant lequel nous pensons est toujours très court, le temps pendant lequel nous désirons est toujours interminable.
Le temps serait donc cette image mobile de l'immobile éternité comme le suggère Jean-Jacques Rousseau?
Certains moments sont déclarés parfois comme des moments d'éternité, des moments qui bousculent, bouleversent, remettent en question, convertissent à d'autres itinéraires. Les grecs appellent cela kaïros.

Le temps kaïros bouleverse le temps chronos qui est l'imprévu
Par exemple, la première nuit de Noël retentit comme un kaïros car elle réveille les bergers et fascine les mages. Aujourd'hui, nous célébrons la fête selon sa programmation chronologique, mais, qu'à cette occasion surgisse un événement imprévu, fort, une joie ou une détresse et alors kaïros intervient dans chronos ! C'est l'inédit, l'irréversible. Tout semblait bien organisé et, brusquement, tout bascule. L'élément décisif qui nous manquait, ce désir indéfini qui paraissait interminable, est résolu par kaïros qui résout l'insoluble. Alors, nous vivons le temps vécu vraiment, le temps agit dans des occasions qui ne peuvent être répétées. Moment unique.
À l'origine, kaïros est le terme qui sert à désigner, lors de la chasse, la distance précise à laquelle il fallait se trouver pour tirer sur une bête (cible). Kaïros est le temps qui atteint son but.

Le péché est souvent décrit comme le fait de " manquer la cible ", c'est comme si nous avait manqué, contre toute attente, une vision pour nous inspirer, une phrase lue au moment opportun, une personne rencontrée... Temps imprévu, kaïros éclaire alors notre pasé et conditionne notre futur. Cet imprévu surgissant invite à improviser soi-même, son discours, sa vie, la communication avec soi-même et avec autrui.
Pour parler du temps, il importe de considérer ses deux composantes " kairos et chronos ". La poésie et la littérature, comme toute écriture, instruisent à ce bonheur d'agir, de devenir acteur du temps par l'accueil de l'imprévu.


W.R.

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#1486

Le juste instant et l'éternité

Le temps opportun

Pour souligner l'importance de cette notion de temps opportun, les théologiens ont souvent la coquetterie d'employer le mot grec kaïros.
Le temps est sans cesse nouveau, et les moments ne sont pas égaux. Une chose bonne à un moment donné peut être impossible à réaliser une autre fois, elle peut aussi être mauvaise à un autre moment. Tout est une question de circonstance, d'adéquation entre l'instant et l'action. C'est ce que développe l'Écclésiaste avec sagesse: Il y a un temps pour tout, un temps pour toute chose sous les cieux... (Eccl. 3). Dans notre vie également, le temps ne tourne pas en rond comme les saisons dans la nature. Chaque année, chaque journée est particulière. Et quand nous prenons une décision, grande ou minuscule, nous changeons le cours de l'histoire. Il nous appartient de suivre le Christ, c'est-à-dire de comprendre le temps présent et de savoir ce qu'il est opportun de faire à cet instant, en ce kaïros particulier, pour que notre action soit bonne et pour que notre parole soit une parole décisive. Cela demande de l'attention pour ceux qui nous entourent et pour notre monde. Cela demande aussi une conscience éclairée pour voir les réalités de plus haut, comprendre leur histoire et espérer un futur. L'aide de Dieu est absolument irremplaçable pour donner ainsi une dimension prophétique à notre liberté.


W.R.

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#1490

Nous ne sommes plus dans un temps ordinaire mais dans la fin des temps

Le Kaïros par excellence, le juste moment entre tous, c'est celui où Dieu a donné son Fils comme sauveur du monde. À cet instant précis, Dieu ouvre une ère
nouvelle, celle de la grâce et de la fidélité. Depuis ce moment-là nous ne sommes plus dans un temps ordinaire mais dans la fin des temps. C'est pourquoi les auteurs du Nouveau Testament parlent souvent au présent de la venue du Royaume de Dieu. Il est à la fois déjà là et encore en train d'advenir et nous l'habitons déjà. Tout ce qui est dit dans la Bible sur "la fin des temps" est donc à comprendre comme concernant l'instant présent, tout instant présent de notre existence. C'est maintenant le temps de vivre le jugement de Dieu qui nous purifie et son don de vie qui nous ressuscite.
Vous connaissez sans doute l'histoire de ce barbier astucieux qui avait mis à demeure dans sa vitrine cette annonce publicitaire : demain on rase gratis, toujours demain, et donc jamais.
La vie éternelle est pour tout de suite

