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La Morale Ancienne Et La Morale Moderne.

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#1015

Le temps n' est plus ou l' histoire de la philosophie était considérée comme devant fournir des arguments a l' appui des opinions contemporaines. Elle est désormais une science distincte, ayant son objet propre qui est l' étude directe et objective des systémes, mettant en lumiére les différences qui les séparent des doctrines modernes aussi bien que les ressemblances. Toutefois, meme ainsi envisagée, l' histoire des doctrines philosophiques peut rendre a la philosophie d' autres services que ceux qui, jadis, lui étaient demandés. D' abord, en définissant avec précision les caractéres distinctifs de chaque doctrine, elle permet au philosophe moderne, grace aux fréquentes oppositions qu' il découvre, de prendre une conscience plus nette de ses propres théories. D' autre part, il peut arriver, qu' en pénétrant ainsi, plus a fond, dans la pensée des anciens philosophes, on soit conduit, sur bien des points, a modifier ses propres idées. Avant d' aborder l' objet de la présente étude, nous voudrions présenter quelques exemples du genre d' influence que pourrait exercer, sur la pensée moderne, l' étude des philosophes anciens.



Victor Brochard.

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#1020

Très intriguant ! Quels sont ces exemples ?

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#1022

Oui c'est vrai que cet aperçu met l'eau à la bouche... je serais curieux de savoir quels arguments il utilise pour démontrer cette influence...

Merci Ines

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#1025

Bonjour


Que d' enthousiame !
Cela m' encourage, aussi, a aller de l' avant et enfin vous proposez l' argumentation de Victor Brochard.

Merci d' avoir réagi a ce topic.
Bien a vous.
Ines.

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#1026

Commencons par l' idée de Dieu. Il semble que le mot Dieu, ou ses équivalents, ait du étre pris par tous les philosophes a peu prés dans le meme sens. S' il est une idée qui passe, en ce qu' elle a d' essentiel, pour étre commune a tous les esprits, c' est bien l' idée de l' étre supréme. Cependant, dés que l' on compare l' idée que se sont faite de la divinité les philosophes de la Gréce a celle des modernes, il est aisé d' apercevoir entre l' une et l' autre des différences si profondes qu' une véritable opposition en résulte. En effet, deux caractéres, pour n' en point citer d' autres, font absolument défaut dans la théologie Grecque : et ce sont précisément ces caractéres qui, chez les modernes, sont jugés inséparables de l' essence divine : l' infinité, la toute - puissance.



Victor Brochard.

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#1027

Jamais, dans la philosophie Grecque - la chose est hors de doute - et pas plus chez les stoiciens que chez Platon, l' infini n' a été considéré autrement que comme une imperfection, un non - étre. La religion Grecque placait au - dessus de Zeus un fatum qui réglait toutes ses actions et limitait sa puissance. Les philosophes Grecs, de meme, ont toujours subordonné la divinité a un principe intelligible ( Platon ) ou l' on identifié, soit a l' intelligible ( Aristote ), soit a la loi de l' Univers ( stoiciens ). Il faut arriver jusqu' a Plotin, c' est a dire a l' époque ou se fait sentir l' influence Orientale, pour que l' infini devienne un attribut positif et que l' étre supréme soit concu, non plus comme une intelligence rigoureusement déterminée, mais comme une activité dont rien ne limite ni ne conditionne la puissance. Tandis que, pour la pensée Grecque, la divinité se rapproche de la pure intelligence, la pensée moderne la concoit surtout comme une volonté pure. On le voit bien chez Descartes et Spinoza. Dés lors, il est impossible de soutenir que le développement de l' idée moderne de Dieu se soit fait par évolution : c' est plutot, ici, " Révolution " qu' il faut dire. Entre les deux conceptions, il n' y a point, tant s' en faut, identité fonciére, mais opposition véritable. Il est permis de penser - et c' est d' ailleurs l' opinion généralement admise - que cette révolution marque un grand progrés. Sans doute, il ne viendrait a l' esprit de personne d' essayer un retour a la conception des Grecs.



Victor Brochard.

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#1042

Bonjour Arca.

Je ne vous ai pas oublié, du tout, mais, par contre, retrouver ces post est chose périlleuse, encore, pour moi !

Merci de vos encouragements Arca.
A bientot.
Belle journée.
Ines.

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#1070

Magnifique, Inès !
Cela montre dès le début, que même la notion de "Morale" doit être entendue au sens des Anciens et non des modernes.
Il est évident que l'expérimentation de "Dieu" fait changer toute la vie d'un homme, et donc son comportement. Alors qu'au sens moderne, il s'agit simplement de définir comme bon ou non telle ou telle action extérieure. Au simple examen, on voit bien que dans ce sens-là, les morales diffèrent d'un peuple à l'autre et sont donc relatives.
Par contre, expérimenter Dieu en soi transforme fondamentalement le philosophe, qui, par le fait même, se distingue des hommes ordinaires. Dans certains cas, leur "conduite" (si l'on peut dire) les fait assassiner (Socrate, Pythagore, Jésus, Al Hallaj etc.).
Je suis un peu tout ce que vous publiez sur Arca, et je vous félicite d'honorer ainsi ce site.
C'est un plaisir de vous lire.

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#1074

Autre exemple. Il peut, a premiére vue, paraitre que le mot de matiére et ses équivalents soient pris a peu prés dans le meme sens par tous les philosophes. Si l' on y regarde de prés, il n' en est véritablement rien. La matiére n' est pas aux yeux des anciens comme a ceux des modernes identique aux corps, puisqu' il est chez les philosophes anciens une matiére intelligible, et qu' ils définissent toujours le corps un composé de matiére et de forme. De plus, les modernes ne concoivent pour ainsi dire jamais la matiére sans l' étendue. Si la célébre définition cartésienne, qui réduit a l' étendue l' essence de la matiére, ne compte guére aujourd' hui de partisans, il n' est cependant aujourd' hui presque personne qui, parlant de la matiére, ne songe a l' étendue. Ce n' est pas tout. Le propre de la conception moderne de la matiére est de l' envisager comme un étre, une chose, une " Substance "; chez les anciens, elle était une limite, une réalité fuyante, indéterminée, une négation, un non - étre. Ici encore, on le voit, les deux idées sont aussi opposées que possible.

Victor Brochard.

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#1075

Bonsoir Pantout.

Je suis également honorée, Pantout, de partager en votre charmante compagnie a tous et toutes, des connaissances que je me félicitent d' apprendre qu' elles puissent séduire.

Oui cher Pantout, nous sommes des étres divins, d' un passé, ma foi, assez lointain, mais o combien présent lorsque l' on sait le faire renaitre et survivre.
Je partage avec vous Pantout les impressions qui vous laissent croire en ce sentiment puissant que par le passé, avec les anciens, l' existence était fort plus belle, plus mélodieuse.
Merci a vous de témoigner ainsi vos perceptions.
A trés bientot cher ami.
Bonne soirée a vous Pantout !
Ines.

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#1404

Cependant depuis Descartes les idées des modernes sur cette question se sont peu a peu modifiées. On s' est apercu que cette prétendue chose ou substance échappait aux prises de l' entendement aussi bien qu' aux contatations de l' expérience. Avec un Leibnitz et un Kant, davantage encore avec les idéalistes du siécle actuel, on s' est rapproché, d' une conception, qui pour n' étre pas identique a celle des anciens, s' en rapproche cependant d' une facon incontestable. Le développement de la pensée humaine se manifeste ici beaucoup moins par la suppression d' une idée ancienne que par une sorte de retour vers cette idée.


Si, maintenant, de ces considérations et de ces exemples d' ordre métaphysiques, on passe a la morale, on retrouve encore, mais cette fois singuliérement plus marquée, la meme opposition. Cette opposition porte sur les problémes les plus essentiels de la science morale.


En effet, s' il est une idée qui semble fondamentale puisqu' elle entre souvent dans la définition meme de la morale, c' est l' idée d 'obligation, de devoir. Nombre de moralistes acceptent sans hésiter de définir la morale la science du devoir, et notre esprit moderne ne concoit meme point une morale qui ne tracerait pas a chacun sa ligne de conduite, ne lui formulerait pas certains préceptes auxquels il est tenu d' obéir. Cependant, si l' on veut bien y prendre garde, cette idée est totalement absente de la morale ancienne. Elle est si étrangére a l' esprit Grec, que pas plus en Grec qu' en Latin, il n' est de mot pour l' exprimer. Jamais les anciens n' ont concu l' idéal moral sous la forme d' une loi ou d' un commandement. Ni en Grec ni en Latin ne se trouve une expression que l' on puisse traduire par " Loi morale ", et si, parfois, se rencontre dans les écrits des philosophes anciens l' expression de " Loi non écrite ", Nomos Agraphos, ou de " Loi inée ", il suffit de lire attentivement les textes pour s' apercevoir que le terme Nomos est pris au sens ordinaire de " Coutume " et d' " usage."


Victor Brochard.

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#1515

ines écrit: Si l'on veut bien y prendre garde, cette idée est totalement absente de la morale ancienne. Elle est si étrangère a l'esprit grec, que pas plus en grec qu'en latin, il n'est de mot pour l'exprimer. Jamais les anciens n'ont conçu l'idéal moral sous la forme d'une loi ou d'un commandement. Ni en grec ni en latin ne se trouve une expression que l'on puisse traduire par “Loi morale”...

Curieux en effet, cela ne m'avait jamais frappé. J'y ferai attention dans mes futures lectures.

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