Les promesses contenues dans l'Évangile ne sont pas de cet ordre. La vie éternelle n'est pas seulement une question de vie future, dans l'au-delà, après la mort de notre corps. La vie éternelle est pour tout de suite, c'est notre temps ordinaire qui reçoit une dimension d'éternité par la bénédiction de Dieu. Par exemple dans ce passage où jésus dit "celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m'a envoyé, celui-là a la vie éternelle (au présent, c'est-à-dire dès maintenant), il ne va pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie (déjà passé de la mort à la vie, déjà ressuscité)." De même, Paul dit l'amour ne meurt jamais, et jean dit que celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui (éternellement, donc). Jean 5:24 1 Corinthiens. 13, 1 Jean 4:16
Cette idée d'éternité dans notre temps n'est pas une idée théologique abstraite pour se rassurer à bon compte face à la brièveté de notre temps sur terre. Le temps est une notion très relative pour nous. Il y a des gens qui n'ont jamais le temps de rien faire et des gens occupés qui trouvent toujours du temps. Il y a des minutes qui durent des siècles et des dizaines d'années qui s'envolent en un souffle. Il y a aussi le temps qui passe et il y a l'éternité qui est une dimension bien réelle de notre temps.
Il y a donc une urgence, l'urgence de vivre le temps avec cette dimension-là, celle de l'éternité. Le jour du repos proposé par le Décalogue est un exercice qui nous est donné pour faire place à cette éternité. On peut avoir l'impression de perdre son temps en cessant, un jour par semaine, de produire sans pour autant chercher à "se distraire". Mais c'est tout l'inverse. Cela nous permet de sanctifier le temps, nous dit la Bible, c'est-à-dire de prendre la mesure de la qualité du temps qui nous est donné quand il est transformé par la bénédiction de Dieu, éternisé par Dieu.
Cela peut vraiment changer notre regard sur le temps, et donc sur notre vie. Je connais des personnes qui ont frôlé la mort et qui ont maintenant un autre rapport avec la vie, avec le temps et avec les autres. Il n'est heureusement pas indispensable d'avoir été gravement malade pour vivre le temps en sachant y recevoir l'éternité dès maintenant, l'éternité de la bonté toute simple, de l'espérance et de la foi.


W.R.

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#1492

Le Temps en philosophie

France Farago aborde ici l'énigme du temps en philosophe, mais la théologie n'est pas bien loin.
Dans ses Confessions, perplexe, saint Augustin pose la question de l'être du temps " Qu'est-ce donc que le temps ? Quand personne ne me le demande, je le sais ; dès qu'il s'agit de l'expliquer, je ne le sais plus . " (XI, 14,17) Augustin entreprend donc de sonder ce qu'est le temps dans sa nature, quelle est l'essence du temps ? Quel est l'être de son être ?

Etre ou non - être du temps ? Unité ou pluralité ?

Il semble tout d'abord que cette question de l'être du temps ne constitue pas un si grand mystère. Le temps, nous savons tous ce que ce mot désigne, nous en avons une connaissance quasi immédiate, nous savons en tout cas qu'il "passe' qu'il est donc lié au changement. Mais, quand nous voulons comprendre l'être du temps, c'est-à-dire le saisir, notre main se referme sur un vide. Ainsi, s'apercevoir que notre savoir du temps ne sait rien, c'est savoir que le temps est insaisissable, qu'il est non - être puisque le passé n'est plus, que l'avenir n'est pas encore et que le présent ne serait plus temps s'il demeurait présent, il serait alors l'éternité. L'être du temps est donc, paradoxalement, de tendre au non - être.
Augustin explore le paradoxe fondamental de l'être et du non - être du temps, de son unité dans une apparente pluralité : le présent, le passé, le futur. Il montre que le passé et le futur ne sont que la représentation présente de choses qui ne sont plus ou qui n'existent pas encore. Il y a donc " présence du passé, présence du présent et présence de l'avenir " (XI, 20)


F.F.

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#1493

L'éternel demeure identique.

Le temps est lié au changement. Il n'y a temps que quand quelque chose se passe, c'est-à-dire forcément quand quelque chose passe. L'être du temps, c'est ce mouvement de passage. Ce qui ne change pas, l'éternel, demeure identique, c'est-à-dire un ; avec la succession, le temps introduit la métamorphose, donc le multiple, le nombre. Le calendrier est là pour témoigner de la succession des jours, des semaines, des mois, des années... Mais la conscience intime du temps conduit Augustin à l'associer à l'âme, Augustin soulignant que seul l'esprit est capable de mesurer, et que c'est donc dans l'esprit que le temps est mesuré.
L'homme peut faire l'expérience de l'éternité

Par sa conversion, Augustin s'est détourné de la pluralité du temps pour revenir à son vrai moi fait pour l'éternité. Mais l'éternité ne peut pas être réduite à la représentation que l'homme assujetti au temps peut s'en faire car il n'y a pour Dieu ni passé ni futur, mais simultanéité absolue puisqu'il est l'Etre même.
Toutefois l'homme peut faire l'expérience de l'éternité dans le temps. Telle est l'expérience qu'Augustin raconte dans le livre VII (10) des Confessions lorsqu'il eut, en 386, le sentiment d'être rappelé à lui-même " j'entrai avec votre aide, ô Seigneur, dans le secret de mon cœur, et je vis, comme avec l'œil de mon âme, la lumière immuable ; et cette lumière n'était pas la lumière que voit le corps, elle n'était pas seulement plus grande, elle était d'une autre sorte, comme ce dont je tiens mon être. Celui qui connaît la vérité connaît cette lumière ; et celui qui la connaît, connaît l'éternité. Et c'est la charité qui la fait connaître.


F.F.

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#1494

L'existence temporelle vécue dans l'alliance avec l'éternel, la vie éternelle.

Exister, pour l'homme, c'est avoir à devenir. L'existence est temporalité. L'être, qu'il ne faut pas confondre avec la vie purement biologique, ne vient à l'homme que peu à peu. D'abord indéterminé, l'homme se détermine en faisant effort pour être, pour s'édifier, pour s'accomplir.
Seules les choses et les animaux sont déterminés, ils n'ont donc pas à devenir ce qu'il sont. L'homme, lui, reçoit sa vie comme une tâche à accomplir. Le temps apparaît ainsi comme la modalité même de l'existence. Loin de ne voir en lui que l'instrument de notre usure et de notre mort qu'il annonce, on doit voir en lui ce par quoi l'être peut nous advenir.
Il s'agit pour chacun de remonter vers son origine, de coïncider avec elle, d'accueillir l'éternité dans le temps.
Il faut apprendre à vivre chaque instant

Spontanément, les hommes ne prennent pas le temps au sérieux, ils ne voient pas la valeur absolue que, paradoxalement, lui confère son évanescence. Kierkegaard aboutit à la même attitude qu'Augustin : il nous enseigne qu'il faut apprendre à vivre chaque instant qui ne reviendra plus comme l'avènement même de l'éternité. C'est ainsi qu'il pense l'existence à la lumière de l'éternité que l'homme porte en lui, car l'existence est " cet enfant qui est engendré par le fini et l'infini, l'éternel et le temporel ". La passion de l'infini est " une anticipation de l'éternel qui se trouve dans l'existence " et, lorsque l'homme s'est rapporté une fois en vérité à l'Eternel, il est reconduit jour après jour à revivre cette étreinte. Le temps se vit alors sur le mode de l' " instant " qui est l'expérience de l'éternité dans le temps, laquelle confère ce qu'il appelle la " béatitude éternelle ", qui n'a rien à voir avec l'au-delà ni avec ce que les hommes ont coutume d'appeler le bonheur. La vie, guérie de son tourment, est alors reçue une seconde fois. Fondée sur le rapport à la transcendance qui la régénère, la vie dans l'immanence ne peut plus s'étioler, se scléroser. L'éternité est une modalité de l'expérience temporelle, elle n'est pas perpétuité mais plénitude de la présence, elle est l'être vécu dans le devenir par l'homme qui l'a cherché passionnément.


F.F.

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